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Bernard Chantrelle : Les défis de l´Alliance Française pour 2020

Par Maria Sobral et Julia Martin | Publié le 02/03/2020 à 00:42 | Mis à jour le 03/03/2020 à 01:55
B.Chantrelle

Bernard Chantrelle est président de l´Alliance Française de Lisbonne depuis 2013, il en fut le vice-président pendant 10 ans. Entrepreneur et énergique, il a décidé de donner de son temps à ce projet dédié à l´enseignement de la langue et de la culture françaises. Il a accordé un interview au Lepetitjournal où il parle du présent et de l´avenir de l´Alliance Française de Lisbonne.

 

Lepetitjournal : En tant que président de l´Alliance Française de Lisbonne, pouvez-vous nous expliquer pourquoi avoir choisi de changer de locaux et quelles sont les caractéristiques de ces nouvelles installations de l´Alliance Française de Lisbonne ?
Bernard Chantrelle : Association locale reconnue d’utilité publique s’apprêtant à célébrer en 2020 ses 75 ans d’existence, l’Alliance Française de Lisbonne vient d’ouvrir une nouvelle page de son histoire en s’installant au 21-A de l’Avenue Conseilheiro Fernando de Sousa dans un quartier en pleine expansion (à deux pas du Lycée Français Charles Lepierre et des Amoreiras), dans des locaux entièrement  aménagés en fonction de nos besoins.

Outre les atouts liés à la situation géographique ces nouveaux locaux, acquis en pleine propriété permettent de nous mettre financièrement à l’abri de la spirale de hausse du loyer des  bureaux à Lisbonne (nous étions en fin de bail  à l’Avenue 5 de Outubro et aurions dû pour rester en place accepter une  augmentation de 70% de notre loyer...).
De plus le doublement des surfaces disponibles (1000 m2 contre 500 m2)
permet d’aborder avec sérénité et confiance une stratégie de croissance à court, moyen et long terme.

Une célébration  de nos 75 ans est prévue au second semestre de cette année.Elle sera l’occasion de  prolonger sur une base plus large la pré-inauguration réalisée fin octobre 2019.

 

Quels sont les grands défis qui se posent à l’Alliance Française de Lisbonne pour 2020 ?
Pour 2020 et sur le moyen terme notre priorité, tout en poursuivant et développant nos activités traditionnelles (cours internes et cours à la carte en entreprises, examens), est bien évidemment de nous appuyer sur les grandes potentialités de nos nouvelles installations pour les mettre sans tarder au service de nos ambitions de croissance :

  • en diversifiant notre offre de cours dans une perspective innovatrice,
  • en améliorant le taux d’occupation des salles de cours pendant les heures creuses de la journée par la diversification de notre offre et la recherche le cas échéant de partenariats extérieurs,
  • en valorisant notre Espace d’Exposition et  les locaux disponibles du 3ème étage par une programmation mensuelle d’évènements de promotion linguistique et culturelle, conformément à notre vocation statutaire.

 

Quel bilan faites-vous de l’activité de l’Alliance Française depuis 2013, date de votre prise de fonction comme Président de l’AF de Lisbonne ? En 6 ans qu’est-ce–qu’il vous semble essentiel de souligner dans l’activité de l’AF et de son réseau ?
Dans un marché volatil et sensible aux aléas (que nous avons réussi à dépasser) de la conjoncture économique ces six dernières années ont été marquées par la nécessité de maintenir en permanence un difficile partage de nos énergies et de nos efforts entre :

  • l’achat (après des mois et des mois de recherches infructueuses) puis l’ aménagement de  locaux adaptés à nos objectifs et permettant de nous mettre durablement à l’abri des aléas du marché immobilier tout en sauvegardant et protégeant une épargne dont la rémunération était progressivement devenue proche de zéro,
  • la poursuite et le développement des activités courantes (avec la préoccupation constante de la qualité de l’offre et des procédures),
  • le maintien de l’équilibre de nos comptes.

 

L’arrivée significative d’un certain nombre de Français au Portugal et d’autres francophones a t’elle eu, selon vous, un impact sur le positionnement de l’offre faite par l’AF dans la capitale portugaise et même sur la place du français au Portugal ?
Cette arrivée nous a bien sûr amenés à promouvoir notre offre de cours de portugais destinés à favoriser la bonne intégration des nouveaux arrivants.
Elle n’a toutefois pas pour l’instant un impact de fond sur la place du français au Portugal laquelle reste structurellement dépendante du système éducatif portugais avec un bilan contrasté. D’une part l’enseignement de l’anglais comme unique première langue vivante obligatoire et l’absence de seconde langue vivante obligatoire au-delà de la 9ème année (3ème en France) entraînent un frein à la continuité et au développement de l’enseignement du français. D’autre part le français est de loin la deuxième langue vivante la plus choisie (par 70% des élèves suivant l’enseignement d’une LV2 même si la concurrence de l’espagnol de l’allemand et du mandarin est sérieuse).
Ceci dit et ainsi que la presse s’en est récemment fait l’écho (en titrant « Le français est de retour ») un regain d’intérêt est perceptible ces 2 à 3 dernières années.

Alliance Française de Lisbonne

En quelques lignes, pouvez-vous de façon synthétique donner aux lecteurs du Lepetitjournal quelques chiffres sur l’activité de l’AF Lisbonne ?
Il existe actuellement 834 Alliances françaises dans le monde (réunissant près de 500.000 apprenants), dont 10 associations au Portugal sur 15 sites. Lisbonne qui opère sur 4 sites (Amoreiras, Algès, Almada, Expo) est la 4ème AF d’Europe (sur 213) en nombre d’apprenants. Au total plus de 70.000 heures de formation sont vendues chaque année pour environ 3.000 inscriptions.

Les réalisations de 2019 témoignent des évolutions suivantes par rapport à 2018 :

  • hausse globale des cours diffusés, combinaison d’une progression spectaculaire des cours délocalisés chez 80 entreprises ou institutions clientes et d’une baisse (en principe provisoire) des cours diffusés en interne dans nos   locaux (le déménagement a entraîné comme il fallait s’y attendre une perte d’élèves provenant de l’ancien secteur non encore compensée par l’apport des recrues provenant de la nouvelle localisation, d’où également une baisse parallèle du nombre de tests et d’examens.
  • Les cours de portugais sont pour leur part en hausse du fait de l’afflux des nouveaux résidents français mais il existe en la matière une marge de progression qu’il nous appartient de concrétiser.
  • doublement des inscriptions au e-learning, modalité innovatrice en forte expansion,
  • maintien de l’activité traduction qui représente environ 10% de notre facturation.

En ce qui concerne notre offre de cours, et au-delà du cadre commun de réfèrence des cours de langue (de A1 à C2) nous nous efforçons d’accompagner les besoins du marché avec la création de cours adaptés aux créneaux économiques porteurs (français des relations internationales, français du BTP, français de la santé, français du tourisme de l’hôtellerie de la restauration des supermarchés, etc...).

A noter enfin que dans le cadre du projet FLO (« Le Français Langue d’opportunité »)  piloté par la section portugaise des CCE (Conseillers du Commerce Extérieur de la France) au profit de la communauté d’affaires recherchant des collaborateurs parlant français, l’AF de Lisbonne est l’opérateur sur 5 campus (Nova, Técnico, ISEL, IST, ISEG), notamment en français de l’ingéniérie et en français des affaires.

 

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2 Commentaire (s)Réagir
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sabaala lun 02/03/2020 - 20:23

L'attrait du français par les étrangers, en dehors du flux migratoire économique vers la France, n'était-il pas dû au rayonnement principalement culturel des Français (peintres, écrivains, acteurs et chanteurs par exemple) ? Quand on parle de la France actuellement, on entend refus violent de toutes les réformes que les autres pays ont eu le courage de faire depuis des lustres, grèves paralysantes, insultes, dédain. Même pour le travail, les plus motivés abandonnent le français. Força AF!

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MARIE19 ven 06/03/2020 - 15:30

Il est vrai que l'image de la France peut être ternie actuellement par l'instabilité sociale dont elle est affectée. Mais je crois qu'il ne s'agit que d'une image de surface créée par les réseaux sociaux qui suscitent et amplifient l'agitation. Il suffit d'une personne devant son ordinateur...et ce qui aurait été une anecdote devient le fait du jour au détriment de tout le reste. Ce serait dommage de fonder un jugement durable sur une période qui ne sera bientôt qu'une virgule dans notre histoire.

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