Mardi 27 juillet 2021

PORTRAIT – La "dame française" du grand bazar d'Istanbul

Par Lepetitjournal Istanbul | Publié le 28/01/2011 à 00:00 | Mis à jour le 14/11/2012 à 10:22

Nous reproduisons ici cet article (écrit par nos soins) paru en décembre dernier dans la rubrique "Portrait d'expats", de l'édition internationale du www.lepetitjournal.com .


Florence Heilbronn, en Turquie depuis 27 ans, dirige avec succès son affaire de tapis dans ce temple du commerce qu'est le grand bazar d'Istanbul. Et pourtant, c'était loin d'être évident au départ, le grand bazar étant un monde à part, essentiellement masculin et avec ses propres règles de fonctionnement. Portrait

La "dame française", c'est ainsi qu'on l'appelle à Istanbul. Impossible, quand on a rencontré Florence, de ne pas s'y attacher, ne serait-ce que pour son parcours étonnant et exemplaire. Elle est arrivée en Turquie par amour, au début des années 1980. Pour apprendre la langue le plus rapidement possible, Florence multiplie les expériences professionnelles à Istanbul. Pendant 6 ans, elle travaille dans le textile, le cuir, les bijoux.

De ces années, elle retient qu'en Turquie, on embauche très vite mais l'on débauche tout aussi vite ! Quant à son statut d'étrangère, il a plutôt été un avantage : ?les Turcs,  qui à cette époque ne pouvaient sortir du territoire que tous les deux ans, admiraient tout ce qui venait d'Europe. Je n'ai eu aucune difficulté à être acceptée" nous raconte-elle.

?Après la naissance de mes enfants, j'ai eu besoin de la France?
En 1988, grâce à un petit héritage personnel, Florence a pu ouvrir un premier magasin de tapis dirigé par son époux. En plein boum du secteur du textile, le nouveau business de son conjoint (fabrication de vêtements en cuir) prend rapidement le dessus sur le commerce des tapis. Ce contexte favorable permet à Florence d'arrêter de travailler après la naissance de ses deux enfants.

Elle se rapproche alors de la communauté française et francophone d'Istanbul, après des années d'insertion totale dans la communauté turque. Florence fonde notamment l'association La Passerelle, dédiée aux couples mixtes franco-turcs. Elle dirige également l'association des parents d'élèves du lycée français. Elle intègrera plus tard le réseau des Conseillers du commerce extérieur de la France. Cet activisme dans la communauté française locale sera l'un des secrets de sa réussite future.

Seule commerçante étrangère au grand bazar
1998 est une année noire pour Florence. Les affaires périclitent du fait de la guerre du Golfe et son mariage se délite. Pour subsister, elle reprend seule les rênes du magasin de tapis et, à la force du poignet et de son identité française, arrive à s'imposer au grand bazar. ?L'image du marchand de tapis, ce n'est pas la mienne? nous dit-elle. "Je n'ai pas cédé à la technique du marchandage. C'est sûr, le fait d'être déjà connue dans la communauté française a été un avantage, mais j'ai pu capter la clientèle française grâce à une réputation d'honnêteté, de respect et d'efficacité. Aujourd'hui, si mes collègues voient arriver des touristes français, ils me les envoient?.

Seule femme au grand bazar à la tête d'un commerce de tapis, comment a-t-elle fait pour réussir dans un monde si masculin et étranger ? "Le secret, c'est de ne pas mettre en avant sa féminité. Il faut savoir garder les distances, ne pas jouer avec la sexualité. Et surtout ne pas essayer de devenir comme les Turcs. Il faut respecter leurs coutumes mais savoir garder son identité".

Brigitte di Benedetto (www.lepetitjournal.com) vendredi 28 janvier 2011
FLORENCE OGUTGEN-HEILBRONN
Magasin TRADITION, KURKÇULER CAD RUBI HAN N.11  QUARTIER DU CUIR GRAND BAZAR - ISTANBUL
Tél : 00.90.(0) 532.511.98.89
courriel : tradition@superonline.com, florence@superonline.com
florence.ogutgen@gmail.com

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