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Un nouveau "Big one" plane sur les commémorations du séisme de 1999

Par Marianne Kerdat | Publié le 18/08/2019 à 23:23 | Mis à jour le 19/08/2019 à 14:07
Photo : Le tremblement de terre de 1999 avait détruit une bonne partie de la ville et fait près de 17 000 victimes. Crédit : DR
tremblement de terre Istanbul 1999

La Turquie a commémoré samedi les 20 ans du tremblement de terre qui a frappé l’ouest de la Turquie le 17 août 1999 et fait 17 000 morts. Selon les experts, un séisme de grande ampleur est à craindre dans les dix prochaines années. Un augure d’autant plus alarmant que la ville d’Istanbul ne semble pas suffisamment préparée face à cette menace.

A l’occasion de la commémoration du tremblement de terre qui avait frappé les villes turques d’Izmit et Istanbul, les experts réitèrent leur inquiétude quant à la probabilité d’un nouveau séisme. Dans la nuit du 17 août 1999, le séisme de magnitude 7,4 avait causé l’effondrement de milliers d’habitations et la mort de plus de 17000 personnes. Cet événement avait révélé les failles importantes du gouvernement turc en matière de gestion des catastrophes naturelles et le manque de contrôle du secteur de la construction. Aujourd’hui, les inquiétudes concernant un nouveau tremblement de terre refont surface. Les experts turcs prévoient un nouveau séisme encore plus important.

La faille nord-anatolienne constitue une frontière tectonique majeure entre l'Anatolie et l'Europe. Des universitaires turcs de l’Université technique d’Istanbul, de l’Université d’Ankara et de l’Institut de recherche sur les tremblements de terre de l’Université Boğaziçi, se sont réunis avec des équipes allemandes et françaises pour examiner les risques à venir. Pendant deux ans et demi, ils ont conduit une expérience de géodésie sous-marine. Cette méthode de télédétection sous-marine innovante a révélé une non-activité inquiétante d’un des segments marins depuis 1766. Celui-ci accumule des contraintes qui seront à l’origine d’un nouveau séisme. Sükrü Ersoy, spécialiste des séismes et enseignant à l'Université technique Yildiz à Istanbul, estime que ce « Big one » surviendra dans les dix prochaines années. « Dans le pire des cas, le séisme pourrait atteindre une magnitude de 7,7 », a-t-il confié à l'AFP.

 

Se préparer

Le problème majeur de la ville d’Istanbul réside dans les milliers d'immeubles d’habitation construits anarchiquement sans autorisation ni contrôle depuis plusieurs décennies. S’adressant à l’AFP, Nusret Suna, dirigeant de la Chambre des ingénieurs en bâtiment d'Istanbul, a prévenu qu’une « mobilisation générale » pour mettre la ville aux normes antisismiques était impérative. Le nouveau maire d’Istanbul, Ekrem Imamoğlu, envisage la création d’un plan anti-séisme, avec notamment la création d'espaces verts pour accueillir les rescapés. Pour le reste, un ensemble de consignes de survie est régulièrement rappelé, par exemple sur le site du consulat de France à Istanbul : s’abriter sous une table ; s’éloigner de toute ouverture telle que les cheminées, fenêtres, balcons ; ne pas emprunter les ascenseurs ; et couper l’eau, le gaz et l’électricité.

3 Commentaire (s)Réagir
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fanny lun 26/08/2019 - 18:59

Je suis venue à Istanbul quelques jours après ce tremblement de terre et la population était sous le choc, les photos étaient terribles. Pourquoi ne stoppent-ils pas ces constructions anarchiques d'une ville qui grandit de façon incontrôlée?

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MiGoup mar 20/08/2019 - 10:15

Je l'ai vécu il ya 20 ans;;;un cauchemar pour beaucoup de gens. les plus modestes ...

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rima lun 19/08/2019 - 16:58

Bien triste perspective.

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