Mercredi 30 septembre 2020

L'humeur et les coups de coeur d'ici et d'ailleurs

Par Lepetitjournal Singapour | Publié le 22/06/2020 à 22:30 | Mis à jour le 22/06/2020 à 22:30
indonésie covid19

Depuis le début du confinement, l’édition locale Lepetitjournal.com de Singapour donne la parole à ses lecteurs confinés. Jour #58, l’édition prend des nouvelles de sa voisine Jakarta grâce au témoignage de Valérie Pivon, co-responsable de l'édition Lepetitjournal.com/jakarta qui habite la ville depuis 14 ans et l'Asie depuis 25 ans.

 

Quelle est la situation aujourd'hui à Jakarta et en Indonésie ?


A Jakarta et en Indonésie, la communauté francophone s’est auto-confinée à la fermeture du lycée français le 16 mars. Par la suite, le gouverneur de Jakarta a décidé de mettre en place ce que l’on appelle ici "les mesures de distanciations sociales" : les centres commerciaux, restaurants, bureaux et entreprises non essentielles ont fermé. Le télétravail est devenu la norme pour beaucoup de sociétés.
Jakarta est une mégalopole de 30 millions d’habitants, 50% de la population vit de l’économie informelle, imposer un confinement total n’est ici pas possible et n’a tout simplement pas de sens. Ces mesures s’appliquent dans tout l’archipel indonésien. À Jakarta, les centres commerciaux et les bureaux doivent ré-ouvrir le 15 juin, petit-à-petit on va passer dans un système que le gouvernement appelle la “nouvelle normalité” avec respect des gestes barrières et dépistages dans les entreprises.
À ce jour, les frontières de l’Indonésie sont fermées, nous n’avons aucune information concernant une réouverture du pays. Le nombre de cas officiels de personnes décédées du Covid-19 est de 2.200, certainement sous-estimé selon les experts, mais on est loin de la catastrophe annoncée d’il y a deux mois.

 

Quels sont les impacts de cette crise sur la communauté francophone ?

A Jakarta, la situation sanitaire n’a rien avoir avec celle de Singapour, beaucoup de familles françaises et de compagnies ont fait le choix de rapatrier leur personnel en France. Environ 30% des Français résidents ont quitté le pays. Comme partout, de nombreux secteurs sont touchés : le tourisme, l’hôtellerie, la restauration, une île comme Bali qui vit principalement de cette économie est très impactée. Les secteurs du transport, de l’aéronautique, de l’automobile sont plus touchés par la crise, mais après trois mois d’inactivité ou de baisse d’activité, tous les secteurs même ceux qui s’en sortent le mieux sont impactés.
Concernant l’Edition du petitjournal.com de Jakarta, nous avons eu énormément de travail fin mars et avril, obtenir des informations sur la situation du pays était un peu compliqué, de nombreux touristes ont vu leurs vols annulés par les compagnies aériennes. Nous avons travaillé sur des points d’information mis à jour régulièrement. Ce fut un travail lourd, mais au vu du nombre de vues que nous avons réalisé, nous avons répondu aux attentes de nos lecteurs. Nous continuons de faire des interviews par téléphone, car nous avons un réseau et des contacts bien développés désormais. Une partie de la petite équipe de la rédaction est rentrée en France, nous organisons nos plannings à travers des réunions zoom hebdomadaires. C'est l'occasion de prendre des nouvelles de chacune (eh oui, on est une équipe très féminine), de trouver des idées d'articles, mettre en commun nos contacts et de sentir le pouls de la ville et de la communauté francophone.

 

Avez-vous vu émerger des actes de solidarité dans la communauté francophone ou d'expatriés depuis le début de la crise ?

Le gouvernement a bien sûr lancé un programme d’aide aux plus démunis, la communauté indonésienne s’est aussi organisée. Cette pandémie est arrivée en plein ramadan, une période où l’entraide est au centre de ce mois particulier. Des distributions de vivres ont été organisées et le sont toujours. La communauté francophone a elle aussi participé à cette solidarité tout simplement pour certains en cuisinant des repas pour les plus pauvres qu’ils vont distribuer, d’autres ont organisé dans leur quartier des distributions de produits de première nécessité avec les responsables de quartier, qui sont très efficaces. D’autres ont organisé des collectes Facebook… les initiatives sont nombreuses.
Cf notre article : Jakarta au temps du coronavirus – La solidarité francophone en images 

 

Une fois que nous pourrons à nouveau voyager, pourquoi devrions-nous venir à Jakarta et visiter l'Indonésie ?

L’Indonésie c’est 17 000 îles… Visiter Jakarta n’est peut-être pas un incontournable, bien qu’avec le confinement, la diminution de la circulation, j’ai appris à redécouvrir ma ville.
On connaît bien sûr Bali qui est certes une île magnifique dès que l’on sort du sud et que l’on va un peu plus vers l’intérieur. Mais il y a tant à voir ici comme sur l’île de Java ; des paysages magnifiques, des temples du 10 et 11ème siècle, des volcans pour les amateurs d’aventures. Et pourquoi pas pousser plus loin : Lombok, Sumba…
Depuis que je vis en Indonésie j’ai beaucoup voyagé, chaque île est d’une richesse extraordinaire, mais parmi les plus belles images que j’ai en tête ce sont les îles Rajat Ampat où les récifs coralliens, les plages sont à couper le souffle.

 

Quel est le message que vous souhaiteriez passer aux lecteurs de lepetitjournal Singapour ?


Je viens souvent à Singapour, et je pense que l’Indonésie est très souvent méconnue par les résidents que je rencontre. Je les invite à venir découvrir ce pays fantastique qui regorge de destinations incroyables et rencontrer les indonésiens, leur sourire et gentillesse font partie des plus de ce pays.
J’invite vos lecteurs à lire l’édition de Jakarta du petitjournal.com où nous publions régulièrement des articles sur des destinations à découvrir en Indonésie, sur la culture et des portraits de nombreux Français ou Francophones installés dans l’archipel.
Je profite de votre page pour saluer mes amies guides des musées de Singapour, que j’ai hâte de revoir dans le « monde d’après » lors de notre prochain rapprochement culturel programmé dans votre ville.

Prenez soin de vous et restons unis et connectés !

 

Témoignage publié sur la page Facebook de l’édition Lepetitjournal.com de Singapour le 3 juin 2020.

 

Nous vous recommandons

0 Commentaire (s)Réagir