

Le 16 septembre 1810, la Nouvelle Espagne s'affranchissait de la tutelle coloniale espagnole pour accéder à une nouvelle identité au sein des nations libres. Cette date, considérée comme l'acte de naissance de la nation mexicaine, est à présent la Fête nationale du pays
Portrait de l'abbé Miguel Hidalgo y Costilla, le père de l'indépendance mexicaine. (Photo: Wikipédia.org)
Ce soir et demain, les Mexicains se réjouissent à l'idée de faire le puente (long week-end), mais ils célèbrent surtout leur Fête nationale. Sur le Zócalo de Mexico et sur la place principale de n'importe quelle bourgade, retentiront ce soir les gritos (cris) de tous les gouverneurs ou maires du pays. Le 16 septembre 1810, sonnait la cloche qui lancerait le Mexique sur le chemin de l'indépendance et Hidalgo poussait le premier grito sur lequel devait se construire l'identitéde la nation.
Toute l'histoire de la libération de la Nouvelle Espagne commence en novembre 1807, lorsque Napoléon occupe militairement l'Espagne. Le roi espagnol Ferdinand VII est détrôné par l'empereur mais, en Espagne comme dans le Nouveau monde, on refuse l'occupation française et son idéologie révolutionnaire athée.
Les créoles lancent l'insurrection autonomiste
Inspirés, eux, par les Lumières, les Créoles (descendants d'Espagnols), très nombreux dans la ville de Mexico, estiment alors qu'il revient au peuple d'assumer le pouvoir politique. La confiance en la puissance tutélaire appartient au passé. L'élite mexicaine, mais aussi de larges secteurs de la population, souhaitent prendre en main leur destin.
Le vice-roi Joséde Iturrigaray déclare en juillet 1808 à Mexico: "L'Espagne est dans l'anarchie. Toutes les juntes se prétendent légitimes [pour la détention du pouvoir], et nous ne devons obéir à aucune d'entre elles". Iturrigaray représente un danger aux yeux des envoyés de la Couronne, favorables àl'empire, qui l'emprisonnent et le destituent. Pour les Créoles, ce coup de force constitue la justification morale de l'insurrection autonomiste.
"Mort au mauvais gouvernement !"
Le noyau de la rébellion naît dans l'Etat de Guanajuato, au sein d'un groupe de hauts fonctionnaires éclairés. On y trouve le gouverneur de Guanajuato, le Corregidor de Querétaro (magistrat royal) et sa femme María Josefa Ortiz, trois capitaines d'armée et le curé du village de Dolores, l'abbé Miguel Hidalgo y Costilla. Ils veulent provoquer un soulèvement populaire afin d'installer une junte créole, qui serait l'unique représentante de la Couronne en Nouvelle Espagne.
La conspiration est découverte le 13 septembre par les Espagnols. María Josefa Ortiz en informe l'abbé Hidalgo. Avec le soutien actif des capitaines Juan Aldama et Ignacio Allende, celui-ci décide de lancer immédiatement l'appel à l'insurrection depuis sa propre paroisse, Dolores. Le dimanche 16 septembre à 8h du matin, Miguel Hidalgo sonne les cloches de son église. Il prononce ensuite face à la foule, des propos que l'histoire a retenus: "Vive la religion ! Vive la Vierge de la Guadalupe ! Vive Ferdinand VII ! Vive l'Amérique ! Mort au mauvais gouvernement !".
C'est ce fameux "Cri de Dolores", le grito fondateur, qui mettait le Mexique sur les rails d'une indépendance douloureusement acquise puisque le pays allait entrer dans dix années de guerre.
Bastien LESTANG (www.lepetitjournal.com/mexico) 15 septembre 2011
A lire: MIGUEL HIDALGO - Le curé le plus célèbre du Mexique
Pratique
- Pour passer une Fête très mexicaine, vous pouvez vous rendre ce soir au Zócalo, devant le Palais de la Constitution. C'est làque le Président Fox poussera le "Cri de l'Indépendance" et sonnera la cloche vers 23h. Des centaines de milliers de personnes répondent habituellement au rendez-vous, la foule est véritablement impressionnante.
- Vous pouvez également vous rendre sur la place Garibaldi pour écouter les Mariachis.
- De nombreux restaurants et bars de Mexico prennent les couleurs de la Fête nationale.
- Pour les amoureux d'histoire, il est conseillé de se rendre à Dolores-Hidalgo dans l'Etat de Guanajuato, le premier week-end d'octobre pour la fête del Señor San Miguel.






















