Édition internationale

LYCÉE PIERRE LOTI – Entretien avec la nouvelle proviseure, Dominique Cornil

Écrit par Lepetitjournal Istanbul
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 8 février 2018

Proviseure pendant cinq années dans un prestigieux établissement, le lycée Carnot de Cannes, grosse structure avec des classes post-bac, Dominique Cornil a choisi de venir à Istanbul pour diriger le lycée et l’école Pierre Loti. Se décrivant comme quelqu’un qui aime le défi, le challenge -- “je ne suis jamais restée plus de cinq ans dans un même poste car j’ai besoin de changement” -- la nouvelle proviseure du lycée nous reçoit pour parler de son parcours professionnel, de sa récente installation  et de ses projets pour le lycée

Lepetitjournal.com d’Istanbul : Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs? Quel a été votre parcours professionnel? Le lycée français d’Istanbul était-il votre premier choix ? Quelles sont vos premières impressions après quelques semaines d’installation ?

Dominique Cornil dans son bureau (photo MD) : J’ai été enseignante de lettres classiques pendant une bonne dizaine d’années en France, et j’exerce le métier de personnel de direction depuis exactement 22 ans. On peut dire que j’ai une grosse expérience de direction d’établissements puisque j’ai déjà été proviseure de cinq lycées mais toujours en France, et Istanbul est ma première expatriation. Si j’ai demandé à partir à l’étranger, c’est parce que j’aime le changement, le challenge, le défi, et d’ailleurs mon parcours le prouve... J’ai choisi Istanbul en premier choix car cette ville “carrefour” est un mythe, il y a tout ici, historiquement, culturellement, c’est un lieu stratégique à tous les points de vue. Arrivée le 22 août dernier, je trouve cette ville toujours aussi fascinante avec une préférence pour le Bosphore qui n’en finit de pas de me charmer...

Quelles sont vos premières impressions sur ce lycée, vous qui venez du lycée Carnot de Cannes ?

L’ensemble “école+lycée” compte 1.324 élèves (+3%/à  juin 2013), et selon les critères de l’AEFE, c’est une structure importante. Ce qui a motivé mon choix de venir diriger cet établissement, c’est que j’allais être en contact avec des petits – ceux du primaire, de 6ème et de 5ème -- et les suivre sur toute leur scolarité, de la petite section de maternelle jusqu’à la terminale. Diriger un établissement auxquels les élèves sont très attachés, souvent avec de très bons résultats est une source de satisfaction pour moi. Concernant la réforme des rythmes scolaires pour l'école élémentaire, qui n’est pas toujours bien accueillie partout en France, nous sommes déjà à Pierre Loti sur la semaine des cinq jours au primaire, nous sommes en ce sens des “précurseurs” et ça fonctionne très bien depuis plusieurs années.

Quelle place accordez-vous aux enseignements artistiques et sportifs au sein de l'école ?

La particularité des lycées français à l’étranger, ce sont les langues et à Pierre Loti,  le turc et l’anglais sont mis en avant. Les élèves de ce lycée sont réputés d’ailleurs pour avoir un bon niveau d’anglais, pour plusieurs raisons dont deux essentielles  : ils viennent de milieux favorisés où ils entendent en général depuis tout petits au moins deux langues à la maison, et sont dans des classes à petits effectifs (20 élèves en moyenne en classe de 2nde au lieu de 35 en France).  Je suis moi-même très sensible aux activités artistiques, je viens d’un lycée où j’ai mis en place une classe préparatoire littéraire avec option arts plastiques uniquement. A Pierre Loti, il y a un atelier théâtre qui fonctionne très bien au lycée, toujours dirigé par un de nos enseignants, Mr Baril, et un de mes projets à court-terme serait de créer un club cinéma au lycée, car aujourd’hui c’est un art à part entière et c’est même devenu une épreuve optionnelle à Normale Sup. Enfin, concernant le sport, j’ai été impressionnée par la traversée de l’Europe en vélo organisée par un de nos enseignants de sport du lycée, et j’espère que l’équipe des enseignants de sport dans son ensemble aura d’autres idées du même genre... Je suis ouverte à toute proposition d’aventure humaine mêlant le sport, la solidarité, le goût de l’effort ...

Comment expliquez-vous la réussite aux examens de vos élèves (94% au bac en 2012) ? Et que deviennent les élèves du lycée après le bac ?

Effectivement ce résultat est très bon mais il faut savoir que c’est la moyenne de réussite au bac de tous les lycées de l’AEFE (en comparaison 86% de réussite au bac en France). L’AEFE c’est l’école de l’excellence grâce aux mêmes raisons que celles exprimées plus haut (milieux favorisés, petits effectifs, conditions d’enseignement idéales), et des équipes d’enseignants plutôt stables qui suivent leurs élèves de près... Concernant le devenir des étudiants après le bac, la plupart quittent la Turquie :  76% partent en France pour suivre des études d’ingénieur ou des études en écoles de commerce  et ils réussissent très bien, 13% partent aux USA et au Canada, et 9% restent à Istanbul. (chiffres du Bac de 2012)

Que planifiez-vous de changer dans cet établissement par rapport au précédent proviseur ? Que voulez-vous conserver ?

Rien ne me déplaît ! Une seule chose est à changer : Pierre Loti est à l’étroit !  Il faut impérativement que des solutions soient mises en place.

Propos recueillis par Meriem Draman (www.lepetitjournal.com/istanbul) lundi 16 septembre 2013

Quelques chiffres clés :

  • Trois élèves n'ont pas eu leur bac (session 2013 ) dont deux redoublants au lycée
  • 1.324 élèves au lycée + école primaire : 3% d'augmentation des effectifs
  • Trois classes de terminale pour 60 élèves
  • Entre 30 et 40 élèves turcs ont été acceptés en cette rentrée en classe de petite section de maternelle
lepetitjournal.com istanbul
Publié le 15 septembre 2013, mis à jour le 8 février 2018
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