

Parce que l'économie fait tourner le monde (ou pas), lepetitjournal.com d'Istanbul vous proposera désormais régulièrement un bulletin économique court et digeste, rassemblant les derniers chiffres importants de l'économie turque et quelques infos qui ont retenu notre attention, en particulier dans le domaine des relations franco-turques et Turquie-Maghreb
BONNE NOUVELLE ? Une croissance à 3,4 % pour la Turquie en 2016 et 2017 ?
L'agence de notation internationale Standard & Poor's a estimé que la croissance turque s'élèverait à 3,4 % en 2016 et 2017, rapporte le site TRT. Dans son rapport, l'agence attribue cette croissance soutenue à la hausse de la consommation domestique ainsi qu'au dynamisme du secteur privé.
Alors que l'agence envisageait à moyen terme de baisser la note du pays, elle a finalement décidé de relever sa perspective de négative à stable, estimant que l'économie de la Turquie avait bien résisté aux défis qui se posaient à elle depuis le début de l'année. L'évaluation est maintenue à ?BB+?.
Le rapport estime par ailleurs le taux d'inflation à 8 % pour 2016, contre 7 % pour 2017. Le taux de chômage, estimé à 10,1 % en 2016, devrait baisser à 9,9 % en 2017.
CROISSANCE ? L'économie turque dopée par les réfugiés syriens
Le taux de croissance turc (4,8 % au premier trimestre 2016) serait soutenu en partie par les salaires en augmentation ainsi que par les dépenses de consommation des réfugiés syriens, rapporte le site web Zaman France. Les prévisions, qui se situaient autour de 4,5 %, ont en effet été dépassées grâce à une forte demande intérieure. Les réfugiés syriens, présents au nombre de 2,7 millions sur le territoire turc, auraient largement contribué à l'essor de cette demande.
Le ministre des Finances, Naci A?bal, et celui du Développement, Cevdet Y?lmaz, estiment que la Turquie devrait donc atteindre son objectif officiel fixé à 4,5 % de croissance pour l'année 2016.
COMMERCE ? Les exportations vers la France d'escargots, de grenouilles et d'éperlans en forte hausse
L'exportation vers la France d'escargots, de grenouilles et d'éperlans depuis la ville de Band?rma, située au nord-ouest de la Turquie, serait en hausse de 35 % par rapport à avril dernier, rapporte le site TRT.
Osman Kocaman, le président du Conseil d'administration de la société anonyme Kocaman Bal?kç?l?k, spécialisée dans la production de ce type de produits, a justifié la soudaine augmentation de ses exportations vers la France en ces termes : "En ce qui concerne nos exportations vers la France, nous avons constaté une importante hausse surtout à partir du mois d'avril et cela est dû à l'EURO 2016, ce que disent également nos clients. Quels sont ces produits ? L'escargot au beurre est un plat indispensable pour les touristes visitant la France. Contrairement à ce que les gens pensent, ces escargots sont des produits turcs. La grenouille fait également partie des spécialités indispensables de la cuisine française et la consommation de grenouilles augmente de manière considérable."
COMMERCE ? La meunerie française dénonce la concurrence déloyale de la Turquie
La meunerie française en difficulté dénonce la concurrence déloyale de la Turquie, devenu premier exportateur mondial de farine, rapporte le site web 20Minutes. Le secteur français, dont le chiffre d'affaires a baissé de 15 % en deux ans selon l'Association nationale de la meunerie française (ANMF), pointe du doigt la baisse des ventes de pain et la concurrence d'autres producteurs de farine.
A l'origine de cette érosion des ventes, les meuniers invoquent la diminution de la clientèle traditionnelle de farine française, mais également la politique de subventions de certains pays comme la Turquie, concurrence déloyale à leurs yeux. La Turquie est devenue le premier exportateur mondial de farine. ?Leurs prix sont très compétitifs, personne ne peut concourir avec eux. Des clients aux Philippines et en Indonésie se sont retrouvés avec de la farine proposée au prix du blé,?a déclaré Bernard Valluis, président délégué de l'ANMF.
Afin de faire face à ces nouveaux défis, la meunerie française ?revoit sa stratégie?, a assuré Lionel Deloingce, président de l'ANMF.
TUNISIE ? Le déficit de la balance commerciale tunisienne avec la Turquie s'est encore aggravé
Le déficit de la balance commerciale de la Tunisie s'est encore aggravé, en partie en raison de ses échanges avec la Turquie, rapporte le site Webmanagercenter. Fin mai 2016, le déficit était de 5135,4 millions de dinars (MDT), contre 4691 MDT à la même période l'an dernier, ce qui constitue une aggravation à hauteur de 9,46 %.
D'après les chiffres de l'Institut national de statistiques (INS), ce déficit serait notamment imputable à la baisse de 2,6 % des exportations, quand les importations ont augmenté de 0,8 %. Parmi les pays fournisseurs de la Tunisie, les échanges les plus déficitaires se font vers la Chine, avec qui la balance commerciale enregistre un déficit de 1504,6 MDT. La Turquie arrive en deuxième position, avec un déficit de 613,1 MDT. Plus de la moitié du déficit tunisien viendrait ainsi de ces échanges déficitaires et du déficit inquiétant de la balance énergétique, qui est de 1239 MDT.
TEXTILE ? La Turquie de plus en plus présente sur le marché algérien
Le textile turc est désireux de renforcer sa présence en Algérie, rapporte le quotidien El Watan. Cette volonté s'illustre par des rencontres et des partenariats de plus en plus nombreux, à l'image du projet de méga-complexe à Reizane, réalisé en coopération avec le groupe turc Taipa.
Les Turcs ont également pour objectif d'augmenter leurs parts sur le marché du textile national. En mai 2016, des opérateurs turcs sont venus jusqu'en Algérie pour la tournée du prêt-à-porter et du sous-vêtement. ?Nous avons plusieurs clients algériens et nous sommes ici pour les rencontrer, mais aussi pour en rechercher d'autres?, a déclaré Rasim Mazlum, représentant de R&M, collection de sous-vêtements homme et femme, et de la marque Rasmo, des sous-vêtements enfant.
Le textile algérien constitue un secteur attractif aux yeux de la Turquie car il s'agit d'un marché porteur qui connaît l'émergence d'une grande classe moyenne. L'intérêt de l'Algérie réside également dans ses bonnes relations avec ses voisins nord-africains, qui permettrait une meilleure promotion des produits turcs dans cette région.
THYM ? La ville de Denizli répond à 90 % de la demande mondiale
La province de Denizli, qui réalise une part importante de la production agricole turque, répond à 90 % des besoins en thym mondiaux, rapporte le site TRT. Pour 2016, une augmentation de 10 % de la production est prévue, portant les montants exportés à 90 millions de livres turques. Pas moins de 15.000 tonnes de thym sont ainsi récoltées chaque année.
?La majorité de notre production est envoyée aux Etats-Unis et dans les pays de l'UE. Notre but est d'assurer la production de thym d'une manière organique ou avec de bonnes pratiques agricoles?, a déclaré Sezgin Kutlu, directeur du département de l'Alimentation, de l'Agriculture et de l'Elevage de Denizli.
Margot Faudeil (http://lepetitjournal.com/istanbul) vendredi 24 juin 2016































