À Lisbonne, l’exposition Fragiel & Sólido qui a lieu du 10 au 29 avril, s’inscrit dans une dynamique de coopération culturelle entre la Belgique et le Portugal. À travers VivaCultura, sa directrice Griet Meert veut mettre notamment en lumière des artistes portugais encore peu connus en Belgique.


À l’occasion de l’exposition Fragiel & Sólido, organisée à Lisbonne par VivaCultura en collaboration avec l’Ambassade de Belgique, lepetitjournal.com a pu interviewer Griet Meert la directrice de l’association. Elle revient sur la mission de cette structure culturelle belge engagée dans le dialogue entre la Belgique et le Portugal.
Lepetitjournal/Lisbonne : Quelle est la mission de VivaCultura et comment cette exposition s’inscrit-elle dans votre projet ?
Griet Meert : Je suis directrice d’un institut dédié à la langue portugaise, et pour moi, apprendre une langue, c’est ouvrir des portes. C’est pour cela que j’organise beaucoup d’activités culturelles, le plus souvent gratuites, parce que je trouve essentiel que tout le monde puisse participer. L’art fait partie de cette culture, même s’il est parfois oublié. Mais à travers l’art, on communique énormément. En Belgique, on connaît encore très peu les artistes portugais. On parle toujours de la France, de l’Espagne, de l’Italie… mais pas assez du Portugal. Donc je veux les représenter, les faire découvrir. Et dans mon institut, j’ai un espace qui me permet d’organiser plusieurs expositions par an, ce que je fais régulièrement.
Si vous deviez définir VivaCultura en quelques mots ?
C’est l’authenticité, la communication, la convivialité. C’est le fait de se réjouir ensemble de l’art et de la culture, dans une ambiance positive. Il n’y a rien de négatif, c’est vraiment une énergie collective.
Pourquoi avoir choisi de réunir ces deux artistes dans cette exposition ?
Pour moi, c’est la diversité. Présenter les deux ensembles renforce leur travail respectif. Une exposition avec un seul des deux artistes n’aurait pas le même impact. Il y a aussi une dimension de communication et d’interaction entre les œuvres.
Quel rôle joue l’Institut Camões dans cette collaboration ?
C’est très logique d’exposer ici. L´Institut Camões, organisme public portugais, a pour mission de promouvoir la langue et la culture portugaises à l’international. J’avais déjà organisé cette exposition en Belgique avec le soutien de l’ambassade du Portugal. Et comme il s’agit d’un projet bilatéral, il était naturel de la présenter aussi ici, avec le soutien de l’ambassade de Belgique au Portugal.
Percevez-vous des différences dans la réception de l’exposition entre la Belgique et le Portugal ?
L’exposition vient juste d’ouvrir ici, donc je n’ai pas encore de retour. Mais je pense que les Belges et les Portugais sont ouverts à l’art, et c’est déjà essentiel. Pour moi, ce n’est pas le plus important d’avoir une réaction précise. J’offre quelque chose, et ensuite les gens parlent, échangent. Même si les perceptions sont différentes, ce qui compte, c’est la communication.
Quels sont aujourd’hui les enjeux pour promouvoir les échanges culturels en Europe ?
L’Europe semble unie, mais elle est très diverse, et c’est une richesse. Mais il faut davantage communiquer. Même en Belgique, il y a des divisions entre Flamands et Wallons. Cela montre que la communication n’est pas toujours évidente. L’art est un des moyens les plus efficaces pour créer ce dialogue. Lors des événements, on réunit des profils très différents (diplomates, universitaires, professionnels, proches) et ils échangent autour de l’art. Et ça, c’est déjà quelque chose de très fort.
Quels sont vos projets à venir pour VivaCultura ?
En mai, j’organise encore une exposition privée en Belgique avec des œuvres des deux artistes. Ensuite, à l’automne, je travaille sur une exposition d’art conceptuel avec un autre artiste, Helden Woutersling, que j’aimerais présenter au Portugal. Et j’ai aussi un grand projet prévu pour 2028 au Portugal. Après cela, je pense que je prendrai un peu de repos.














