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Quand le cinéma d’horreur indonésien pose ses caméras en Alsace

À première vue, il peut paraître difficile de trouver une connexion entre le cinéma d’horreur indonésien et l’Alsace, région du nord-est de la France, mais pourtant elle existe bien. Le trait d’union entre ces deux mondes n’est autre que le prodige du cinéma d’horreur indonésien, Joko Anwar. Ce dernier a en effet tourné en Alsace et en alsacien, le début du troisième volet de Pengabdi Setan (Les serviteurs de Satan) son immense succès dont le premier opus est sorti en 2017. On vous dit tout sur le tournage étonnant de ce film, qui met en lumière la relation culturelle solide qui unit la France et l’Indonésie.

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L'affiche du dernier film de Joko Anwar qui devrait sortir en 2027
Écrit par Lepetitjournal Jakarta
Publié le 18 septembre 2026, mis à jour le 22 septembre 2026

Joko Anwar, l’un des cinéastes les plus influents du 7e art indonésien 

Formidable scénariste et réalisateur, Joko Anwar s’est imposé comme une figure incontournable du cinéma de l'archipel dont la renommée dépasse largement les frontières indonésiennes. Né en 1976 à Medan, dans le nord de Sumatra, il débute comme journaliste et critique de cinéma avant de passer à l’écriture puis à la réalisation. Il s’impose notamment dans le thriller, le fantastique et l’horreur, qu’il utilise souvent pour explorer les peurs, les inégalités et les tensions de la société indonésienne.

Parmi ses films : Perempuan Tanah Jahanam (Impetigore, 2019), Gundala (2019), adaptation d’un célèbre super-héros indonésien et Siksa Kubur (Grave Torture, 2024). Son cinéma se caractérise par des atmosphères très travaillées, une forte identité visuelle et un mélange de références au folklore indonésien et au cinéma de genre international.

Satan’s Slaves, une saga à l’énigme glaçante et au succès immense en Indonésie. 

Dans Pengabdi Setan (Satan’s Slaves), une famille vivant dans une maison isolée traverse une période difficile après la longue maladie puis la mort de la mère, ancienne chanteuse autrefois célèbre. Peu après son décès, des événements étranges se produisent : bruits inexpliqués, apparitions et présence inquiétante autour de la maison. Les quatre enfants découvrent progressivement que leur mère avait conclu un mystérieux pacte avec une secte satanique pour pouvoir avoir des enfants.

Ce premier volet a rencontré un succès retentissant en Indonésie en 2017 avec 4,2 millions d’entrées. Il a aussi raflé de nombreux prix lors des Citra Awards (l’équivalent indonésien de nos César) tout en enregistrant de belles recettes à l'international, notamment en Malaisie et à Hong Kong. En 2022, Joko Anwar réalise la suite de Satan’s Slaves. Dans Satan’s Slaves 2: Communion (2022), la famille survivante du premier film s’est réfugiée dans un immense immeuble de logements sociaux à Jakarta, espérant y trouver davantage de sécurité. Mais après une violente tempête, les habitants se retrouvent isolés tandis que morts mystérieuses et phénomènes surnaturels se multiplient. Rini et ses frères découvrent alors que les forces qui les poursuivent sont loin d’en avoir fini avec eux.

Un décor alsacien au coeur de l’intrigue du 3e volet de Satan’s Slaves

Dix ans après la sortie du premier opus, et cinq ans après la sortie du deuxième volet, la suite tant attendue, Satan’s Slaves: Origin, a été en partie tournée… à quelques kilomètres de Strasbourg. L’équipe de tournage a pris ses quartiers en Alsace pendant une petite semaine début septembre. La suite sera produite en Indonésie notamment autour d'un phare de la côte sud de Java. Tous les intervenants ont salué la gentillesse et la simplicité de Joko Anwar malgré l’immensité de son parcours.

Dans ce troisième opus, Joko Anwar souhaite retracer les origines du fameux pacte avec le diable relaté dans le 1er film et pour cela, le décor alsacien est apparu comme indispensable. Comme l'explique le producteur exécutif Paviel Raymont au quotidien  Les Dernières Nouvelles d’Alsace (DNA) : “On repart de l'événement qui s’est passé en 1518 à Strasbourg, cette épidémie de danse, et comme c’est un film fantastique, il (Joko Anwar) imagine qu’une entité est responsable de ça et va a d'autres moments de l’histoire provoquer des événements similaires.”

En effet, une partie du récit se situe dans l’Alsace du XVIe siècle avec comme fond de narration, l'étrange épidémie de danse qui frappa Strasbourg, où une centaine de personnes se seraient mises à danser frénétiquement, sans interruption et ce, jusqu'à l'épuisement.

Un tournage d’exception pour un réalisateur indonésien trait d’union entre la France et l’Indonésie

Ce sont près de 28 personnes venues directement d’’Indonésie et 50 techniciens et acteurs locaux qui sont impliqués dans ce tournage exceptionnel réalisé en alsacien avec également des comédiens alsaciens.

Philippe Ohrel, un des comédiens concernés, a ainsi confié aux DNA“ C’était extraordinaire car il fallait entrer dans une époque, pas juste prendre un accent et vraiment avoir quelque chose de profond, de crédible et de cinématographique.” 

La suite du récit transposera l’intrigue dans Indonésie du XIXe siècle dont l'élément central serait un phare, offrant un contraste saisissant avec l'ambiance médiévale du prologue européen.

Prévu en salles pour 2027, le film s'annonce déjà comme un événement majeur. Une chose est sûre : Joko Anwar, fait chevalier de l'Ordre des Arts et des Lettres l'an dernier par Rachida Dati, confirme plus que jamais son rôle de formidable passeur culturel entre la France et l'Indonésie.

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