Australie : Le “significant investor visa” ou “visa doré” est dans le viseur

Par Capucine Canonne | Publié le 04/10/2022 à 10:08 | Mis à jour le 05/10/2022 à 04:59
Le visa australien posé sur une table avec une carte de crédit dessus

 

Pass d’entrée destiné aux plus fortunés, le « visa doré » ou Significant investor visa permet de s’installer en Australie plus facilement contre un investissement de taille. Mis en place depuis 2012, il aurait permis d’injecter des milliards de dollars dans l’économie du pays. Mais le gouvernement travailliste veut le supprimer. Explications. 

 

Le « Significant investor visa » ou « visa d’investissement et d’innovation » est accessible à toute personne souhaitant s’installer en Australie, disposant plus d’un million de dollars australiens d’actifs. Pour les plus fortunés, ce pass peut même permettre, au bout de quatre ans, d’obtenir la résidence permanente et la nationalité australienne. Une politique migratoire très alléchante d’un côté comme de l’autre, mais qui fait de plus en plus polémique. 

 

Le Significant investor visa a injecté près de 16 milliards de dollars dans l’économie australienne

Plusieurs volets du « investor visa » existent : Il y a le niveau « innovation commerciale » qui offre le document d’entrée aux demandeurs ayant créé une entreprise ou disposant d’1,25 million de dollars d’actifs commerciaux ou personnels. Il y a aussi le niveau « investisseurs », demandant aux candidats de dépenser environ 2 millions de dollars en investissements admissibles. Enfin, le volet « investisseur important » requiert un investissement de 5 millions de dollars, dont au moins 1 million de dollars en capital-risque ou en capital-investissement.

En 2021, le ministère des Affaires intérieures déclarait que, depuis 2012 – date de création du programme -, 15,9 milliards de dollars ont été investis dans l’économie de l’Australie. Un succès qui s’est accentué récemment : L’an dernier, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur australien, près de 15.000 « visas dorés » ont été attribués depuis le début de la pandémie de Covid-19. 

 

un passeport avec des billets dollars à l'intérieur

 

 

Origine de l’investissement, coût pour le contribuable… les limites du « visa doré » australien

En 2016 déjà, la commission de la productivité avait soulevé les préoccupations quant à l’origine des investissements, pouvant être « sales ». Le ministère de l’intérieur avait alors déclaré que « des mesures d’intégrité étaient mises en place pour s'assurer que le programme n'était pas ciblé par des fugitifs économiques ou utilisé pour le blanchiment d'argent. ».  Une réforme avait été réalisée dans ce sens. 

Depuis plusieurs mois, des voix s’élèvent concernant les critères d’obtention du visa, autre que l’investissement. Aujourd’hui, il n’est pas nécessaire de maîtriser l’anglais, et il n’y a pas de critère d’âge ni de qualification pour demander un « visa doré » ; Contrairement à d’autres catégories de visas… : « Je pense que la plupart des Australiens seraient assez offensés par l'idée que nous ayons une catégorie de visa dans laquelle vous pouvez effectivement acheter votre entrée dans le pays », a récemment déclaré Clare O'Neil, ministre des Affaires étrangères. 

 

Claire o'Niel ministre en Australie
Clare O'Neil, ministre des Affaires étrangères en Australie, issue du parti travailliste 

 

Autre constat, le visa d’investissement ne profiterait pas tant que ça à l’Australie. Selon Abul Rizvi, chroniqueur et ancien secrétaire adjoint au ministère de l’immigration, les riches immigrés « obtiennent la résidence permanente, ce qui signifie qu’ils bénéficient de tous les services publics – comme l’assurance santé ou l’éducation – pour eux et leur famille, et ils continuent souvent leur activité ailleurs. » ; autrement dit, les détenteurs de « visas dorés » coûteraient plus cher qu’ils ne rapportent à l’Australie. Une raison pour le gouvernement travailliste de supprimer purement et simplement ce passe droit.

 

 

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Capucine Canonne

Après 10 ans d’expérience en marketing média, Capucine se reconvertit en journalisme. Ancienne expatriée et fondatrice de l’édition lepetitjournal.com de Chennai en 2019, elle intègre la rédaction internationale à Paris.
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