Lorsque Gladys et Franck Khalifa sont arrivés aux Etats-Unis il y a 4 ans, ouvrir trois boulangeries à Las Vegas ne faisait pas vraiment partie du plan, et pourtant. Laurent Garrigues a rencontré le couple à la tête de French Riviera Bakery.


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C’est d’abord leur fils, parti étudier et jouer au basket en Californie, qui les conduit de ce côté-ci de l’Atlantique. À force d’allers-retours, le couple envisage une installation américaine et choisit finalement le Nevada avec un visa entrepreneur en poche. Née en Martinique mais ayant toujours vécu à Lyon, Gladys est entrepreneuse depuis des années. Franck, son mari, est, comme elle aime le préciser, « 100 % lyonnais ». Las Vegas leur offre aussi un environnement professionnel qui leur correspond : « Je me sens plus libre de travailler, je me sens libre de parler de business. Les Américains aiment la France. Ils aiment entendre parler français, ils aiment les produits », explique Gladys.
Downtown Las Vegas, une envie depuis le début
À leur arrivée, Gladys et Franck Khalifa savaient déjà où ils voulaient s’installer : Downtown. « Le lieu qui vraiment m’intéressait, c’était le vieux Vegas » confie Gladys. Mais malgré leurs recherches, ils ne trouvent pas le local adapté. Le couple ouvre donc sa première French Riviera Bakery à Henderson, puis une deuxième sur Cimarron Road, à Las Vegas : « Au fond de moi, mon rêve américain, c’était d’être dans là-bas. » C’est finalement une connaissance qui leur signale un local à Downtown : « Sur le coup, je n’étais pas très motivée. On avait d’autres projets pour plus tard » avoue Gladys. Ils vont tout de même visiter. La suite se décide rapidement : « Et là, c’était le coup de foudre, le coup de cœur. »
L’ancien Andre’s change la dimension du projet
Ce nouveau lieu se trouve être l’ancien restaurant Andre’s. Ouvert en 1980 par le chef français André Rochat, l’établissement a fermé en 2009 et depuis plus rien. Gladys se plonge alors dans l’histoire de l’adresse : « Je suis tombée amoureuse d’Andre’s, de ce lieu, de l’histoire de ce bâtiment qui a toujours été un lieu français. Je me suis dit : ça, c’est l’endroit où, bien sûr, je ne pourrais pas faire qu’une boulangerie. »
Avec 600 m2, l’espace permet en effet de voir plus grand. Après des mois de travaux, la troisième French Riviera Bakery a ainsi ouvert sa partie boulangerie le 31 juillet 2026. À la mi-septembre, le grand opening marquera ainsi le lancement d’un bistrot : « L’idée, c’est d’avoir un lieu français et que, quand on arrive à Downtown, on rentre en France avec la musique, avec les produits, la boulangerie, l’épicerie avec des produits français », résume Gladys. Le parti pris va jusqu’au café, avec du Café Richard venu de France.
Pour le bistrot, ils misent sur une carte courte et des classiques français, avec un accent lyonnais et des plats qui évolueront selon les saisons : « On proposera des classiques comme la salade lyonnaise ou le pot-au-feu en hiver. » Leur fils, qui a étudié chez Paul Bocuse à Lyon, prendra en charge la cuisine.
Si l’histoire d’Andre’s sera présente, Gladys tient à ne pas entretenir de confusion. French Riviera Bakery ne cherche pas à faire renaître le restaurant : « On n’est pas Andre’s, on est différents et on va apporter notre touche personnelle. » Ainsi, quatre ans après avoir cherché en vain son premier local à Downtown, le couple a finalement réussi son projet le plus ambitieux : « Cet endroit, ce n’est pas moi qui l’ai choisi, c’est lui qui m’a choisie parce que j’ai toujours voulu être là », conclut-elle.
L.G.
















