GIBRALTAR - La station-service flottante

Par lepetitjournal.com Madrid | Publié le 31/05/2011 à 00:00 | Mis à jour le 14/11/2012 à 12:55

Entre l'Atlantique et la Méditerranée, motus sur une pollution maritime de grande ampleur. Saturé, le détroit accueille de nombreux cargos qui font le plein en pleine mer. Et à la pompe, c'est l'environnement qui trinque

(Capture d'écran du site Localizatodo.com)
A l'extrême pointe sud de l'Espagne, chaque jour, sur plus de 106.000 bateaux, 5.000 pétroliers mouillent dans le secteur, s'agglutinant dans la baie d'Algésiras pour faire le plein (la situation en temps réel : http://www.localizatodo.com/mapa). Une autoroute au bord de l'asphyxie qui avale près de 10% du trafic mondial. Cet axe profite très largement au Rocher, où sont implantées pas moins de 28.000 entreprises pour à peine 30.000 habitants. Pour les autorités, entre profits et écologies, il n'y a donc pas à discuter.
Cela même alors que fuites de mazout, collisions et autres man?uvres périlleuses menacent la faune et la flore. "C'est une marée noire silencieuse de déversements continuels", ose dans El Pais Patricia Navarro, la procureur en charge des questions d'environnement à Cadix.

Plus de 5 millions de tonnes en transit
Toujours selon El Pais, le "bunkering", est "largement pratiqué et encouragé" par Gibraltar. Au quotidien, le ravitaillement des bateaux à partir de plateformes flottantes est à l'origine de fuites répétées dans les eaux du détroit. La zone, quatrième centre mondial de soutage, courrait de grands risques de déversements d'hydrocarbures. Une épée de Damoclès qui, selon Greenpeace, l'organisation mondiale de défense de l'environnement, pèserait plus de 5 millions de tonnes de pétrole. Les deux tiers sont transvasés dans les eaux anglaises, le reste côté espagnol. A ce rythme-là, c'est un peu comme sur les aires de repos un jour de grand départ en vacances, les files d'attente ne désemplissent pas.
Dernièrement, le projet d'aménager plus à l'est et en plein parc naturel, un nouveau point de vente de mazout déclenche l'ire des écologistes.

Mathilde BAZIN (www.lepetitjournal.com ? Espagne) Mardi 31 mai 2011

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