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Hélène Farnaud-Defromont - France-Portugal : une relation qui s´est "densifiée"

Pour ce 14 juillet 2026 Madame Hélène Farnaud-Defromont, Ambassadrice de France au Portugal, a accordé une interview au Lepetitjournal.com alors qu´elle termine son mandat de quatre années au Portugal. Elle souligne, en particulier, combien la relation France-Portugal s'est « densifiée » avec une coopération qui se renforce, le Traité de Porto, signé en 2025, en étant un des signes visibles.

Ambassadrice de France au Portugal, Madame Hélène Farnaud-DefromontAmbassadrice de France au Portugal, Madame Hélène Farnaud-Defromont
©JPorfirio
Écrit par Lepetitjournal Lisbonne
Publié le 13 juillet 2026, mis à jour le 14 juillet 2026


Après quatre années au Portugal et alors que vous quittez vos fonctions sur place, quel regard portez-vous sur le travail fait ?

La relation étroite qui existe depuis longtemps entre la France et le Portugal s'est encore densifiée durant ces dernières années. Le traité bilatéral d'amitié et de coopération signé à Porto en 2025 à l'occasion de la visite d'Etat du Président Emmanuel Macron au Portugal est apparu comme une évidence pour reconnaître cette relation singulière qui existe entre nos deux pays. Je suis heureuse d'avoir pu contribuer au renforcement de cette coopération entre deux grands partenaires et alliés, qui est autant le fruit d'une histoire commune, de destins croisés entre nos peuples, que d'une volonté renouvelée de travailler ensemble. 


Pouvez-vous dire à nos lecteurs quel sera votre prochain poste ?

Il est d'usage d'attendre que la procédure de nomination soit entièrement terminée pour l'annoncer publiquement. Je peux à ce stade seulement leur dire que je prendrai à la rentrée la direction d'une nouvelle ambassade. 


Quel est la place qu'occupe la coopération culturelle et linguistique dans la relation France-Portugal ?

Dans le domaine culturel, nous développons sous le label MaisFRANCA une forte présence de la création contemporaine française dans toutes les disciplines, en partenariat avec les principales institutions culturelles portugaises et également avec les structures émergentes. L'éducation est par ailleurs au cœur de notre coopération : promotion du plurilinguisme, et donc de l'enseignement de la langue française, dans les systèmes éducatifs européens ; usage de l'IA dans l'apprentissage des langues ; formation des enseignants de français au Portugal et dans tous les pays européens. En réciprocité, la France ouvre l'accès de nos enfants aux langues étrangères : le portugais a par exemple rejoint la liste des langues enseignées dans la spécialité « Langues, littératures et cultures étrangères et régionales » au baccalauréat.


Plus concrètement, pouvez-vous aussi nous dire quel est le point de la situation concernant la question de l'équivalence du baccalauréat pour les élèves du LFCL souhaitant intégrer l'enseignement supérieur portugais. Où en est-on ?

Les difficultés que nous avons connues l'an dernier au sujet de l'accès à l'enseignement supérieur portugais des élèves issus des lycées français du Portugal sont en cours de résolution mais cela demande encore un peu de temps. L'évolution des règles d'admission dans les différentes universités du pays est favorable dans la plupart des disciplines mais il reste quelques filières pour lesquelles les discussions se poursuivent avec les autorités portugaises.


Y-aura-t-il de nouveau, dans l'avenir, un consulat à Porto ? 

Je l'espère, compte tenu de l'évolution de notre communauté dans le nord du Portugal ces dernières années, mais nous devons aussi tenir compte du contexte budgétaire contraint qui est le nôtre. Quoi qu'il en soit, nous poursuivons l'organisation régulière de tournées consulaires sur Porto et les délais de rendez-vous pour effectuer les démarches à Lisbonne sont actuellement exceptionnellement courts. Par ailleurs, notre poste est toujours engagé dans l'expérimentation du renouvellement des passeports à distance jusque fin 2027, qui permet à nos ressortissants qui remplissent les conditions de renouveler leur passeport sans avoir à se déplacer.


Qu'en est-il de la relation France-Portugal au niveau de la défense alors que le sujet est maintenant à l'ordre du jour en Europe et qu'un Traité d'amitié a été signé en 2025 entre la France et le Portugal incluant cette thématique ?

La coopération entre la France et le Portugal en matière de défense est de plus en plus dense. Vous l'avez dit, le sujet est largement couvert par le Traité de Porto, entré en vigueur le 12 avril dernier. Cette question reste donc centrale pour notre relation. A l'occasion de la visite d'Etat du Président Emmanuel Macron l'année dernière a été signée une lettre d'intention qui ouvre des perspectives prometteuses dans le domaine de l'armement. France et Portugal partagent une même ambition en faveur du renforcement du pilier européen de l'OTAN et du développement de la base industrielle et technologique de défense européenne.


On sait que le Portugal va avoir à remplacer ses F-16 très prochainement. La France est-elle dans la course pour vendre des appareils militaires au Portugal ?

Le Rafale fait partie des candidats pour le remplacement de la flotte d'avions de chasse de l'armée de l'air portugaise.

Ce choix serait de notre point de vue un gage de souveraineté pour le Portugal en matière de défense, sans dépendance à l'égard d'un pays tiers, et profiterait aux entreprises portugaises dans le cadre de nouvelles coopérations industrielles, dans les domaines spatial, industriel, aéronautique, social et éducatif portugais en réalisant un transfert de connaissances, de maintenance, de production et de compétences au Portugal.


Quels sont les moments que vous considérez les plus marquants de ces quatre années en fonction au Portugal ?

La visite d'Etat du Président de la République au Portugal, les 27 et 28 février 2025 bien sûr ; c'était la première de ce niveau protocolaire depuis plus de 25 ans ;  les commémorations des 50 ans de la Révolution des œillets en 2024, auxquelles l'Ambassade a souhaité s'associer en organisant une exposition d'archives françaises inédites sur les évènements de 1974 à 1976 ; les Journées mondiales de la jeunesse à Lisbonne en août 2023, auxquelles plus de 50 000 jeunes Françaises et Français ont participé. 


Enfin, y-a-t-il un moment particulier de ces quatre ans au Portugal que vous garderez dans vos souvenirs personnels ?

Cette mission au Portugal restera marquante pour moi, sur le plan personnel comme professionnel, difficile de choisir un moment en particulier. Mais je garderai en mémoire l'émotion qui m'a saisie lors de la cérémonie de commémoration des 50 ans de la Révolution des œillets à l'Assemblée de la République, en avril 2024, lorsqu'à la fin des discours officiels une grande partie des députés ont spontanément entonné le magnifique chant « Grândola, Villa Morena » un œillet rouge à la main, tournés vers les capitaines d'avril présents en tribune. L'Europe reste profondément reconnaissante à ces jeunes soldats qui le 25 avril 1974 ont choisi la liberté pour leur pays et ouvert la voie à la fin de la colonisation.  

 

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