Édition internationale

TEMOIGNAGE – Emrah: "Mon premier reveillon de Noel en France"

Écrit par Lepetitjournal Istanbul
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 8 février 2018

Il y a quelques mois, Lepetitjournal.com d’Istanbul vous racontait le premier Şeker bayramı (fête du sucre, en Turquie) d’une Française. Aujourd’hui, nous vous proposons de revivre le premier réveillon de Noël en France d’Emrah, un Turc installé à Istanbul. Entre découvertes culinaires et distribution de cadeaux…

"Il est 18h30. Les petits fours sont prêts, le champagne est au frais et la table joliment décorée est dressée pour accueillir les invités. Enfants et petits-enfants rejoignent la maison paternelle. Chacun porte un bonnet de Nöel. Comme le "şeker bayramı" en Turquie, Noël est l’occasion pour beaucoup de personnes de rendre visite à leurs proches. La famille a une place si importante dans la culture turque que l’on en oublierait presque qu’elle est aussi primordiale ailleurs. Après de chaleureuses embrassades, tout le petit monde s’installe dans le salon pour l’apéritif. Très vite, la table basse se transforme en une mosaïque de couleurs et de saveurs. Et ce n’est que le premier round… 

(photo E.S)

Il est ensuite temps de rejoindre la table principale et de découvrir les places attribuées à chacun par la benjamine de la famille. La multitude de verres et d’assiettes par personne annonce la suite… La farandole de plats peut commencer. Les fruits de mer font leur entrée en premier. Langoustines, crevettes, huitres, crabes et bigorneaux ornent la table. La maison a des airs de fête et de partage, le moment idéal pour initier les convives au turc : denizden babam çıksa yerim ("si mon père sortait de la mer, je le mangerais" en français). La petite assemblée s’amuse à répéter. Le père fait d’abord de grands yeux avant de comprendre que c’est en fait bon signe : cela signifie que tout le monde se régale. L’expression turque décrit en effet un amour pour les produits de la mer.

Place aux grenouilles

Le repas peut continuer… Place aux escargots ! En Turquie, on apprend dès le plus jeune âge à ne pas dire "non" aux hôtes, surtout s’ils sont plus âgés. Impossible donc de passer son tour. Oublié le premier aspect peu ragoûtant, les escargots sont sublimés dans du beurre persillé. Et les expériences culinaires ne s’arrêtent pas là. Les maitres de maison arrivent maintenant les mains chargées d’assiettes remplies de cuisses de grenouille. Ce n’est donc pas qu’un cliché… Une fois en bouche, c’est pourtant une surprise : ça ressemble un peu au poulet ! Les plats s’enchaînent et les découvertes aussi. Foie gras, trou normand, dinde farcie aux marrons et à l’orange…

Minuit arrive. La famille n’est pas croyante et n’ira pas à la messe. Mais peu après que la cloche de l’église a sonné les douze coups, c’est à la sonnette de la maison de retentir. On aperçoit par la fenêtre un bonnet rouge de Noël. Un nouvel invité ? En quelque sorte. Celui que les enfants attendaient depuis un an… Le Père Noël fait son entrée triomphante, les bras et la hotte chargés de cadeaux. Un moment magique même pour ceux qui ne sont plus en âge de croire au Père Noël... comme moi! L'émotion est palpable dans les yeux pétillants et le sourire de chacun. C'est surprenant de voir qu'il n'y a alors rien de plus important que le bonheur des enfants. Voici l’heure de la (grande) distribution de cadeaux. Tout le monde se prête au jeu. On pense souvent Noël comme une fête commerciale, c'est surtout un grand moment de partage. Impossible de savoir de qui vient cette écharpe en tricot ou cette bonne bouteille de Bordeaux… "C’est le Père Noël !" répondent les enfants en chœur.

Les petites têtes blondes finissent la soirée en jouant tandis que les adultes poursuivent le repas. L’odeur du fromage français vient recouvrir celle des bougies boisées. Etonnant, quand on sait qu'en Turquie le fromage est surtout réservé au petit-déjeuner traditionnel (kahvaltı). Enfin, la bûche de Noël fait son apparition, élégante sous son manteau de neige meringuée. Après le repas, tous les convives s'attablent à nouveau. Cette fois, autour de jeux de société. Rien de plus précieux que ces moments insouciants en famille. Il est tard dans la nuit et le lendemain à midi, nous serons de nouveau tous ensemble à table. Joyeuses fêtes !"

Emrah Sengül -- Propos recueillis par Solène Permanne (http://lepetitjournal.com/istanbul) jeudi 29 décembre 2016

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Publié le 28 décembre 2016, mis à jour le 8 février 2018
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