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Loris Arnaud, profession : footballeur expatrié

Par Valérie Pivon | Publié le 27/10/2019 à 23:30 | Mis à jour le 04/11/2019 à 10:37
Loris Arnaud foot PSG Bogor indonésie

Le foot en Indonésie ce n’est pas un vain mot, c’est même le sport national. De nombreux étrangers évoluent au sein des clubs de la liga satu. Nous avons rencontré Loris Arnaud, footballeur professionnel qui évolue au sein du club de Bogor Tira Persikabo. Nous sommes revenus sur son parcours depuis sa sélection en 2005 au centre de formation du Paris Saint-Germain et son arrivée en Indonésie en 2018.

Comme de nombreux enfants, Loris est tombé très tôt dans la marmite du foot. C’est son père qui l’emmène au stade à 5 ans et c’est au club local de Chatou dans les Yvelines qu’il débute le foot. Loris est repéré rapidement par des centres de formation, mais il préfère attendre. Et le rêve se réalise pour ses 12 ans, il intègre le centre de formation du célèbre Paris Saint-Germain : en sport études jusqu'à ses 15 ans et ensuite le centre de formation jusqu'à ses 20 ans. Il intègre l’équipe professionnelle en 2007 : « Un rêve se réalise » nous explique-t-il. Il se souvient bien évidement de sa première prestation officielle avec le PSG : « C’était en 2007, j’étais remplaçant et je suis rentré les vingt dernières minutes du match Lens/PSG, on a fait match nul. Mon premier match comme titulaire fut contre Metz, là aussi match nul ».  En 2008, le PSG remporte la coupe de la Ligue, le plus beau souvenir de Loris : « remporter ce championnat avec le club de mon cœur fut extraordinaire ». À la question « avec quel meilleur joueur a-t-il joué ? », Loris répond : « sans aucun doute Pedro Miguel Pauleta, un grand attaquant » et le meilleur joueur contre lequel il a dû jouer ? «  Mamoudou Niang qui jouait à l’Olympique de Marseille ». Loris continue sa carrière à Clermont-Ferrand puis Anger, où il sera prêté pendant deux ans par le PSG. Retour au club de son cœur, mais il s’aperçoit qu’il a besoin de relancer son jeu, il part un an en Bulgarie au Chernomoretz Burgas et revient deux années jouer à Orléans.

Départ pour l’Asie, premier stop : le Vietnam 

Conscient de la concurrence sur le terrain et alors que peu de perspectives s’offrent à lui, il décide de voir le monde et tente sa chance en Asie. Direction le Vietnam, à Hanoi, où il intégre le FC Hanoi. Un temps d’adaptation est nécessaire, les joueurs ne parlent pas anglais, il y a un traducteur pour les entrainements et le jeu est bien différent. « Tout simplement, les Vietnamiens ne sont pas très grands, ce qui change par rapport à l’Europe. Mais ils compensent le physique par la rapidité.» Loris joue pendant deux années pour le FC Hanoi, il remporte avec le club la  « V league », équivalent du championnat de ligue 1. Pour Loris, le Vietnam est un pays agréable, la vie y est facile, mais jouer avec les Vietnamiens par contre c’est un peu plus compliqué : « les joueurs étrangers ne sont pas toujours bien acceptés dans l’équipe, il faut sans cesse justifier nos capacités et surtout nos salaires. » Fin de contrat en 2018, une opportunité s’offre à lui en Indonésie.

L’Indonésie et la Ligua Satu

Direction Surabaya, où Loris joue pendant une année avec le club de Lamongan Persela en Ligua Satu, l’équivalent de la ligue 1 en Europe. Depuis 2019, Loris évolue au sein de l’équipe de Bogor Tira Persikabo. Il a fait le choix de s’installer à Jakarta car pour cette saison son épouse Wyssem et ses deux petits garçons l’ont suivi dans son aventure. « J’ai fait le choix de Jakarta car mes enfants sont scolarisés au lycée français. Comme beaucoup d’expatriés, je fais les allers retours pour me rendre aux entrainements ».

La première adaptation pour Loris fut la chaleur indonésienne, les entrainements se font très tôt le matin ou en fin d’après-midi. L’accueil incroyable de la part de ses collègues indonésiens est une des choses qu’il tient à mettre en valeur. Trois autres étrangers jouent également au sein du club Tira Persikabo, comme le permet la législation indonésienne : un brésilien, un camerounais, et une personne venant du Tadjikistan. « Les joueurs ici sont plus physiques, plus grands qu’au Vietnam, il y a vraiment un jeu d’équipe qui fait la différence » nous explique Loris. « Le niveau de la Ligua Satu correspond à un niveau ligue 2 en France. Il y a vraiment une énergie entre les joueurs et une vraie passion du foot. »  La ligua Satu est encore jeune, elle n’existe que depuis 10 ans. « Le taux de remplissage des stades de foot est incroyable, l’investissement en formation n’est pas encore à la hauteur. Les centres de formation où les jeunes apprennent la technique et les règles n’existent pas, ce qui explique en partie le nombre important de cartons rouges pendant les matchs ».

Le club de Loris est cette année 4ème du championnat de la Ligua Satu qui se joue entre 18 clubs. Le Bali United tient la première place, suivi  du Club de Madura, puis celui de Bornéo. Le club de Jakarta Persija, tenant du titre 2018, se voit actuellement relégué en 13ème position. Il reste encore une vingtaine de matchs avant la trêve du 22 décembre. Loris espère que son club terminera en 3ème position, il était l’an dernier 15ème du championnat. « Ce sera de toute façon une belle réussite pour l’équipe ».

Loris a 32 ans, on lui a demande s’il pense à l’avenir : « mon contrat se termine en décembre, je suis en négociation pour le prolonger. J’espère pouvoir jouer encore un peu et ensuite très certainement rester dans le milieu sportif, mais pas forcément celui du foot. Rien n’est encore défini ».

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Valerie Pivon

Valérie Pivon

Expatriée depuis plus de 20 ans en Asie dont 14 ans en Indonésie, guide au musée national de Jakarta. C'est avec plaisir que je partage avec les lecteurs du Petitjournal.com ma passion pour l'archipel indonésien.
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