

Françoise Guégan est une jeune retraitée qui vit à Istanbul depuis quelques mois seulement. Elle est venue s'y installer pour trois ou quatre ans, avec son mari qui travaille à Izmit. Après des premières semaines un peu difficiles, elle profite aujourd'hui pleinement de sa retraite et de sa première expatriation en découvrant la ville d'Istanbul ; enchainant visites, cours de turc et autres activités.
Lepetitjournal.com d'Istanbul : Pouvez-vous vous présenter ?
Françoise Guégan chez elle à Kadiköy (photo MA) : Je suis arrivée à Istanbul en octobre dernier. Mon mari a été nommé à Izmit, à la direction d'Izgaz qui est une filiale de Gaz de France. On est venu tous les deux, sans nos enfants qui sont grands maintenant. C'est notre première expatriation, et ce sera surement la seule. Par contre, on a beaucoup bougé en France parce que mon mari était cadre mobile. Du Sud au Nord, on a fait le tour de France. C'est cela qui m'a permis de m'adapter et de m'intégrer très vite. J'ai été enseignante en maternelle, pendant presque 40 ans. J'adorais mon métier et je pense que si je n'étais pas partie, la rentrée dernière aurait été très difficile. Mais là j'ai tout de suite été accaparée par ma nouvelle vie alors ça s'est très bien passé. On était déjà venu à Istanbul, passer une semaine il y a quelques années. Mais ça n'a rien à voir avec le fait d'habiter ici. On s'est mis à la langue turque en suivant des cours intensifs le week-end. Ce n'est pas évident, mais on travaille.
Depuis quand connaissez-vous lepetitjournal.com ?
C'est Patricia Lissac, la responsable du quartier Asie à Istanbul Accueil qui m'en a parlé. Je lui demandais toujours des informations parce que j'avais une soif d'en savoir le maximum et d'optimiser mes années ici. Elle m'a conseillé de lire Le Petit Journal. Depuis, cela fait partie de mes habitudes. Je le lis tous les matins. Moi qui n'avais jamais le temps en France de lire le journal, entre mes enfants et mon travail, c'est aujourd'hui un de mes plaisirs de la retraite. Et c'est encore plus pratique sur internet.
Quels sont les articles qui vous intéressent le plus ?
Au début, ce qui m'accrochait le plus était tout ce qui pouvait m'informer sur la vie des Turcs, leurs caractéristiques, leur façon de vivre? J'ai adoré les chroniques d'une apprentie stambouliote. J'ai même enregistré certains passages qui correspondaient tellement à ce que je vivais ; et cela malgré la différence d'âge. Ça m'amusait beaucoup parce que tout ce que je rencontrais dans ma vie quotidienne, je le retrouvais dans Le Petit Journal. Je suis aussi très intéressée par les arts, et particulièrement par la peinture. Donc ça a été l'occasion de voir quelles expositions avaient lieu à Istanbul et de connaître les lieux. C'est en fait un bon lien entre la France et mon pays actuel, la Turquie.
A Istanbul, qu'aimez-vous le plus et le moins ?
J'aime beaucoup le quartier de Kadiköy où je vis et qui est très populaire. J'adore me fondre dans la foule, quand il y a plein de monde. J'ai vécu 25 ans à Paris, donc j'aime la grande ville. A Istanbul, je découvre une autre grande ville, encore plus grande que Paris. Et c'est en faisant la croisière sur le Bosphore que je me suis rendue compte de l'immensité d'Istanbul. Je pense que j'aurai du mal à en faire le tour. Concernant les côtés négatifs, je trouve que les gens sont toujours très pressés ici. A Paris aussi, mais ce n'est pas la même chose. Ici, ils ont envie de faire les choses très vite. Ça me surprend beaucoup. On court pour entrer dans le bateau, on court pour en sortir, on bouscule? Quelques fois ça m'énerve, d'autant plus que maintenant j'ai le temps. Mais cela n'enlève rien à la gentillesse des gens. Quand ma fille est venue nous rendre visite, on s'est perdu dans la rue. Les gens sortaient de leur commerce pour nous indiquer le chemin, ils traversaient avec nous pour nous montrer quel bus prendre, ils disaient au chauffeur à quel endroit on devait descendre? Ils sont adorables. Dans les restaurants, on est gâté. Dans les supermarchés, on essaie toujours de nous rendre service. Ils sont très hospitaliers, très serviables.
Quelle est votre adresse de restaurant préférée ?
J'ai découvert, il n'y a pas longtemps, le Misina Bal?k à Fenerbahçe. On a aussi été au Lacivert, au bord du Bosphore, pour l'anniversaire de ma fille. Mais c'était au mois d'octobre et le soir. Donc j'attends d'y retourner à la belle saison. J'aime bien Hamdi à Eminönü, également.
Quels sont vos loisirs à Istanbul ?
Déjà en France, en travaillant, j'avais des activités. Donc c'était évident que je devais en avoir ici. En plus en étant à la retraite, j'avais tout mon temps. J'ai cherché un cours de peinture et j'ai trouvé celui de Valérie Çelebi qui est très bien. Il n'y avait plus de place dans le groupe de Françaises, alors je suis avec des Anglaises. Donc en plus je revois mon anglais. Je fais aussi partie du club photo, animé par Jose Reina. Et puis je suis inscrite au cours de Pilates. Donc les activités ne manquent pas !
Que souhaiteriez-vous dire en conclusion ?
Au début, j'avais envie de rentrer très vite. C'était difficile de quitter famille et amis. La première fois que je suis revenue à Istanbul, après 15 jours en France, ça a été épouvantable. Je me suis dit que je ne m'y ferai pas. Je n'avais pas encore suffisamment de liens ici. Alors je me suis dit que je devais changer mon rythme et me mettre en tête que si j'étais ici c'était pour m'installer et prendre mes repères. Et à partir de là, les choses ont changé et maintenant tout va bien. Je retourne souvent en France, mais je sais très bien que je serai contente en revenant à Istanbul.
Margaux Agnès (www.lepetitjournal.com/istanbul) vendredi 11 mai 2012
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