Édition internationale

VALÉRIE HOFFENBERG, UMP – “Les Français de Turquie n’ont pas à subir de représailles pour une loi votée par le Parlement français”

Écrit par Lepetitjournal Istanbul
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 5 janvier 2018

Valérie Hoffenberg, candidate de l'UMP (Union pour un Mouvement Populaire) pour la 8ème circonscription des Français de l'étranger* aux élections législatives de 2012, effectue une visite de deux jours en Turquie. Elle livre au petitjournal.com d'Istanbul ses positions sur deux sujets controversés : la proposition de loi pénalisant la négation des génocides et la binationalité

Lepetitjournal.com d'Istanbul : Pourriez-vous d'abord présenter brièvement votre parcours?
Valérie Hoffenberg :
Mon parcours est à la fois national et international. Je suis actuellement secrétaire nationale de l'UMP en charge des relations avec les partis politiques étrangers et les think-tanks. J'ai été représentante spéciale de la France pour le processus de paix au Proche-Orient. Je suis élue du 16ème arrondissement en tant que conseillère de Paris. J'ai donc aussi une connaissance du terrain. J'ai été chef d'entreprise pendant 14 ans. J'ai su créer des liens avec le monde économique au niveau international. Je suis mère de trois enfants et par conséquent très liée à la réalité quotidienne.

Valérie Hoffenberg, à l'hôtel Conrad d'Istanbul, mercredi 18 janvier 2012 (photo AA)

Quelle est votre légitimité pour représenter les Français de l'étranger vivant dans la 8ème circonscription ?
C'est une circonscription méditerranéenne et je suis moi-même méditerranéenne puisque je suis née à Marseille de parents eux-mêmes méditerranéens. Je connais bien cette circonscription car lorsque j'ai été représentante spéciale pour le processus de paix au Proche-Orient, j'ai travaillé sur l'Union pour la Méditerranée et sur tous ses thèmes importants : la question culturelle, la question de l'environnement, du développement économique et de l'emploi? C'est une région que j'aime. J'ai été co-fondatrice de l'association Terrafemina, qui réunit des femmes de la Méditerranée pour travailler sur le rôle de la femme dans cette région, les questions de l'éducation des jeunes filles etc. Les enjeux sont très importants, à la fois au niveau économique mais aussi diplomatique et mon expérience au Quai d'Orsay me permet de comprendre ces rouages. Enfin, je connais bien le métier d'élue et les rouages administratifs et politiques, ce qui me permettra d'apporter des réponses concrètes aux Français de cette circonscription. La voix des Français résidant hors de France n'était pas très entendue jusqu'à présent et je crois qu'il faut un poids politique suffisant pour faire entendre cette voix. Pour ce qui est de la Turquie, je ferai en sorte que les liens entre nos deux pays restent forts, malgré les difficultés actuelles, avec l'aide notamment des grandes entreprises présentes ici.

À ce propos, des voix s'élèvent dans la communauté française de Turquie, économique notamment, contre une proposition de loi pénalisant la négation des génocides reconnus par la France et donc du génocide arménien reconnu en 2001. Entendez-vous ces oppositions et qu'y répondez-vous ?
Je suis bien consciente que cette loi interpelle de très nombreux Français qui habitent en Turquie car ils ont le sentiment qu'ils vont en payer les conséquences. La reconnaissance du génocide arménien par la France n'est pas récente et la proposition de loi actuelle s'inscrit dans une loi-cadre transposant une directive européenne de 2008 qui vise à apporter une réponse pénale à la négation des génocides. Elle ne vise donc pas spécifiquement le génocide arménien et Valérie Boyer (députée UMP, rapporteur du texte, ndlr) a été très vigilante dans les termes utilisés pour ne pas viser spécifiquement ce génocide. Il y avait un vide juridique et cette loi fait en sorte que la pénalisation, qui existait déjà pour le génocide des Juifs, concerne tous les génocides. La France est un grand pays, comme la Turquie, et nous avons le droit de décider quelles sont les lois que nous allons mettre en place. Ceci dit, nous sommes conscients que la Turquie est un de nos partenaires et nous souhaitons conserver d'excellentes relations avec ce pays.

Justement : c'est au nom de ces ?excellentes relations? que, par exemple, la Chambre de commerce française en Turquie demande aux élus français de ne pas voter ce texte et publie une pétition à cet égard. Les milieux économiques redoutent des répercussions sur les relations commerciales. Qu'en pensez-vous ?
Je considère que les Français de Turquie n'ont pas à subir de représailles pour une loi votée par le Parlement français, qui concerne la France et les Français. Cette loi fonctionnera en France, elle s'adresse à des Français et nous considérons qu'il ne s'agit pas là d'une agression à l'égard de notre partenaire et ami, la Turquie.

Autre sujet important : la binationalité. Le Front national et certains membres de votre parti, l'UMP, souhaiteraient qu'il soit interdit à tout citoyen français de posséder une autre nationalité. Quelle est votre position dans ce débat ?
Le débat sur la binationalité est clos au sein de l'UMP. Ce débat a justement démontré l'importance d'avoir des députés qui représentent les Français résidant hors de France. Parmi les députés français, très peu connaissent les problématiques spécifiques des Français de l'étranger et certains députés, lorsqu'ils se sont prononcés en faveur d'une réflexion sur la binationalité, ont totalement oublié les intérêts des Français résidant hors de France. Le Président de la République a été extrêmement clair : pas de remise en cause de la binationalité. Et si je suis élue, il est très clair que je défendrai les intérêts des Français de l'étranger, donc la binationalité.

Propos recueillis par Anne Andlauer (www.lepetitjournal.com/istanbul) jeudi 19 janvier 2012

*La 8ème circonscription des Français de l'étranger comprend les pays suivants :

Chypre, Grèce, Israël, Italie, Malte, Saint-Marin, Saint-Siège, Turquie

Le site internet de Valérie Hoffenberg : http://valeriehoffenberg.wordpress.com/

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Publié le 19 janvier 2012, mis à jour le 5 janvier 2018
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