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Nolwenn Lelièvre : Faire de sa passion son métier

Par Lepetitjournal Johannesbourg | Publié le 03/11/2017 à 07:56 | Mis à jour le 03/11/2017 à 09:07
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Nolwenn Lelièvre, formée en finance, management et gestion de projet, a fait un virage à 360 degrés et s’est reconvertie dans la musique il y a quatre ans. Elle est arrivée en Afrique du Sud en janvier 2017 et a choisi de continuer de vivre sa passion en donnant des cours particuliers de chant et musique et en animant une chorale. Elle partage son expérience, parle de ses ambitions et des obstacles qu’elle a rencontrés et donne quelques tuyaux pour mieux se lancer dans un nouveau projet. 

 

Parlez-nous de votre parcours

J’ai suivi une école de commerce en France avec une spécialité finance, management et gestion de projet. En 2010 à la fin de mes études, je suis partie à Sydney en Australie pour travailler chez Ernst & Young. J’y suis restée deux ans et demi, et puis mon mari et moi avons négocié un "break" de six mois pour voyager dans le reste du pays en 4x4. Une fois de retour, mon mari a été contacté par un ancien de notre école pour lui proposer un poste en Zambie. C’était le moment de saisir l’opportunité. Nous serions peut-être restés pour la vie en Australie si nous n’avions pas accepté ! Nous avions déjà eu une première approche de l’Afrique lors de notre voyage de noces en Namibie en 2011. Cette nouvelle expérience nous tentait et nous avons sauté le pas. C’est en Zambie que j’ai décidé de quitter la finance pour la musique : un virage à 360 degrés que je ne regrette pas ! Puis nous avons passé un an et demi à Madagascar avant de nous installer à Johannesburg.

 

Comment avez-vous réussi cette reconversion ? 

La musique a toujours occupé une place importante dans ma vie, j’ai intégré le conservatoire à l’âge de 7 ans où j’ai suivi des cours de piano et de solfège jusqu’à 18 ans. J’ai commencé le chant à 15 ans, c’était une grande découverte. J’ai continué en prépa, c’est devenu ma soupape de sécurité. Le chant a fait sortir tellement d’émotions et de ressentis que j’ai eu envie de le partager avec d’autres. C’est une voie que j’ai choisie pour ses côtés créatif et humain qui étaient peu présents dans le milieu professionnel dans lequel j’évoluais à l’époque. Cette orientation me permettrait à terme de concilier vie de famille et professionnelle. Je rêvais depuis longtemps d’en faire plus qu’un loisir. En Zambie, j’étais au bon endroit au bon moment. A mon arrivée en janvier 2013, j’ai réalisé que c’était important que je réfléchisse à mon parcours. J’avais déjà pensé à me relancer dans la musique en Australie mais c’était compliqué à ce moment-là. Je me posais beaucoup de questions et je ne me sentais pas prête. Dans mon premier pays d’accueil africain, les conditions étaient plus favorables et je me suis donnée trois mois pour voir s’il y avait des possibilités de me reconvertir. J’ai tâté le terrain et fais des rencontres et puis ça a été très rapide. J’ai été embauchée par l’Alliance Française pour chanter pendant la cérémonie d’ouverture de la Francophonie, et puis d’autres opportunités se sont présentées. J’ai monté une chorale et commencé à donner des cours particuliers. Ca a démarré comme ça ! Cette première expérience m’a permis de continuer mon activité à Madagascar où nous avons séjourné entre 2015 et 2016, et maintenant à Joburg. 

 

Comment s’est passée votre arrivée en Afrique du Sud ?

Nous sommes arrivés un peu sur les chapeaux de roues mais l’adaptation en Afrique du Sud a été plutôt facile. L’année scolaire étant déjà commencée, je ne me suis pas mis la pression pour lancer mes activités. Comme je l’avais fait auparavant j’avais envie de proposer des cours particuliers pour enfants et adultes, lancer une chorale pour adultes et présenter des concerts de qualité. Je me suis plutôt mise en « mode recherche » d’information et d’opportunités pour mieux démarrer en septembre. Entre temps, j’ai obtenu un visa critical skills et j’ai opté pour une solution de portage via Lexa Leio qui me convient tout à fait. Mes deux filles sont scolarisées cette année, c’est une grande première, c’est aussi une des difficultés que je rencontre. Il faut que je trouve un équilibre entre ma famille et mon boulot car je travaille principalement l’après-midi après avoir récupéré mes enfants. 

 

Quels conseils donneriez-vous à des femmes nouvellement arrivées ou qui souhaitent se lancer dans la vie active en Afrique du Sud ?

Tout dépend de ce que chacune veut faire : continuer dans le même domaine ou se reconvertir. Dans les deux cas, il faut remettre son CV à jour et rencontrer le plus de personnes possible. Une chose est certaine, une fois arrivée dans un nouveau pays, il ne faut pas se précipiter dans la recherche d’un nouveau travail et bien réfléchir à ce que l’on veut vraiment faire, se poser les bonnes questions. Je dirai qu’il faut saisir l’opportunité que l’expatriation offre avec moins de pression financière en général, et revoir les priorités selon le pays et au moment où on se trouve dans sa vie. C’est une chance de pouvoir rester auprès de sa famille, développer des projets personnels, s'impliquer dans une oeuvre caritative ou pourquoi pas opter pour une reconversion. Il se peut que le temps d'adaptation lors d'une première expatriation soit plus long pour diverses raisons. Surtout il ne faut pas se sentir coupable de prendre le temps de réfléchir à son parcours et ses projets. C'est un processus important pour réussir son expatriation et son épanouissement personnel. 

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