Pour palier le nombre croissant d'agressions contre les femmes, tous les véhicules du service de transports en commun de la province sud d'Adana seront désormais équipés de “boutons panique” (panik butonu en turc), rapporte l'Agence Anadolu.
La municipalité a également décidé que chaque conducteur devrait fournir un certificat médical prouvant qu'il ne consomme pas de drogues, ainsi qu'une série de tests d'éducation et de tests psycho-techniques. Tous les véhicules seront équipés de caméras de surveillance orientées vers les sièges du chauffeur et des passagers.
Le quotidien Hürriyet précise que le chef du bureau du procureur de la province a décidé de mettre en place cette mesure suite à l'assassinat de Özgecan Aslan à Mersin, qui avait bouleversé le pays en février dernier. La jeune fille de 20 ans avait été violée puis assassinée par un chauffeur de minibus alors qu'elle rentrait chez elle. Sa mort avait causé une vive émotion à travers le pays.
L'acte d'accusation des meurtriers présumés d'Özgecan Aslan a été présenté et accepté le 15 avril dernier par une cour pénale de Tarsus, au Sud de la Turquie, comme le rapportait l'agence Anadolu. Le procureur a réclamé une peine incompressible de prison à vie pour le principal suspect, pour son père ainsi qu'un ami, accusés d'avoir tué la jeune femme “de façon monstrueuse et humiliante”, “afin de dissimuler un crime ou afin de dissimuler les preuves d'un autre crime ou afin d'échapper à la justice” et pour “tentative d'agression sexuelle”, cite l'agence Anadolu. Leur procès a débuté le 12 juin dernier.
L'idée des “boutons panique“ n'est pas nouvelle en Turquie. En 2012, dans les provinces de Bursa et d'Adana, le ministère des Affaires familiales et sociales avait décidé d'en distribuer aux femmes pour lesquelles une cour avait émis un ordre de protection. Depuis leur domicile, elles n'avaient qu'à presser ce bouton qui appelait directement les forces de police.
“On me dit souvent qu'il est impossible de placer un policier à côté de chaque victime”, avait souligné la ministre des Affaires familiales et sociales de l'époque, Fatma Şahin, lors du lancement à Bursa. Mais, d'après la présidente du Centre d'information et de solidarité d'Adana (AKDAM), interrogée en février 2014, cette mesure est loin d'être suffisante pour empêcher les meurtres de femmes.
Auréliane Gillet (www.lepetitjournal.com/Istanbul) mercredi 15 juillet 2015































