Refi Kunaefi, la génération "Millenial" indonésienne en marche

Par Valérie Pivon | Publié le 21/03/2022 à 21:30 | Mis à jour le 04/04/2022 à 05:07
Refi Kunaefi en présentation chez Akuo Energy

Refi Kunaefi est indonésien originaire de Lampung. Après des études d’ingénieur à l’université Indonesia à Jakarta, une expérience au Qatar et en Indonésie pour une société pétrolière, Refi reprend ses études et poursuit sa formation à l’école des Mines à Nantes. Depuis son retour en Indonésie en 2013, il travaille pour Akuo Energy Indonesia, une filiale du groupe français Akuo, spécialisée dans les énergies renouvelables et en est le directeur depuis 2018. Refi est également le tout nouveau président de Ikatan Alumi Prancis Indonesia (IAPI), association qui regroupe les étudiants indonésiens qui ont étudié ou vécu en France. Rencontre avec un homme de la génération des « millénial ». Accrochez-vous, cela déménage !

 

Un parcours d’ingénieur et une spécialisation dans les énergies renouvelables

Après une formation d’ingénieur à l’université Indonesia à Jakarta, deux années d'expérience dans le domaine pétrolier, Refi postule pour une bourse d’étude en France sponsorisée par le groupe Total. Il intègre l’Ecole des Mines à Nantes, il effectue son stage de fin d’études au sein d'Akuo Energy, société française spécialisée dans les énergies renouvelables. A l’issue de ce stage, on lui propose un poste de responsable de projet à Bali. « C’était en 2013, je me suis dit qu’il y aurait de nombreuses opportunités dans le domaine du renouvelable en Indonésie. La crise pétrolière n’était pas encore passée par là, mais j’ai vu juste ».

 

Akuo Energy, entreprise privée française spécialisée dans les énergies renouvelables, est présente en Indonésie depuis 2012; basée initialement à Bali car l’entreprise s’oriente dans l’accès en électricité de la partie est de l’Indonésie. « Il y a encore environ 10.000 villages qui n’ont pas ou peu d’accès à l’électricité en Indonésie. Cela représente 2 millions de personnes. Nous installons des panneaux solaires dans ces régions difficiles d’accès. Le soleil est une matière première gratuite, nos systèmes de transformation en énergie nous permettent de revendre l’électricité à un coût intéressant à PLN. Nous travaillons également avec le secteur industriel en Indonésie et leur apportons des solutions pour mettre en place des installations en énergie renouvelable sur leur site » nous explique Refi.

 

Avec sa double connaissance de l’environnement indonésien et de la culture d’entreprise française, c’est tout naturellement que Refi devient le directeur de la filiale Akuo Energy Indonésie en 2018. « Depuis 2017, la société s’est développée et a un bureau à Jakarta. Nous avons développé Akuo sur l’ensemble du territoire indonésien à l'aide de partenariats avec des sociétés locales et étrangères. Le centre de décisions, les ministères sont à Jakarta, nous nous devions d’être présents ici. Nous avons principalement des sites et des projets éoliens sur Sumatra et Java, du solaire sur Kalimantan et de nombreux autres projets sur l’archipel. Certes, l’Indonésie possède de nombreuses centrales à charbon, mais elle s’est engagée à ce qu’en 2060, celles-ci s’arrêtent. Il est difficile de les arrêter avant, car il y a des investissements sur 30 ans qui sont engagés. Mais l’Indonésie s’est engagée à l’horizon 2025 à passer à 23 % de production énergétique en renouvelable. Le gouvernement accélère la transition ».

 

Akuo Energy compte aujourd’hui 25 employés et les trois quarts sont des ingénieurs. Si à ses débuts la société avait envoyé un expatrié français pour lancer le bureau, la société en 2022 est gérée à 100% par des indonésiens et de cela, Refi en est fier. « Il y a eu un transfert de compétences, une confiance installée et, il est vrai, une génération « millenial » qui a soif d’entreprendre et de prouver ce qu’elle peut faire ».

 

Refi est le nouveau président de l’association des alumni indonésiens

Refi est un homme plein d’énergie, il vient également de reprendre la présidence de l’association des alumni indonésiens ayant étudié ou vécu en France. Environ 500 Indonésiens partent étudier en France chaque année, ce qui en fait une communauté importante. L’association IAPI (Ikatan Alumni Prancis Indonesia) a été fondée pour les aider à faire leur réseau et échanger sur leurs expériences. Les membres sont un lien important entre la communauté d’affaires indonésiennes et françaises.

 

Refi nous explique que pour communiquer ici en Indonésie, rien ne vaut d’avoir le numéro Whats’App de son interlocuteur, particulièrement lorsque l’on travaille avec les ministères. Il avoue aller dans les bureaux avec son ordinateur et attendre de voir passer une personne afin de lui demander un rendez-vous. Il s’est aperçu que certains gouverneurs ou décideurs ont étudié en France ou y ont vécu. Ce lien commun avec la France est indéniablement une clé d’entrée pour lui.

 

« Nous venons de reprendre la direction de l'IAPI avec d’autres anciens étudiants. Nous devons utiliser nos compétences, nos forces et nos réseaux communs. Cela nécessite donc de réorganiser l’association et c’est à quoi nous travaillons avec d’autres alumni.  Nous travaillons sur une base de données, un site et prévoyons des rencontres en physique prochainement

 

De ces deux années en France, trois choses qui ont marqué Refi

Refi a vécu deux ans à Nantes lors de ses études à l’Ecole des Mines et séjourne régulièrement pour le travail en France. Lorsqu’il arrive à Nantes avec son épouse en 2011, Refi découvre la sécurité sociale pour tous et la mutuelle. « Le BPJS, équivalent de la sécurité sociale si on veut, n’existait pas encore en Indonésie. Sa mise en place date de 2014. Ce système d’assurance sociale fut pour moi une découverte et je l’ai vu comme une réelle avancée. Tout comme le suivi de la grossesse de mon épouse, nous avons rencontré une super prise en charge, une écoute et une bienveillance. Un premier enfant loin de chez soi aurait pu faire peur à mon épouse, mais au contraire nous avons trouvé la maison de la naissance extraordinaire. D’ailleurs, on se dit avec mon épouse que ce serait bien de développer ce concept en Indonésie. Et la troisième chose extraordinaire pour moi, c’est le transport ! Pas besoin de voiture, de gojek… On marche sur les trottoirs, on prend les transports en commun, un vrai plaisir ».

 

Valerie Pivon

Valérie Pivon

Responsable éditoriale, expatriée depuis 16 ans en Indonésie, guide au musée national de Jakarta. C'est avec plaisir que je partage avec les lecteurs du Petitjournal.com ma passion pour l'archipel indonésien.
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