

Le Petit journal.com d'Istanbul vous propose avec Sabine Buchmann du très poétique blog Couleurs d'Istanbul une nouvelle rubrique dénommée 1001 portraits. Sabine, qui vit en Turquie depuis plus de vingt ans, vous fera partager tous les 15 jours ses portraits de personnages ou d'autres sujets !
Didem Andaç Edman en plein sema (photo SB)
En 1983, élève à l'Académie des Beaux Arts de Mimar Sinan en section photographie, Didem Andaç Edman décide un jour de se rendre à la mevlevihane de Galata pour y voir cet esthétique rituel propre aux Mevlevis, le sema et surtout pour prendre quelques photos.
Mais le premier sema auquel elle assista fut pour elle si chargé d'émotion qu'elle en oublia presque de prendre ses photos et eu plutôt envie d'en savoir plus ! Didem était tombée dans le «tourbillon» du Sema, cette cérémonie vertigineuse des derviches tourneurs. Assidûment, elle commença à fréquenter le groupe des amoureux de Mevlana qui se réunit toutes les semaines pour apprendre le soufisme et méditer sur les paroles de leur chef spirituel, Celaleddin Roumi dit Mevlana.
Plusieurs mois plus tard, quand Hasan Dede, le cheikh de la Mevelvihane de Galata depuis 1981, admit des femmes dans le mutrib, le ch?ur et les musiciens dont les chants religieux précèdent toujours le sema, Didem entra dans le ch?ur.
La volonté d'apprendre le sema
Mais quelque chose lui manquait. Ne s'était-elle pas vue dans ses rêves exécuter le sema ? A c?ur vaillant rien d'impossible, elle confia au Dede son désir de devenir une semazen... Il ne la refusa pas et la forma lui-même à la gestuelle en même temps que son enseignement spirituel se poursuivait. "A l'époque de Mevlana, me dit Didem, des femmes semazen existaient, cependant elles ne se mêlaient pas aux hommes et s'adonnaient au sema entre elles."
Lorsque Didem entra pour la première fois dans le cercle des semazen, vêtue d'une robe bleu marine seul trois personnes connaissaient son apprentissage, mais aucun n'émit de réprobation dans le groupe. "Mais je n'ai jamais pensé que j'étais une femme, je ne revendiquais aucun droit en tant que telle. Pour la robe, j'ai simplement pris une des couleurs que nous avions déjà et que les hommes portaient avant. Rien ne nous oblige à être en blanc."
L'enseigner aux autres
Depuis une dizaine d'années c'est Didem qui enseigne la gestuelle aux apprenants. Elle explique que l'aspect physique est en corrélation avec le spirituel et souhaite que ne n'oublie pas que leur rituel est une prière, une transmission de prières à l'assemblée, une unisson : l'important est cette prière intérieure, assortie d'un grand travail sur soi-même pour «limer» son égo.
Depuis la fermeture de la mevlevihane de Galata pour restauration en 2007, le groupe se réunit tous les jeudi soir au centre culturel de Mevlana à Silivrikapi. Chacun est convié à y assister.
Didem nous précise aussi qu'ils ne se considèrent pas comme des derviches puisqu'ils ne vivent pas en communauté et ont des vies normales. Elle est photographe, un autre est tailleur, un troisième musicien et un quatrième pharmacien et? semazen.
Sabine Buchmann du blog Couleurs d'Istanbul pour le www.lepetitjournal.com Istanbul, mercredi 20 octobre 2010.
Si vous souhaitez voir les photos de Sema de Didem, rendez-vous sur Couleurs d'Istanbul en cliquant ici.
Le site du centre culturel de Mevlana à Silivrikapi est accessible ici.
Pour lire notre interview de Sabine Buchmann parue en juillet 2008, cliquez là !









































