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Hélène Raison: « Le bénévolat ouvre des portes »

Par Lepetitjournal Johannesbourg | Publié le 13/10/2017 à 07:43 | Mis à jour le 13/10/2017 à 09:11
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Avant d’arriver en Afrique du Sud il y a quatre ans, Hélène Raison avait suivi un parcours dans le milieu bancaire. Confrontée à un marché du travail très règlementé dans la finance, elle s’est tournée vers le bénévolat qui lui a permis de mieux intégrer son pays d’accueil et de développer de nouvelles compétences. Elle partage son expérience, parle de ses ambitions et des obstacles qu’elle a rencontrés et donne quelques tuyaux pour mieux se lancer dans un nouveau projet en Afrique du Sud.

 

Parlez-nous de votre parcours

Il y trois points clés dans ma vie qui m’ont aidés dans mon parcours. A 15 ans, je suis partie toute seule dans une famille d’accueil aux Etats-Unis, à la frontière du New Jersey et de la Pennsylvanie, où j’ai fait ma seconde. C’était en quelques sortes ma première année « sabbatique » ! Cette expérience à l’étranger m’a rendue autonome et indépendante et, surtout, a confirmé une envie d’ailleurs.

Une fois diplômée de mon école de commerce, j’ai choisi d’aller au Mexique tout d’abord pour améliorer mon espagnol, car ça n’était pas la destination la plus appropriée pour la finance, mon secteur de spécialisation. Et puis je voulais aller loin ! J’y suis restée entre 1998 et 2001 et puis j’ai fait le choix de rentrer en France pour m’adapter à notre pays en mode professionnel. J’ai poursuivi mon parcours dans le milieu bancaire, j’ai travaillé dans trois établissements bancaires avant de m’installer en Afrique du Sud. Dans le 2e, Fortis j’ai été embauchée justement pour mon profile international et mes compétences linguistiques. Et j’ai ensuite intégré BNP Paribas, les échanges internationaux devenaient de plus en plus important dans mon métier.

Et nous arrivons au 3e point. En avril 2013, mon mari m’a annoncé qu'on lui proposait un poste à Joburg et nous avons décidé de tenter cette aventure sud-africaine. Je l’ai rejoint quelques mois plus tard en novembre 2013 avec la chance extraordinaire de bénéficier d’un congé sabbatique, qui m’a été accordé grâce au programme Cindex dont mon entreprise et l’entreprise de mon mari faisaient partie. C’était ma première pause professionnelle !

En parallèle de mon travail en France, j’ai été bénévole à l’Agence pour le Droit à l’Initiative Economique (ADIE) dans la cellule Créajeunes pendant quatre ans. J’y ai mené deux missions, je donnais des cours collectifs pour de jeunes entrepreneurs pour ce qui était de la partie financière et j’ai démarré un peu de mentorat. Le bénévolat était une voie pour me développer personnellement et améliorer certaines compétences. Au-delà de mon travail, j’étais à la recherche d’échanges et au service de projets personnels.

 

Comment s’est passée votre arrivée en Afrique du Sud ?

Avant mon arrivée, j’avais mesuré les « pour » et les « contre » de cette expatriation. Je savais que ça n’allait pas être facile de trouver un poste dans le domaine bancaire, où la règlementation est compliquée, notamment avec le Black Economic Empowerment (BEE) qui est très prévalent. Je suis arrivée sans enfants et j’avais envie de travailler, j’ai passé des entretiens et rencontré des agences mais sans résultat. De plus, à cette époque, l’obtention d’un visa « critical skills » dans mon domaine n’était pas évidente non plus. J’ai donc décidé de développer une autre partie de ma vie : d’approfondir certaines compétences et de réfléchir à mon parcours. C’était un bon moment pour me poser des questions. Entre temps, je suis devenue maman, et j’ai pris une année pour me replonger dans mes projets.

 

Vos ambitions, les défis que vous avez rencontrés et comment vous les avez surmontés ?

Bien sûr je me suis sentie découragée par moment mais je gardais en tête ces questions par rapport à mon retour d’Afrique du Sud : qu’est-ce-que je vais raconter, comment je vais me vendre, comment je vais me servir des compétences développées ? Et cela m’a permis d’avancer sur mon projet en Afrique du Sud.

Mon expérience à l’ADIE m’a marquée : ce qui m’animait c’était aider les gens à devenir autonome et créer leur emploi. Je pensais que je pouvais apporter des compétences dans ce domaine-là en Afrique du Sud et donc j’ai orienté mes recherches dans ce sens. C’est grâce à Aurélia Dioré que j’ai découvert le Wot-If Trust début 2014 lorsque le nouveau locataire s’installait tout juste dans le Centre Père Louis Blondel. L’équipe m’a bien intégrée, j’ai eu la chance de participer à des réunions stratégiques. J’ai mieux compris comment fonctionne un organisme qui a pour objectif de participer à la création d'un environnement économique durable autour d'une communauté en faisant participer toutes les parties prenantes et en mobilisant des ressources. Cette expérience m’a donné plus de crédibilité dans ce domaine qui devient un thème majeur dans la société d’aujourd’hui.

Pendant mon absence, BNP Paribas a mis en place des sujets plus dédiés au « social business ». Récemment j’ai rencontré à nouveau mon employeur en France et nous avons une entrevue avec un dialogue constructif malgré un trou de carrières. Mon expérience sud-africaine m’a permis de rencontrer des nouveaux contacts au sein de l’établissement et de m’ouvrir des portes.

D’où l’importance d’avoir une histoire à raconter et de développer des compétences. Les différents projets dans lesquels je suis impliquée comme le mentorat, le coaching d’entrepreneurs, et la découverte du fonctionnement d’un organisme intégré à une communauté m’ont permis de développer certaines compétences. J’avais fait valider mes activités et actions à l’ADIE par France-Bénévolat dans un petit livre, et je vais essayer de faire valider mes missions en Afrique du Sud. Pendant les mois à venir je vais m’atteler à voir comment je réunis ces pièces du puzzle pour mettre en place mon projet professionnel.

 

Quels conseils donneriez-vous à des femmes nouvellement arrivées ou qui souhaitent se lancer dans la vie active en Afrique du Sud ?

Comme l’ont dit Fabienne Perreux et Bénédicte Champenois dans les interviews précédentes, il faut parler, expliquer ce qu’on veut faire et faire du réseau. La communauté d’expatriés est un réseau ressources. Les gens adorent échanger et parler de leur boulot. Osez demander un entretien pas d’abord pour demander un boulot mais pour comprendre le contexte du pays et connaitre du monde !

Le bénévolat n’est pas une obligation mais une démarche individuelle qui peut servir dans sa carrière si on cible son action dans un objectif professionnel. Intégrer le pays par un bénévolat bien réfléchi peut vous permettre de rebondir plus tard professionnellement. Pour moi, c’est une piste qui a justement fonctionnée pour mon intégration dans le pays et qui m’a permis de rencontrer des Sud-Africains. J’aime faire du tourisme, bien sûr, mais j’aime encore mieux l’expérience de vie des habitants du pays, c’est d’ailleurs ce que j’ai vécu aux Etats-Unis et au Mexique. J’aime comprendre le pays dans lequel j’évolue et être dans le partage, je n’ai pas envie d’être « juste de passage ».

Grâce à ces expériences, j’ai vécu mes expatriations d’un autre œil. Je dirai aussi qu’il ne faut pas s’isoler et ne pas faire des choses qu’on n’a pas envie de faire. Etre active peut revêtir plusieurs aspects. Il faut choisir sa voie.

 

Trois minutes avec Hélène sur le bénévolat

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