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Bénédicte Champenois-Rousseau : Rencontrez des gens et créez du réseau

Par Lepetitjournal Johannesbourg | Publié le 05/10/2017 à 17:36 | Mis à jour le 05/10/2017 à 18:29
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Bénédicte Champenois-Rousseau, sociologue française, est arrivée en Afrique du Sud il y a deux ans et a profité de son expatriation pour monter Work In The City JHB, un réseau professionnel pour les femmes francophones à Joburg. Elle partage son expérience, parle de ses ambitions et des obstacles qu’elle a rencontrés et donne quelques tuyaux pour mieux se lancer dans un nouveau projet. 

 

Parlez-nous de votre parcours

J’ai un parcours essentiellement académique et universitaire, après une brève incursion dans le conseil. Je m’intéresse tout particulièrement aux questions qui touchent à la médicalisation de la naissance en France et en Angleterre principalement. Après une première expatriation aux Etats-Unis dans les années 90, nous nous sommes finalement installés dans la région parisienne pendant une vingtaine d’années jusqu’en 2015 pour être précise. Mon mari a eu alors une offre d’emploi à Johannesburg. L’idée de m’installer en Afrique du Sud me plaisait. J’étais assez partante pour l’aventure à la condition que j’obtienne un visa de travail, ce qui a été assez facile !

 

Comment s’est passée votre arrivée en Afrique du Sud ?

Après deux voyages de reconnaissance, j’étais sûre que la vie me plairait dans ce pays, outre le fait que j’ai passé mon enfance en Afrique francophone ! Apres une période d’installation, j’ai commencé à chercher du travail et là je me suis aperçue qu’avoir un visa de travail était une première étape importante dans le processus de recherche d’emploi mais pas forcément suffisante. Dans mon cas, l’affaire était compliquée car je cherchais dans le milieu universitaire qui a été chamboulé par la campagne « #feesmustfall » en octobre 2015, un mois après mon arrivée. Les revendications de volonté d’avoir des professeurs noirs et la décolonisation du savoir ne me donnaient pas de grandes chances d’aboutir dans ma recherche de travail. J’ai envoyé des dizaines de CVs tout d’abord dans les universités puis dans les ONG concernées par les femmes, les droits reproductifs et l’éducation. Malheureusement je n’ai jamais eu de réponses sauf une d’UNISA qui m’a proposé des vacations mais ça n’est pas très prenant ni rémunérateur. J’ai en parallèle assisté à des séminaires dans les universités pour me faire connaitre et « networker ».

Après huit de mois de recherche sans jamais recevoir de retours, j’ai commencé à me décourager, je ne voyais pas l’issue. Je cherchais donc un moyen de ne pas sombrer dans la morosité. C’est lors de rencontres avec des femmes vivant à Joburg notamment par le biais des sorties de Jo'bourg Accueil que je me suis rendue compte que je n’étais pas la seule dans cette situation et à me poser des questions similaires telles que l’intégration professionnelle en Afrique du Sud, la culture professionnelle sud-africaine et ses codes. J’ai eu l’idée au mois de mai 2016 de créer un réseau professionnel. Je me suis dit que ce serait plus facile de faire venir des intervenants dans le cadre d’un groupe organisé pour nous donner leur point de vue et des conseils. J’ai partagé cette idée sur le forum facebook « Les amis de Joburg » pour savoir qui était intéressé par la création d’un tel réseau et en deux jours j’ai reçu 100 commentaires positifs. C’était plutôt satisfaisant de se rendre compte qu’il y avait un réel besoin. La première réunion s’est tenue en juin 2016 avec une vingtaine de femmes qui ont partagé leurs sujets de préoccupation, les thèmes qu’elles souhaitaient voir traiter et aussi comment nous voulions que ce réseau prenne forme. Nous nous sommes mises d’accord sur un format de deux évènements mensuels autour d’un ou une intervenante francophone ou anglophone intégré(e) dans le réseau sud-africain pour nous expliquer les « do’s et dont’s » des entreprises, mieux comprendre l’environnement et le marché du travail sud-africain ou alors pour nous aider à réfléchir sur notre trajectoire professionnelle et sur des formations à suivre éventuellement pendant notre séjour à ici. Cette année l’équipe de Work In The City (WITC) s’est étoffée et le bureau compte parmi ses membres : Delphine Daversin Vice-Présidente, Noelle Garcin Trésorière et Patricia Yumba Secrétaire.

 

Vos ambitions, les défis que vous avez rencontrés et comment vous les avez surmontés ?

Le défi ? C’était de trouver une solution lorsque j’ai constaté que le milieu universitaire était bloqué. Il était clair que ça n’était pas la peine d’explorer un chemin qui, de toute façon, avait peu de chance de donner des effets positifs. Par ailleurs étant installée pour 3 à 5 ans, je souhaitais trouver une solution assez rapidement. WITC m’a très vite occupée. C’est une activité bénévole qui m’a permis de faire des tas de rencontres intéressantes et de tisser des liens avec des réseaux professionnels dynamiques comme Lionesses of Africa. J’ai aussi eu la satisfaction de voir que certains membres avaient trouvé du boulot ou d’avoir des retours positifs de femmes qui me disaient que le réseau les avait aidées à réfléchir et à rebondir. Nous essayons de rester dans des dynamiques positives même si, parfois, le chemin est long et parfois décourageant. C’est un lieu où porter des interrogations, échanger des expériences et partager des conseils et qui permet de trouver des réponses…. Et ça fait du bien !

 

Quels conseils donneriez-vous à des femmes nouvellement arrivées ou qui souhaitent se lancer dans la vie active en Afrique du Sud ?

Venez à la prochaine rencontre de Work In The City pour que nous en parlions ! Il faut rencontrer des gens et se créer un réseau, notamment des réseaux sud-africains avec qui vous avez des affinités.

Comme le dit Sheryl Sanderberg dans son livre « Lean in », il faut y aller ! Nous faisons partie d’une génération où il faut oser, il faut entreprendre. Même si ça n’est pas tout à fait ce qu’on voulait faire, il faut se dire qu’on a essayé et exploré toutes les pistes. Et puis on aura des choses à raconter à notre retour et c’est un enrichississement professionnellement et personnellement. D’autre part, il faut préparer un minimum son retour ou sa nouvelle expatriation avec des expériences à mettre sur son CV.

Trouver un travail n’est pas forcément une obligation financière pour certains foyers, c’est une façon intéressante d’aborder un pays quand on est en expatriation, pour mieux comprendre les problématiques et comment le pays fonctionne. C’est aussi un moyen de trouver un équilibre personnel et familial. Pour les femmes aujourd’hui l’identité professionnelle est un élément important de leur équilibre personnel. WITC est une réponse à ça, il y a aussi l’association des ingénieurs et scientifiques de France. Et puis si l’anglais n’est pas votre forte, allez au British Council pour améliorer votre niveau. L’idée est de trouver son propre projet, intégrer une entreprise, gérer une transition ou bien démarrer un nouveau projet. Sortez, allez voir les autres, discutez et échanger c’est une bonne façon de cerner son projet.

 

Work In The City JHB

Consultez la page facebook et rejoignez WITC 

 

 

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