Une semaine après le début de la guerre, la communauté iranienne aux États-Unis est partagée entre résignation et espoir. La résignation de voir un Khamenei succéder à un Khamenei, responsable de plusieurs dizaines de milliers de morts depuis l’arrivée des mollahs en 1969, et l’espoir de voir l’arrivée d’un nouveau leader choisi par le peuple. Mais quand ? Décryptage.


Le secrétaire d'État américain à la guerre avait prévenu que ce mardi 10 mars serait « un déluge de bombes et de feux sur l’Iran ». Les armes ont tenu parole en bombardant les raffineries de pétrole qui entourent Téhéran. Les habitants se résignaient à attendre des heures à la pompe, rationnés à 20 litres de carburant par voiture. À Los Angeles, les habitants d’origine iranienne expriment leur inquiétude.
Fairouz, habitante de Glendale, explique : « Le peu que nous savons (ndlr : les liaisons Internet sont coupées à 95%) c’est que les Américains et les Israéliens pilonnent les raffineries et les stocks de pétrole… Mais pas les casernes militaires ! Ils espèrent affaiblir le régime en créant une pénurie puis un soulèvement de la population comme en décembre dernier. Ils prennent le problème à l’envers : détruisez d’abord toutes les infrastructures militaires et protégez les civils ! »
Même détruit, le commandement iranien fonctionne toujours
Malgré l’infiltration du Mossad, le service secret israélien, dans les plus hautes sphères de l’État islamique, l’organisation est tellement fragmentée et hiérarchisée qu’un commandement, même détruit, fonctionne toujours. Certes, Mojtaba Khamenei, le nouveau leader dont la tête est déjà mise à prix, se cache, mais il est soutenu sans condition par les Gardiens de la révolution, fanatiques au nombre d’environ 145.000, selon les chiffres de la C.I.A.. Il sera donc difficile d’en venir à bout sans envoyer de troupes au sol.
Les Américains le savent bien : ils restent vulnérables partout dans le monde, malgré les promesses de Donald Trump faites à sa base MAGA, qui grogne déjà devant l’augmentation du prix du pétrole. Le président sait aussi que des cellules terroristes dormantes sont prêtes à frapper à tout moment, ici ou ailleurs.
Sans ligne de conduite précise, difficile de prévoir qui pourra remettre l’Iran en marche, tant sur le plan économique local que dans le concert international des nations. Le fils de l’ancien Shah, Reza Pahlavi est toujours à Washington, la liste d’un gouvernement de transition dans la poche, prêt à monter dans le premier avion en partance pour Téhéran. Mais quand ? Le 3 mars, Donald Trump déclarait dans une interview que Reza Pahlavi n'était pas l'option qu'il privilégiait, préférant quelqu'un de "l'intérieur" de l'Iran.


























