

Le meurtrier de l'étudiante Özgecan Aslan, condamné en décembre dernier à la prison à perpétuité, a été tué par balle lundi dans la prison d'Adana où il était détenu avec son père, gravement blessé.
Le ministère de la Justice a nommé deux inspecteurs pour éclaircir les circonstances de l'incident, qui demeuraient imprécises hier, rapporte le journal Hürriyet.

Le corps d’Özgecan Aslan, étudiante à Mersin (sud de la Turquie), avait été retrouvé le 13 février 2015 après deux jours de recherches. Son meurtrier, Ahmet Suphi Altındöken, avait avoué au cours de sa première audition avoir brûlé le corps et découpé les mains de la victime afin “de ne pas laisser de traces ADN”. L’acte d’accusation avait été présenté et accepté le 15 avril par une cour pénale de Tarsus, au sud de la Turquie. Le procureur avait réclamé une peine incompressible de prison à vie pour le meurtrier et ses deux complices, accusés d’avoir tué la jeune femme “de façon monstrueuse et humiliante”, “afin de dissimuler un crime ou afin de dissimuler les preuves d’un autre crime ou afin d’échapper à la justice” et pour “tentative d’agression sexuelle”. Leur procès avait débuté le 12 juin 2015.
Une pétition lancée au lendemain de l’agression et du meurtre de l'étudiante a dépassé à ce jour les 1,2 million de signatures sur la plateforme Change.org. La mort de la jeune Özgecan avait profondément ébranlé la Turquie et engendré la campagne #ÖzgecanYasasι (la loi Özgecan) pour réclamer la suppression des remises de peine dans le cas de crimes commis contre des femmes.
Cette adhésion massive avait permis aux initiateurs de la campagne #ÖzgecanYasasι d’adresser une lettre aux principaux leaders politiques turcs: “[…] Aujourd’hui, un homme qui tue sa femme obtient une réduction de peine simplement parce qu’il porte une cravate le jour du procès. La même chose n’est pas valable pour une femme. […] Ce que nous attendons de vous, c’est que vous constatiez les plaies ouvertes de notre pays et que vous vous engagiez à mettre fin à ces pratiques injustes. Rejoignez-nous, mettons fin à cette injustice et nommons là ‘la loi Özgecan’, en sa mémoire ”, demandent toujours les auteurs de la pétition sur la plateforme Change.org.
Istanbul (www.lepetitjournal.com/Istanbul) mardi 12 avril 2016































