Exposition Geneviève Couteau - Hommage d'un fils à sa mère

Par Lucie Pech | Publié le 29/01/2018 à 23:15 | Mis à jour le 29/01/2018 à 23:15
Photo : ©Véronique O.
Geneviève Couteau-IFI-Exposition_Jakarta_Indonésie_Bali

L’Institut Français d'Indonésie a inauguré le 24 janvier dernier l’exposition intitulée "The Orient and Beyond" de l’artiste française Geneviève Couteau qui se tient à la Galerie Nationale de Jakarta. Son fils Jean Couteau qui vit à Bali depuis presque 30 ans rend pour la première fois hommage à sa mère, grande voyageuse, à la fois peintre et écrivaine.

Chroniqueur et critique d’art Jean Couteau est à l’initiative de cette exposition.
“Je n’ai jamais parlé du travail de ma mère qui vivait en Europe car nos rapports étaient très conflictuels. J’ai aujourd’hui le sentiment d’avoir une dette envers elle et qu’il est temps de montrer ses peintures. Même s'il est difficile pour moi d'être objectif je pense pouvoir dire qu'elle a fait des choses très intéressantes.” se justifie-t-il alors qu’il supervise l’accrochage des tableaux dans les salles de la Nasional Galeri avant le vernissage. 

L’exposition met en avant les oeuvres réalisées par Geneviève Couteau (1925-2013) pendant ou après ses séjours en Asie. Elle s’est tout d’abord rendue au Laos en 1968 à la demande du prince Souvannah Phouma pour peindre des portraits officiels. En pleine période de guerre, elle en profite pourtant pour voyager à travers tout le pays et est fascinée par les coutumes et la vie spirituelle des Laotiens.
Un peu plus tard, dans les années 70 elle se rend à plusieurs reprises à Bali et s’installe même quelques mois à Ubud avec son fils. 

Jean Couteau, commissaire de l’exposition au côté de Eddy Soetriyono, nous explique : “Les oeuvres présentées dans cette exposition sont à la fois réalistes et imaginaires mais elles ne sont jamais empreintes d’orientalisme. À la différence de beaucoup d’artistes de son temps, ma mère ne montre pas les corps des femmes comme des objets exotiques idéalisés. Elle refuse aussi les détails qui accentuent les différences culturelles. C’est pour cela que Geneviève Couteau a souvent peint des visages plutôt que des corps et des atmosphères à la fois réelles et rêvées. C’était une féministe avant l’heure en recherche d’universalité“. 

Universalité qui s’exprime dans ses toiles où des scènes de vie figuratives très balinaises telles que les combats de coqs ou le théâtre d’ombres ne sont volontairement pas recouvertes de couleurs chaudes mais de tons pastels bleus ou gris qui se rapprochent de l’art européen de l’époque. 

Geneviève Couteau_Exposition Jakarta _Bali_Indonésie
©Véronique O.

Pour Jean, ce mélange permanent d'universalité et d'expression plus intime montre à la fois le refus et l'acceptation des angoisses de l'artiste. Cette mère à qui il rend enfin hommage.

 Vous avez jusqu’au 14 février pour découvrir cette exposition unique des oeuvres de Geneviève Couteau qui proviennent toutes de collections privées.

Sur le même sujet
Lucie pech

Lucie Pech

De Casablanca à Jakarta en passant par Alger, Istanbul, Phnom Penh, Colombo ou Nairobi, l’expatriation est ma 2e nature. Passionnée de voyages et de rencontres. J'aime partager mes découvertes sur notre gigantesque et trépidante ville de Jakarta
0 Commentaire (s) Réagir
À lire sur votre édition locale
À lire sur votre édition internationale