

Le Président et le Premier ministre Hongrois étaient en visite en Turquie pendant quatre jours. Après le rendez vous à Ankara avec leurs homologues Turcs, ils ont fait escale à Istanbul mercredi 16 et jeudi 17 novembre afin de se recueillir sur le tombeau du prince Ragoczi, prince de la liberté, qui fut enterré dans la chapelle de l'Ambassade de France, actuellement au sein du Lycée Francophone Saint Benoît
Pal Schmitt est arrivé de bonne heure et sous la pluie au lycée Saint Benoît, accompagné de sa femme et de toute une équipe de journalistes, le directeur du Lycée, M. Luc Vogin l'a escorté durant sa visite et son recueillement sur le tombeau du prince. Le Président s'est ensuite vu offrir un cadeau clin d'?il à son passé de Champion d'escrime.
Pal Schmitt et Luc Vogin au Lycée Saint Benoit d'Istanbul (photo CLB)
Un peu d'Histoire pour comprendre qui était Ragoczi :
La Hongrie naît en 896, et en 1001, Istvan, héritier d'Arpad, converti au catholicisme, est couronné premier Roi de Hongrie.
Les Tartares envahissent le pays en 1240, et détruisent les villes à peine érigées de Buda et Pest.
Sous le règne de Matthias Covin au XVème siècle, Buda renaît de ses cendres et devient la capitale artistique et intellectuelle de toute l'Europe centrale.
Mais ce rayonnement ne dure pas car au XVI ème siècle, l'anarchie revient. C'est en même temps le début de l'invasion turque (bataille de Mohacs) qui durera un siècle et demi, jusqu'à la libération par les Habsbourg en 1686. Les Hongrois passent alors de la domination turque à la domination autrichienne.
Entrée en scène du Prince Ragoczi :
Ragoczi est né à Borsi (actuellement en Slovaquie, mais autrefois en Hongrie). Héritier d'une famille de nobles, il est envoyé après la défaite des insurgés Hongrois en Bohême où il est éduqué par des Jésuites, puis à l'université de Prague. Il épouse à Prague une aristocrate allemande et obtient le titre de Prince du Saint Empire. De retour en Hongrie en 1694, il est emprisonné dès 1701 à cause des relations qu'il a nouées avec le maréchal de Villars, très mal vu par le régime en place. En 1703, il parvient à s'évader et rejoint la Pologne d'où il prend la tête de l'insurrection hongroise.
Il est proclamé 2 ans plus tard Régent de Hongrie, et cherche des alliances auprès des Français en déclarant les Habsbourg déchus de leurs droits.
Cependant les mesures sociales qu'il entend prendre déplaisent à la Noblesse, et l'Eglise s'inquiète de son entourage protestant. Il perd son titre de Prince de Transylvanie en 1711 après sa défaite à Trencsen, et est contraint à l'exil en 1713 après avoir tenté en vain de plaider pour l'indépendance hongroise et refusé de prêter serment à Charles VI de Habsbourg. Il passe donc le reste de sa vie entre la France et la Turquie et meurt à Tekirdag (Rodosto à l'époque) en 1735.

Il fut inhumé dans la chapelle de l'Ambassade de France, actuellement au sein du Lycée Francophone Saint Benoît. En 1905, son corps fut rapatrié et ré-enterré dans la Cathédrale Sainte Élisabeth de Kosice. Pour ses idées et ses tentatives pour rendre la Hongrie indépendante il fut rebaptisé Prince de la Liberté.
Camille Le Bras (www.lepetitjournal.com/istanbul) vendredi 18 novembre 2011































