

Pour clôturer cette semaine de la francophonie qui s'achève aujourd'hui mercredi 28 mars, lepetitjournal.com a voulu mettre le projecteur sur une communauté turque francophone très importante de Bruxelles, située dans le quartier de la Petite Anatolie. A quelques-uns des passants présents le jour de ce micro-trottoir, nous avons posé la question suivante : Où, quand et comment avez vous appris la langue française ? Voici leurs réponses, ainsi qu'un petit descriptif de ce quartier très célèbre dans la capitale : la petite Anatolie
Bienvenue dans la petite Anatolie
C'est au début des années soixante que les premiers immigrés turcs arrivent en Belgique. En raison du fait que les logements y sont abondants et les loyers bon marché, ils s'installent à proximité de la Gare du Nord par laquelle ils étaient arrivés.
Une particularité de ces Turcs réside dans le fait qu'ils proviennent majoritairement des villages d'une même région d'origine : la sous-préfecture d'Emirda? dans la province d'Afyon (au sud-ouest d'Ankara).
Actuellement sur les 40.000 personnes de cette communauté en Belgique, la moitié environ habite dans le quartier de la chaussée de Haecht. Populaire et commerçant, ce quartier est l'un des plus animés de la capitale. Boucheries hallal, boulangeries, mosquées turques, associations culturelles, épiceries, döner kebabs, restaurant, salons de thés? forment une véritable ville dans la ville.
Etant très attachés les uns aux autres, cette population immigrée a toujours agit en groupe. Même aujourd'hui ils continuent à vivre les uns adossés au autres.
Longtemps appelé "quartier des Princes " à cause des nobles et riches bourgeois peuplant le quartier, ce dernier est à présent surnommé " la petite Anatolie ".
Lepetitjournal.com d'Istanbul : Où, quand et comment avez vous appris la langue française ?

Je suis née en Belgique, je ne me souviens pas du tout de la langue que je parlais avant d'aller à l'école vu que ma maman parlait néerlandais et turc et mon papa turc, kurde et français. Cependant j'ai eu un enseignement francophone et j'ai donc été habitué à étudier, réfléchir ... en français. Je peux donc dire que ma langue maternelle est le français. Je m'exprime aussi bien en turc qu'en français mais je ne m'imagine pas rédiger une lettre, une dissertation ou autre chose en turc.
Leyla, 33 ans, femme au foyer
Mon cas n'est pas vraiment spécial, je suis née et j'ai été élevée en Belgique. Le français est donc ma langue maternelle mais mes parents sont d'origine turque. Je me considère de ce fait bi-culturelle : Turque et Belge, je sens que je fait partie d'une dynamique plus large, plus ouverte ?Je suis contente de voir des personnes de tous les horizons qui veuillent se perfectionner dans la langue française, c'est agréable?

Quand je suis arrivé en Belgique en 1972, je ne parlais pas un mot de français et je ne comprenais rien à la langue. Puis, j'ai intégré l'école française et j'ai acquis très rapidement une compétence linguistique égale à celle des belges natifs.
Fadime Saygin Göktas, travaille dans une association culturelle
Je suis une personne d'origine turque née en Belgique où j'ai appris la langue française qui est d'ailleurs ma langue maternelle. La langue française est la langue que je pratique depuis ma naissance. J'ai appris cette langue à la maison et à l'école.
Özge, 20 ans, étudiante Erasmus
Je suis une élève du lycée de Galatasaray à Istanbul. Étudier dans cet établissement est une grande chance et c'est donc de cette manière que j'ai appris le français. Je trouve que c'est une langue très difficile mais je me débrouille assez bien. Les livres de Balzac, la musique d'Edith Piaf et l'accent français me plaisent beaucoup. Je peux fermement affirmer que j'aime la langue française !

Je suis venu en Belgique avec ma famille et j'ai commencé mes études primaires assez tard par rapport aux jeunes de mon âge, j'avais des difficultés à suivre les cours. J'ai découvert pour la première fois que des hommes parlaient une autre langue que le turc. Je ne comprenais rien, c'était l'enfer. J'avais 10 ans, t'imagine ça a été très dur ! J'étais en 4 ème ou en 5 ème année ? Je regardais le tableau et le tableau me regardait ?. On a beaucoup souffert !
Gülistan, 36 ans, traductrice
J'ai appris le français pendant ma scolarisation dès l'âge de 3 ans On parlait turc à la maison et français à l'école. Donc pas un mot de français avant la maternelle. Je pense qu'au début j'ai eu beaucoup de difficultés, d'ailleurs j'ai dû recommencer ma première année de primaire.

Ma famille est originaire de Turquie mais moi je suis née à Bruxelles. J'ai fait mes études dans une école néerlandophone. Ma langue maternelle est donc le néerlandais, mais je maitrise aussi le français et le turc: la première a été apprise à l'école et dans la rue et la seconde à la maison. Je suis trilingue.
Ay?e, 28 ans, ingénieur en action sociale
Je suis née en Belgique, je n'ai aucun souvenir concernant l'apprentissage de la langue française ni le turc d'ailleurs. On m'avait dit que la langue maternelle c'est celle qu'on utilise intérieurement, celle qu'on utilise pour faire les calculs etc? Je suppose donc que ma langue maternelle et le français, le turc étant ma seconde langue. Je maitrise parfaitement le français mais je ne me vois pas écrire une dissertation en turc.

On est arrivé en Belgique le 16 septembre 1965, je ne savais pas parler français à cette époque puis un ami du village est venu chez nous et m'a emmené à l'école. J'ai donc commencé le français à l'école française. Je pense que ça n'a pas dû être facile pour moi mais j'étais enfant, je n'en ai pas gardé beaucoup de souvenirs.
Propos recueillis par Fatma Yildiz (www.lepetitjournal.com/istanbul) mercredi 28 mars 2012











































