ENTREPRENDRE - Pierre Krings, l'infatigable businessman

Par Lepetitjournal Jakarta | Publié le 26/12/2016 à 21:00 | Mis à jour le 12/02/2020 à 01:26
Pierre Krings business man Jakarta indonesie

 

Vingt-sept ans en Indonésie et une envie intacte d'entreprendre, Pierre Krings a ouvert son premier magasin à Jakarta en 1993 parce qu'il ne trouvait pas de chaussures à son goût pour son mariage. Depuis, il en a inaugurés beaucoup d'autres à travers le pays et a revendu son activité florissante pour se consacrer aux vêtements et aux meubles. Linea, By the Sea, Elements c'est lui !

 

Comment êtes vous arrivé en Indonésie ?

J'étais basé à Hong-Kong et travaillais au développement de la marque Reebok sur la zone Asie. J'ai rencontré ma femme en Indonésie et ai tout naturellement décidé de m'installer à Jakarta. A l'époque, le marché de la chaussure de qualité à un prix abordable n'existait pas vraiment. On trouvait soit des grandes marques dans les magasins franchisés soit du bas de gamme sur les marchés. J'ai donc contacté des amis en Italie et ai décidé d'ouvrir un magasin multi-marques.

Quelles sont les clés de la réussite en Indonésie ?

J'ai toujours pensé que le statut d'outsider était une grande force. J'étais belge, je voulais vendre de la chaussure italienne et installer des magasins multi-marques dans les centres commerciaux. Tout le monde m'a dit « ça ne marchera jamais ». Si tu veux vendre des chaussures il faut t'installer dans le quartier des vendeurs de chaussures à Pasar Baru. J'avais pourtant l'intime conviction que ce qui me plaisait pourrait plaire à d'autres. Je ne me suis pas trompé, j'ai ouvert en tout une vingtaine de magasins sous le nom de Linéa et des magasins en franchise pour les marques Camper, Free Lance ou Palladium.  J'ai géré jusqu'à quatorze points de vente en même temps principalement à Jakarta, Surabaya et Bali. J'ai vendu jusqu'à 100 000 paires de chaussures par an. Tout d'abord de la chaussure italienne puis de l'espagnole et de la brésilienne en fonction de l'évolution du marché et de la créativité des fournisseurs. Depuis, Linéa a été revendu au groupe Mitra Adi Perkasa et je me consacre maintenant au développement de nouveaux projets tels que les magasins By the Sea et un partenariat avec le fabricant de meubles Elements. Pour réussir, il faut aussi savoir s'entourer. Le choix du partenaire local est primordial, tout comme la sélection et la formation de son personnel. Pour cela il faut être patient et être capable d'humilité. 

Quels sont les écueils à éviter ?

Dans mon métier le plus dur n'est pas de vendre mais d'acheter. Il faut être conscient qu'on n'achète pas pour soi. Il faut donc connaitre les goûts des clients et savoir anticiper les modes. C'est parfois compliqué surtout avec les collections européennes qui suivent les saisons. Pas la peine de préciser qu'on vend peu de bottes en Indonésie !

Etant donné le ralentissement de la croissance économique, pensez-vous qu'il soit toujours intéressant d'investir en Indonésie ? 

Contrairement aux pays voisins, il existe ici encore un grand nombre de domaines où le marché n'est pas saturé. Il reste des places à prendre car il y a plutôt moins de concurrence qu'ailleurs. Prenez la décoration et le meuble par exemple : la marque Elements propose une offre simple d'objets de qualité ayant un design épuré qui plaisent énormément et pourtant nous sommes presque les seuls dans notre gamme de prix. 

Pensez-vous prendre votre retraite prochainement ?

Ne rien faire est juste impossible pour moi et puis je trouve que c'est amusant de lancer de nouveaux projets, ce doit être mon côté joueur. Par exemple, ma femme est actuellement folle d'une marque de sacs à main qu'on ne trouve pas en Indonésie, je me suis renseigné et j'ai rencontré les fabricants. Je pense que ça pourrait marcher ici?

Lucie Pech (www.lepetitjournal.com/jakarta) Mardi 27 décembre 2016 

(première diffusion lundi 14 novembre 2016)

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