Dans le cadre de la campagne des élections consulaires, nous donnons la parole aux têtes de liste pour la circonscription des Philippines. Julien Melis se présente pour la liste Union citoyenne des Français aux Philippines pour la démocratie, la solidarité et l’écologie. Interview.


Pouvez-vous vous présenter en quelques phrases ?
Alors, je m'appelle Julien Melis. J'ai 43 ans, je suis marié et l'heureux papa de deux enfants franco-philippins de 5 et 6 ans. Je suis né à Paris, mais ça fait maintenant presque 13 ans que je suis installé aux Philippines, dans la région de Manille. Côté boulot, j'ai travaillé près de 10 ans dans la microfinance pour une fondation locale, (“Proximity Funding”). On aide à financer notamment, les fameux “Jeepneys” Iconiques des Philippines. Et depuis un an, je me suis lancé dans un nouveau projet pour financer les "Bangka", les bateaux de pêche traditionnels, partout dans l'archipel dans le cadre de (“Anchor Of Hope Program”). C'est un projet super concret, vraiment sur le terrain. Ça me fait pas mal bouger pour aller voir les différentes communautés du pays. C'est basé sur l'entraide et la solidarité, et honnêtement, ça me correspond bien. J'ai eu la chance de pouvoir choisir et créer ce projet, et c'est un vrai luxe. C'est d'ailleurs cette même envie d'aider qui m'a poussé à présider la section locale de l'association Français du monde - ADFE.

Au fond, mon identité est vraiment à cheval sur les deux cultures. Je m'engage des deux côtés: mon travail est orienté vers les communautés philippines, et mon engagement associatif se tourne vers nos compatriotes français. Mon rôle, c'est de faire ce pont, d'être ce lien quotidien entre nos deux pays. Et c'est cette approche d'intégration que je veux représenter pour l'ensemble des Français résidents aux Philippines.
Mon travail est orienté vers les communautés philippines, et mon engagement associatif se tourne vers nos compatriotes français.
Que représente pour vous la mission principale de conseiller des Français de l'étranger ?
Pour moi, c'est vraiment une question de proximité. L'idée, c'est d'être accessible et surtout à l'écoute de nos compatriotes pour pouvoir les aider dès qu'ils en ont besoin ou les orienter quand ils sont un peu perdus. Je vois aussi mon rôle comme celui d'un informateur : il faut faire connaître tout ce que l'Ambassade ou les associations culturelles, comme l'Alliance Française de Manille (AFM), proposent, parce qu'on ne se rend pas toujours compte de tout ce qui est à notre disposition. Au final, je le vois vraiment comme le pont entre nos deux pays, nos deux cultures, pour que le lien reste vivant et concret au quotidien.
Comment avez-vous constitué votre liste ?
Notre liste, "Union citoyenne des Français aux Philippines pour la démocratie, la solidarité et l’écologie", porte bien son nom : c'est une véritable démarche de rassemblement. Notre équipe réunit des parents, des entrepreneurs bien implantés comme Boris Chevreau, ou encore des profils fortement engagés dans le milieu associatif et environnemental comme Delphine Morvant qui a notamment travaillé pour la Fondation Virlanie. Pour certains d’entre nous comme Damien Nesme, la constitution de cette liste s’inscrit également dans le prolongement de leur implication dans le milieu associatif au sein de la communauté française, notamment via Français du Monde - ADFE. Ce qui nous unit, au-delà de nos parcours variés, c’est une éthique commune : faire vivre une démocratie locale transparente, agir avec solidarité pour n'oublier personne, et intégrer l'écologie dans notre avenir commun.
Ce qui nous unit, au-delà de nos parcours variés, c’est une éthique commune : faire vivre une démocratie locale transparente, agir avec solidarité pour n'oublier personne, et intégrer l'écologie dans notre avenir commun.
Pourquoi est-il important pour les Français de l’étranger de prendre part à ces élections consulaires ?
Écoutez, c'est super important. C'est même un devoir citoyen, une chance qu'on a de choisir nos représentants. Voter ici, au-delà de l’impact direct et concret sur notre vie aux Philippines, que ce soit pour les bourses scolaires de nos enfants, les aides sociales (CCPAS) en cas de difficulté, c'est à chacun de choisir par qui il souhaite être représenté. Mais la raison est aussi politique, et elle est cruciale : c'est notre seul moyen de garder un lien fort avec la France et d'avoir du poids au niveau national. Rappelez-vous que nos conseillers votent ensuite pour élire les sénateurs des Français de l’étranger. Et comme vous le savez, notre liste est clairement une liste de gauche et a reçu le soutien des principaux partis de gauche et de l'association Français du monde - ADFE. Il est essentiel que les hommes et les femmes de gauche, qui partagent nos valeurs de solidarité, de démocratie et d'écologie, soient représentés politiquement pour faire entendre notre voix jusqu'à Paris. Alors, on a cette chance de voter, saisissons-la : par internet du 22 au 27 mai, ou à l'urne le 31 mai.

Quel est selon vous le plus grand défi auquel font face les Français de votre circonscription ?
Ils sont en réalité au nombre de deux. Le premier est lié à la géographie même des Philippines : notre archipel fait de l'isolement un défi majeur. Qu'il s'agisse d'un isolement géographique loin de Manille, ou d'un isolement social en cas de coup dur, il est important de maintenir un maillage de solidarité fort et des réseaux d'entraide entre nous. Le second grand défi, particulièrement cher aux familles, est celui de l'éducation. Garantir une scolarité de qualité tout en maintenant le bilinguisme représente souvent une lourde charge financière et logistique. Défendre l'accès à l'enseignement français par le biais d'une attribution juste, équitable et transparente des bourses scolaires est très important pour nous tous.








