Être tendance à Lima 

Par Julie MARFIN | Publié le 15/07/2022 à 17:05 | Mis à jour le 15/07/2022 à 20:28
Photo : © Becca-Mchaffie – Unsplash
Être tendance à Lima 

Ponchos, bonnets péruviens, vêtements en laine d’alpaga… Chaque année les touristes s’arrachent ces souvenirs emblématiques du Pérou. Découvrez les autres alternatives mode de la capitale.

 

Les Européens, et plus particulièrement les Français, sont facilement reconnaissables à l’étranger. Indice : ils portent tous du Quechua. Au Pérou, il ne s’agit pas d’une marque de vêtements mais d’une langue, d’une culture le plus souvent associée à la laine d’alpaga. Domestiqués par les Incas il y a 6 000 ans, ces camélidés envahissent encore aujourd’hui les vitrines péruviennes. Anallergique, douce et très chaude, cette étoffe attire chaque année de nombreux touristes. Mais les habitants de Lima ne sont pas tous adeptes du fameux poncho et du bonnet péruvien. Bien au contraire…

 

L’artisanat local et la seconde-main à Lima

“A Lima, il y a deux types de personnes, en ce qui concerne la mode. Celles qui achètent des contrefaçons pour les mélanger avec des marques de fast-fashion. Et d’autres, amatrices de seconde-main et de vêtements de créateurs”, décrit Jon Cardenas, producteur de mode dans la capitale péruvienne. Ce premier style est privilégié par les locaux, principalement pour ses prix avantageux. Si ces lignes de vêtements sont à votre goût, vous trouverez votre bonheur dans les grands centres commerciaux et dans les marchés couverts de Miraflores. 

Les adeptes des vêtements de seconde-main peuvent eux aussi trouver des pièces quasi-uniques dans la ville grise. Le marché aux puces Tacora, situé dans le centre, regorge de trésors vintages en tout genre. Dans les quartiers de Barranco et de Miraflores, de nombreuses friperies fleurissent dans le paysage urbain. Pulga Concept store a été un des premiers magasins d’habits d’occasion à ouvrir ses portes à Lima, il y a une dizaine d’années. Au début, les habitants n'accrochent pas vraiment à cette idée. “Certains pensaient que les vêtements d'occasion appartenaient à des personnes décédées. Ils ne trouvaient pas ça vraiment attirant”, raconte Daniel Gamarra, responsable du magasin. Aujourd’hui, la marque travaille avec des designers péruviens et met en avant des accessoires recyclés. De cette manière, elle garantit à ses clients le sentiment d’avoir un style “unique”. “Nous essayons de vendre des produits qui ont une histoire. Nos clients peuvent se vanter d’avoir des habits conçus au Pérou par des artistes locaux”. Certaines pièces sont tissées entièrement à la main, et sont donc plus coûteuses. Elles sont majoritairement réalisées pour être exportées vers l’Europe.

Le capitalisme tue les moyens d’expression locaux comme la mode et le design, Daniel Gamarra.

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© Clark-street-mercantile – Unsplash

 

D’autres magasins utilisent ces mêmes procédés à Lima :

  • ESCVDO est un concept store dont les design ont été imaginés par deux sœurs péruviennes : Chiara et Giuliana Macchiavello. Cet établissement possède sa propre showroom et met en avant la culture ancestrale du Pérou, son histoire et ses ressources à travers un savoir-faire artisanal. Les modèles des vêtements “fait main” sont directement réalisés dans leur boutique à Barranco.
  • Le magasin Butrich, situé dans le quartier riche de San Isidro, rassemble une compilation de créations de la styliste Jessica Butrich. Originaire de la capitale, elle réalise des chaussures et des accessoires dans un style pop-art, avec des formes modernes, voire carrément excentriques. Retrouvez ses créations sur son instagram @jessicabutrich.
  • La showroom de Lorena Pestana. Inspirée par la mythologie péruvienne et les nombreuses ruines du pays, l’artiste a créé une ligne de bijoux pour mettre à l’honneur cette histoire. Elle utilise divers symboles précolombiens repérés dans des poteries ou des textiles. Sa boutique se trouve dans le quartier de Miraflores et ses créations sur son instagram @lorenapestanajoyeria.

 

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© Jessica Butrich

 

Lima, une ville pour une multitude de styles

“Pour moi, être à la mode signifie avoir son propre style, pas nécessairement suivre les tendances”, déclare Lisseli Santos Ildefonso, styliste de mode et directrice artistique à Lima. S’habiller, c’est avant tout être soi-même. Pour ce faire, la capitale regorge de boutiques plus originales les unes que les autres. “Ici, vous pouvez trouver des magasins pour les skaters, les goths, les otakus, les cosplayers…”. Et Jon Cardenas n’a pas tort. En se baladant dans le centre-ville, vous pouvez facilement tomber sur des pièces inspirées de la culture japonaise au milieu de vêtements à connotations plus occidentales. 

Pour ce qui est des identités de genre LGBTQ+, il n’existe pas de magasins vraiment spécialisés dans ce domaine. Mais le concept store Pulga s’applique à créer des habits “pour les deux genres sans distinction”. Le jeune producteur de mode Jon Cardenas, a quant à lui mis en place des événements Homeless Pop-up* où l’on peut retrouver des “pièces uniques de la garde-robe de personnages emblématiques de Lima” dans le domaine de la mode. Divers stylistes et designers révèlent des tenues où les aspects androgynes se mélangent. La marque de Bondage Factory et VNRO sont reconnues par la communauté pour mettre en lumière des vêtements non genrés. De son côté, la directrice artistique, Lisseli Santos Ildefonso a choisi de présenter une collection colorée, où femmes et transgenres se mélangent. Les mailles et les formes rappellent une culture péruvienne modernisée. 

La mode, c'est la manière de s'exprimer sur ce qui se passe actuellement dans le monde, Lisseli Santos Ildefonso.

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© BondageFactory

 

* Située à Miraflores, cette boutique éphémère est ouverte seulement deux dimanches par mois. Un DJ est présent et des boissons sont mises à disposition. Son adresse est à retrouver sur l’instagram @homeless_popup.

 

D’autres magasins et stylistes péruviens aux aspects singuliers :

  • La galerie d’art Wu de Lima propose en son sein un Neo concept store. Les pièces y sont prometteuses. Mixant couleurs pastelles et formes presque psychédéliques.
  • La marque COSMOS, qui s’affiche “no gender” sur son profil @cosmosforpeople. L’entreprise travaille en collaboration avec un studio créatif basé à Lima où arts photographiques et peintures se marient.
  • The 13 snake project est une marque “streetwear artisanale non sexuée” à base de coton biologique. L’entreprise est à localiser grâce à l’adresse de son instagram @the13snakeproject.

 

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© The13snakeproject

 

julie marfin journaliste

Julie MARFIN

Étudiante à l'Ecole de Journalisme de Nice (EDJ), je suis actuellement stagiaire chez Le Petit Journal de Lima. Amatrice de photographies et passionnée d'écriture, je travaille sur des sujets sociétaux, culturels et environnementaux.
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