

Créée il y a tout juste un an, la filiale turque de Roquette s'annonce être une des "success stories" de l'année. Présente sur le marché turc par l'intermédiaire de Rhodia qui distribuait déjà ses produits, l'entreprise devrait doubler son Chiffre d'affaires dans les cinq prochaines années. David Mouton, dont c'est la première expatriation, nous retrace le parcours de l'entreprise.
Interview réalisée dans le cadre d'une collaboration www.lepetitjournal.com/Istanbul - Chambre de Commerce Française en Turquie née en octobre 2009. Tous les mois, un résumé de l'actualité et un portrait d'entreprise sont publiés dans les deux supports que sont www.lepetitjournal.com et la Lettre mensuelle de la CCFT, "Les Nouvelles de la Chambre".
Lepetitjournal.com Istanbul : Tout d'abord, pouvez-vous nous parler un peu de votre activité et de votre société ?
David Mouton : Roquette est une société familiale, créée en 1933 par la famille Roquette dans la périphérie de Lille. Nous produisons de l'amidon, du glucose et un grand nombre de dérivés de ces deux produits. L'origine de nos produits est exclusivement végétale : la pomme de terre, le maïs, le blé, mais aussi le pois et plus récemment les algues... Nous devons utiliser toute la plante pour notre activité. Pour vous donner une idée, nous transformons environ 5 millions de tonnes par an de matières premières ! L'entreprise réalise un chiffre d'affaires de 2,5 milliards d'euros et emploie ainsi 6.500 personnes dont 3.500 à l'étranger.
Vous avez donc une forte dimension internationale, pouvez-vous nous parler de vos implantations ?
Nous sommes implantés industriellement près des marchés de consommation. Nous avons donc progressivement installé des usines, puis des filiales commerciales ; d'abord un peu partout en Europe, puis aux Etats-Unis dans les années 90, et en Asie dans les années 2000. Le Chinois est devenu la seconde langue du groupe, un tiers de nos salariés travaille dans ce pays !
Et la Turquie, comment considérez-vous ce pays ?
C'est un marché qu'on ne pouvait plus ignorer. En Europe, nous étions très présents à l'Ouest mais assez peu en Europe Centrale et en Europe de l'Est alors que ces marchés sont en forte croissance. Rhodia à Istanbul distribuait déjà nos produits en Turquie depuis de nombreuses années, mais nous avions la volonté de renforcer notre développement commercial.
Pouvez-vous nous parler un peu plus de vos marchés ?
C'est très intéressant car nous touchons à des secteurs d'activités très variés, ce qui nous permet de bien ressentir l'activité économique d'un pays. Nos produits entrent dans des applications alimentaires (plats préparés comme les soupes, confiserie?), pharmaceutiques et industrielles (renforcement du papier et du carton, durcissage du béton) et enfin alimentation animale. Notre développement est axé sur la nutrition et la santé (60% de notre activité) - c'est notre priorité en Turquie - et sur la chimie verte (40% de notre activité).
Comment évaluez-vous ces marchés en Turquie ?
Concernant l'alimentation, le consommateur turc n'est pas le consommateur européen, il reste encore très attaché à la cuisine faite maison. La population féminine active étant moins importante qu'en Europe de l'Ouest, les plats touts faits sont encore peu développés. Nous sommes encore sur un marché jeune, les habitudes alimentaires sont en train d'évoluer. Avec le développement de la nourriture hors foyer, l'urbanisation de la population et la féminisation de la population active, les plats surgelés et le micro-onde vont devenir de plus en plus répandus. Le marché de la confiserie se développe vite et en tant que leader mondial du sorbitol, nous sommes bien placés pour répondre à cette demande. La boulangerie industrielle et les produits laitiers sont aussi un grand marché en Turquie.
Par ailleurs, l'industrie pharmaceutique s'est beaucoup développée en Turquie, notamment dans la fabrication des médicaments génériques. Nos produits étant utilisés en tant qu'excipients entrent dans 99 % de la composition des médicaments. Le marché Santé est donc très important pour nous en Turquie !
C'est votre première expatriation, que diriez-vous du personnel turc ?
Notre équipe comprend une dizaine de personnes, majoritairement des femmes. J'ai pu tester l'implication et la motivation du personnel turc. Ils sont très engagés et volontaires, et ce qui en découle exigeants. Ils ont envie de progresser dans leur statut professionnel et le fait de travailler dans une société internationale est pour eux un atout.
Si vous voulez lire notre précédent RDV DE L'ECO sur la société Europ Assistance , cliquez ici.
Propos recueillis par Marie-Eve Richet ( www.lepetitjoural.com ) Jeudi 27 octobre 2011































