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Le nord de Lombok sous les décombres 

Par Joël Bronner | Publié le 14/08/2018 à 23:30 | Mis à jour le 16/08/2018 à 10:53
Photo : Nord de Lombok@Jöel Bronner
Lombok séisme Indonésie

Guérir et se reconstruire, c’est aussi ce qu’espèrent les habitants du nord de Lombok, la zone la plus touchée par le séisme.

A titre personnel, j’ai eu l’occasion de parcourir la route entre Mataram, plus grande ville de l’ile et le village de Tanjung. A Mataram, les dégâts sont essentiellement matériels et à ne pas y prendre garde, on pourrait presque ne pas s’apercevoir de l’immense balafre qui recouvre une façade du Golden Tulip Hotel qui a dû fermer ses portes, des dommages subis par l’hôpital municipal ou des morceaux de minarets qui se sont effondrés de l’imposante mosquée ‘Islamic Center’. 

Dès que les trois iles Gili sont visibles depuis la route côtière, il devient en revanche impossible de ne pas apercevoir les maisons et commerces effondrés qui se multiplient de part et d’autre du chemin de bitume. Concernant ces iles, les nombreux touristes progressivement évacués un peu plus tôt témoignaient unanimement de la destruction massive des logements sur place. Des visiteurs dont le transport jusqu’au centre de l’ile, a d’ailleurs très souvent donné lieu à des extorsions d’argent exorbitantes de la part de ceux qui ont préféré profiter de la situation que de penser aux conséquences sur l’image de l’ile touristique. A l’aéroport, sur ce point, les témoignages de colère étaient nombreux. 

 

Posko Gempa Bumi 

Mais revenons sur cette route du nord, où les ‘Posko Gempa Bumi’ fleurissent eux aussi, à mesure que les habitants cherchent à récolter des fonds de la part des automobilistes, des sortes de cartons à chaussure à la main. Ici la majorité des maisons s’est effondrée ou a été au moins gravement endommagée. Parmi les innombrables mosquées du secteur, presque toutes sont en piteux état, avec au moins un minaret ou un dôme qui git au sol.  

En s’enfonçant dans les terres, il n’est pas rare de voir des tas de tapis, de vaisselle ou de meubles divers devant ce qu’il reste des maisons, pour éviter d’autres destructions en cas de futures répliques. Associés aux militaires, les secouristes du Basarnas continuent de leur côté, plusieurs jours après le séisme à déblayer et fouiller des gravats. 

 

Sans toit pour combien de temps ? 

Sur place, les témoignages se font tous écho. Il était l’heure de la prière au moment des secousses. La panique a suivi et les gens ont couru. Un éventuel tsunami a été craint jusqu’à ce que l’alerte soit levée. Puis les premières victimes ont été découvertes. Un garçonnet dans cette maison-ci, un vieillard sous cet édifice-là. Il n’y a plus d‘électricité, il n’y a pas assez de médicaments. 

Au vu du nombre de constructions au sol, la question de la durée de cette crise du logement pour les habitants du nord de Lombok va rapidement se poser de manière criante. Un garçonnet sur les genoux, bapak Ahmad se plaint de la chaleur sous une tente du village de Tanjung, qui abrite des évacués comme lui. « Je n'ai absolument aucune idée de quand je pourrai retourner chez moi puisque tout, absolument tout s'est écroulé dans ma maison. » A quel horizon pourra-t-il y avoir un retour à la normale, c’est en effet la grande inconnue pour les habitants du nord de Lombok. 

                                                      

 

Joël Bronner

Joël Bronner

Après Islamabad puis Kaboul, Jakarta est la 3e ville où j’expérimente l’expatriation. Au paradis du macet, je suis notamment le correspondant de Radio France Internationale (RFI)
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