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SOCIETE-La pêche en Turquie, un loisir ou une ressource économique ?

Écrit par Lepetitjournal Istanbul
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 13 novembre 2012

Une des images d'Istanbul, c'est sûrement les pêcheurs, véritables piliers du Pont de Galata, ou des berges du Bosphore. Qu'il vente ou qu'il pleuve, hiver ou été, quelle que soit l'heure de la journée ou de la nuit, ils se pressent avec tout leur équipement. Des vendeurs proposent même des cannes à pêche à louer, ou des appâts !

Mais au-delà du loisir, on peut se demander ce que représente la pêche d'un point de vue professionnel. Difficile de faire la part des choses entre le passe-temps et ses retombées économiques, LePetitJournal.com a mené son enquête.

(photo MER)

Un loisir qui déchaîne les passions

Si vous interrogez les Turcs sur leurs loisirs, la pêche occupe très souvent une place de premier choix. Côté consommation, le poisson est un produit très prisé à Istanbul : les poissonniers sont mieux achalandés que les bouchers et les restaurants de poisson représentent le must de la gastronomie stambouliote.

Pour donner une idée de l'importance de la pêche en Turquie, une enquête a même été menée récemment sur les 10 meilleurs spots de pêche en Turquie. Pas de surprise, le pont de Galata est cité en Numéro 1, à lui seul, on a l'impression qu'il concentre tous les pêcheurs d'Istanbul.

Sarayburnu à Istanbul arrive aussi en 2ème position. Viennent ensuite les villes d'Izmir et de Trabzon et de nouveau Istanbul avec Bebek Akintiburnu ou Kuleli Askeri Lisesi önü, cités en 9ème et 10ème position. Pas étonnant dans un pays qui dispose de pas moins de 4 mers ( Mer Noire au nord, Mer de Marmara, Mer Egée à l'Ouest et Mer Méditerranée au sud ), dont deux enserrent Istanbul, reliées par le Bosphore.

Bateau de pêche ( photo MER )

Des ressources considérables, mais étonnamment peu optimisées

C'est vrai qu'avec un périmètre côtier qui s'élève à 8.333 km, mais aussi des cours d'eau douce qui s'étendent sur 177.714 km de longueur ( ce qui inclut 200 lacs naturels et 159 retenues d'eau, 33 rivières et 750 étangs), l'on pourrait s'attendre à ce que la pêche en Turquie soit un secteur qui pèse dans l'économie et dans l'agriculture.

Or, la pêche ne représente que 0.3 % du PNB et 2.7 % de l'agriculture?

Malgré une grande variété de poissons (pas moins de 947 espèces sont recensées ! ) liée à la variété des climats et des situations géographiques, seulement une quinzaine est commercialisée.
La production est évaluée à 627.000 tonnes en 2002, et semble avoir atteint un palier depuis. 83% des poissons viennent de la mer, 7 % sont pêchés en eau douce (il existe ainsi beaucoup de poissons endémiques, par exemple l'espèce Chalcalburnus tarichii du lac de Van) et 10% sont issus de l'aquaculture (en particulier les fermes d'élevage de bars et de dorades).

Un poids dans l'économie sous-évalué

Ces chiffres paraissent faibles par rapport au potentiel de production de pêche et aux opportunités du marché turc. D'après les chiffres du MARA, le ministère de l'agriculture et de la pêche, il y aurait 17.696 bateaux agréés pour la pêche et 64.029 licences de pêche en Turquie. Izmir, Istanbul, Trabzon, Zonguldak, Samsun and Hatay sont les villes où il y a le plus de licences.

Quant aux pêcheurs, ils sont organisés en coopératives, on en recenserait 407 en Turquie. Ceux sont les chiffres officiels, mais l'autoconsommation et la vente en directe sont sûrement plus importantes que ne le laissent présager ces chiffres. Pour mieux comprendre, nous avons rencontré un pêcheur professionnel, patron d'une coopérative, dont vous trouverez le portrait dans notre article ci-dessous. Il semble que la pêche en Turquie doive encore se professionnaliser et être soutenue pour peser dans l'économie...

Marie-Eve Richet ( www.lepetitjournal.com Istanbul ) jeudi 1er octobre 2009.

lepetitjournal.com istanbul
Publié le 1 octobre 2009, mis à jour le 13 novembre 2012
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