

Les élèves du Lycée Français de Manille, engagés avec leurs professeurs dans des réflexions et des actions d’éducation au développement durable, continuent de démontrer que "la route vers Paris commence à Manille". En échos aux actuels débats parisiens, ils ont mené leur propre conférence, le vendredi 27 novembre dernier.
L’urgence climatique menace la paix et la stabilité du monde. Sans changement majeur de modèles énergétique et économique, la hausse des températures pourrait dépasser les 4°C à la fin du 21ème siècle, le niveau de la mer augmenter de 1 mètre, les sécheresses se multiplier provoquant de fait la baisse des rendements agricoles et la migration forcée de millions de personnes. Les gouvernements n’ont plus le droit de se détourner du problème et c’est le sens de la COP21 (21ème Conférence des Parties) qui se tient à Paris du 30 novembre au 11 décembre 2015.
A des milliers de kilomètres de là et à une échelle beaucoup plus modeste, les élèves du Lycée Français de Manille se sont engagés sur ces problématiques en tant que citoyens du monde. Faisant suite à l’Appel de Manille lancé par François Hollande en février 2015 et dans le cadre de leur projet de classe / C.L.A.S. ("Conquérir Les Années Suivantes"), ils ont organisé leur propre COP21 le vendredi 27 novembre dernier.

En présence de classes du primaire et du collège, d’experts de l’Ambassade de France et de représentants de la communauté éducative, les 18 élèves de 2nde du Lycée Français de Manille ont ainsi endossé, le temps d’une matinée, le costume des leaders de ce monde, pour présenter les enjeux et débattre des problématiques inhérentes au réchauffement climatique.

Tour à tour, les groupes de pays se sont exprimés sur leurs contributions nationales (engagements pour la COP21) et ont exposé leurs difficultés à mettre en place ou même à financer des solutions alternatives : ainsi, les pays développés, avec à leur tête les Etats-Unis et l’Allemagne, les pays émergents représentés par le Brésil et la Chine, et les pays en développement et moins avancés, Philippines et Burundi en chefs de file, ont détaillé leurs efforts, décrit leurs attentes, et se sont même lancés dans des joutes verbales nourries.
Les Nations-Unies ont clos ce cycle de conférences en rappelant leur action pour le développement durable, les réussites précédentes et l’urgence de la situation pour trouver un accord.

Est enfin venu le temps des débats avec le public présent : questions diverses, contenu scientifique plus pointu et contradictions des discours ont été abordés sans retenue, les élèves de 2nde continuant à jouer brillamment leur rôle.
Prochaine étape : l’organisation de la semaine européenne du développement durable en juin 2015 avec, qui sait, peut-être un agenda des solutions en poche !
Matthias BIHEL (lepetitjournal.com/manille) mercredi 9 décembre 2015



