Édition Johannesburg

INTERVIEW – Eléonore Godfroy : « The Giant Match, l’aboutissement d’un échange culturel »

Écrit par Lepetitjournal Johannesbourg
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 13 novembre 2012

Eléonore Godfroy est en charge de la communication de l'Institut Français en Afrique du Sud (IFAS). Impliquée dans le « Projet des Géants » (The Giant Match),  Eléonore revient sur l'origine du projet, le rôle de l'IFAS dans son élaboration et sur son enthousiasme quant à sa réalisation

Eléonore Godfroy de l'IFAS (crédit photo : David Courbet)

Lepetitjournal.com : Quel est votre parcours jusqu'à l'IFAS ?
Eléonore Godfroy :
J'ai fait une école de commerce à Paris, puis des stages à l'étranger en entreprise, notamment à Londres et à New York. J'ai été embauchée par Christie's à Londres avant de travailler dans une boîte média. J'ai ensuite repris mes études dans le management de l'industrie culturelle et géré un théâtre à Londres. Enfin cela fait 2 ans que je suis à l'Institut Français d'Afrique du Sud.

Quel est le rôle de l'IFAS et quel est sa différence avec l'Alliance Française ?
L'IFAS est une agence de l'Ambassade de France en Afrique du Sud et Afrique Australe, qui regroupe des départements culture et des départements recherche. Le but principal de l'Alliance Française est d'enseigner le français, auquel elle ajoute un volet culturel pour attirer du public. Le but de l'IFAS est davantage de promouvoir et d'amener la francophonie en Afrique du Sud, sans négliger l'aspect recherche en sciences humaines et sciences sociales ainsi que le développement de partenariats locaux. Si l'on veut résumer, alors que l'Alliance est un organisme privé qui reçoit des subventions du ministère des Affaires étrangères, l'IFAS dépend directement de l'Etat Français.

Justement dans cet objectif d'amener la francophonie en Afrique du Sud, comment s'insère le projet des géants (The Giant Match) ?
« The Giant Match », c'est avant tout un échange culturel prônant la diversité et permettant le transfert de compétence. A travers une coopération d'artistes français, francophones, sud-africains et d'autres horizons, il s'agit de favoriser la culture urbaine par des créations contemporaines. Il s'agit d'un projet qui demande énormément de ressources humaines : il englobe la création de 28 marionnettes et d'une douzaine de masques et objets mais également l'invention d'une pièce de théâtre autour de « Roméo et Juliette » adapté à l'Afrique du Sud.

Et donc comment la pièce de Shakespeare s'adapte à l'Afrique du Sud ?
Les artistes ont identifié la personnalité de chacune des marionnettes, la structure des familles, les différents symboles adaptables pour représenter au mieux la Nation arc-en-ciel. Ensuite, l'introduction du football permet de s'adapter au contexte tout en allégeant le côté dramatique de la pièce pour tous les publics. La première du spectacle a eu lieu le 20 juin à Joubert Park, et également à Soweto pour l'ouverture de la Coupe du Monde des enfants organisée par le Lycée Français. Puis les marionnettes se produiront au Festival National des Arts à Grahamstown ainsi qu'à Knysna avant de revenir dans le Gauteng.

Quel est votre rôle dans ce projet ?


Je suis en charge de la communication autour du projet : informer les journalistes des événements, en faire la publicité et assurer sa diffusion dans les médias mais aussi au public par le biais de brochures ou de cartes postales notamment.

Les artistes sont à l'oeuvre ! (photo David Courbet)

Comment les Grandes personnes, à l'origine des marionnettes, et l'IFAS se rencontrent ?
Il y a deux ans, un projet similaire avait déjà été mis en place à Orange Farm. Les Grandes Personnes et son directeur Christophe Evette avaient permis à cette communauté de se familiariser avec des marionnettes qu'ils avaient élaborées. Le projet a été un succès, et il a même perduré avec le départ des Grandes Personnes puisque la communauté a créé un comité et ont continué à se produire en spectacle. Se retrouver autour de la Coupe du Monde n'était qu'un prétexte : nous voulions créer un spectacle à plus grande échelle, faire en sorte que les marionnettes prennent forme et vivent ici en Afrique du Sud, et qu'après l'événement, le spectacle perdure.

Et d'un point de vue personnel, qu'est ce que ce projet vous a apporté ?
Je suis impliquée depuis 2008 sur le projet, et je commence à apercevoir le début des répercussions et de l'enthousiasme populaire. J'ai vraiment hâte de voir quelles seront les retombées du projet des réactions du public et en terme d'expérience humaine. C'est un projet qui nous a demandé énormément d'énergie et de détermination, et je suis heureuse de le voir aboutir et s'épanouir aujourd'hui.

 

Propos recueillis par Alexandre Capron et David Courbet ? (www.lepetitjournal.com/johannesbourg.html) ? mercredi 23 juin 2010

lepetitjournal.com johannesbourg
Publié le 22 juin 2010, mis à jour le 13 novembre 2012

Flash infos