Édition internationale

COLLECTION - Les éblouissants pianos (français) du Palais de Dolmabahçe

Écrit par Lepetitjournal Istanbul
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 30 juin 2015

Offerts au Palais de Dolmabahçe juste après sa cérémonie d'ouverture en 1856, 12 pianos représentatifs de l'ère de Tanzimat et de différentes factures font, encore aujourd'hui, la joie des visiteurs. Une partie de ces pianos est de fabrication française : Gaveau, Pleyel, Boulle, Herz et Erard. D'autres, comme le piano Steinway, proviennent du reste de l'Europe. Ils renvoient à une époque où l'Empire ottoman était très tourné vers l'Occident, sous l'influence des sultans réformateurs Mahmut II et Abdülmecid, de 1839 jusqu'au début du XXème siècle.

Interrogé par l'agence semi-officielle Anadolu (AA) sur les pianos et instruments de musique du Palais de Dolmabahçe, le guide des Palais Nationaux Osman Nihat Bişgin explique ceci : On peut observer toutes les caractéristiques architecturales de l'époque de Tanzimat au Palais de Dolmabahçe. Cette période d'européanisation et d'occidentalisation a aussi conduit la musique occidentale à occuper une place dans le Palais”.

On trouve par exemple, dans le kiosque de verre (camlı köşk) du Palais, un piano de cristal de fabrication française. L'instrument, créé par Gaveau à Paris, a une structure transparente qui permet d'observer ses mécanismes internes et dispose d'un tabouret, lui aussi réalisé en cristal.

Les salons Zülvecheyn et Süfera accueillent également des instruments français. Pour le premier, il s'agit d'un piano Pleyel dont les ornements répondent au plafond blanc, beige et plaqué or du lieu. Quant au second, c'est un piano Boulle - célèbre marqueterie du nom d'André-Charles Boulle apparue sous le règne de Louis XIV - qui trône entre deux colonnes massives.

Osman Nihat Bişgin dit à ce propos : En les observant, nous pouvons affirmer que ces pianos appartiennent à ces salles. Ceux des salons Zülvecheyn et Süfera ont été conçus et amenés au Palais, non pas pour y être joués, mais pour enrichir l'apparat et la décoration de ces pièces”. Cette harmonie parfaite entre chaque piano et la salle qui l'accueille participe à l'engouement des visiteurs pour l'intérieur du Palais de Dolmabahçe.

Osman Nihat Bişgin précise que, si ces deux pianos n'avaient qu'un intérêt esthétique, tous ceux placés dans le Harem ont eu une réelle utilité musicale, puisque les épouses des sultans apprenaient à en jouer, notamment durant les dernières années de l'Empire ottoman.

Dans le Palais de Dolmabahçe, beaucoup d'autres éléments architecturaux ou de mobilier proviennent de pays comme la France. Cet intérêt pour l'Occident a conduit les sultans de la fin du XIXème siècle à s'inspirer des châteaux et palais européens et à faire directement appel à des artistes et artisans allemands, tchèques ou italiens. Les Français, furent eux aussi très sollicités, et mirent leur savoir-faire à profit dans la fabrication de nombreux éléments du Palais. On y trouve notamment du cristal de Baccarat, de la porcelaine de Sèvres, des tapis français ainsi que divers éléments de mobilier et de décoration, supervisés par le designer français Charles Séchan, qui participa à la création de l'Opéra de Paris.

Alice Godefroid (www.lepetitjournal.com/istanbul) mardi 30 juin 2015

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Publié le 29 juin 2015, mis à jour le 30 juin 2015
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