Édition internationale

ATTENTAT – Facebook et Twitter : les raisons de leur ralentissement ?

Écrit par Lepetitjournal Istanbul
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 6 janvier 2018

Dans les heures suivant les attentats meurtriers d'Ankara samedi dernier, les utilisateurs de Twitter et Facebook en Turquie ont noté un fort ralentissement de ces deux réseaux sociaux, ce qui ne les a pas empêchés de manifester leur émotion sous les hashtags #KaraGün (Jour Noir), #Ankaradayız (Nous sommes à Ankara) ou #Yastayız (Nous sommes en deuil). De 7,3 millions de tweet quotidiens en moyenne la semaine précédant l'attaque, ce nombre a chuté à 3,8 millions le 10 octobre, jour de l'attentat, pour remonter à 6,6 millions le lendemain, selon des données de la compagnie Somera, spécialiste dans l'analyse de réseaux sociaux, citée par le quotidien Habertürk. Le compte @Policy de Twitter a d'ailleurs constaté ces ralentissements en publiant deux tweets, en turc et en anglais : "Les usagers en Turquie font état de difficultés d'accès à Twitter dans de nombreuses régions. Nous enquêtons et espérons bientôt le retour à la normale du service."  

Pour expliquer ce ralentissement, Habertürk formule l'hypothèse d'un "étranglement" expliqué par l'avocat et expert en réseaux sociaux Serhat Koç, interrogé par le quotidien ; "Les fournisseurs d'accès à internet disposent d'un certain nombre d'adresses IP propres à chaque site. La largeur des bandes passantes de ces adresses IP peut être réduite, pour des raisons politiques ou commerciales. Il n'existe pas de législation à ce sujet en Turquie. Les sociétés concernées (NDLR: Twitter, Facebook…) peuvent s'adresser à la justice". La réduction de la bande passante aurait "fermé les voies menant à l'autoroute de Twitter", affectant en retour le volume de données partagées. Dans ce cas, "le trafic est ralenti", souligne Barış Büyükakyol, membre de l'Association pour une information alternative, à Habertürk. Cette hypothèse d'un "étranglement", éventuellement pour des raisons politiques ou commerciales, n'a fait l'objet d'aucune confirmation officielle.

Le fort ralentissement des activités de ces réseaux sociaux a soulevé des accusations de censure à l'encontre du gouvernement, qui a déjà auparavant bloqué ou limité leur accès afin de limiter les publications, pour l'attentat de Suruç notamment.

Nolwenn Brossier (www.lepetitjournal.com/istanbul) mercredi 14 octobre 2015

Inscrivez-vous à notre newsletter gratuite !

Suivez nous sur Facebook et sur Twitter

lepetitjournal.com istanbul
Publié le 13 octobre 2015, mis à jour le 6 janvier 2018
Commentaires

Votre email ne sera jamais publié sur le site.

Flash infos