

Hier, en Turquie, on célébrait le premier jour de la fête de rupture du jeûne, autrement dit le "Ramazan bayram?" ou "?eker bayram?". Cette journée est l'occasion pour beaucoup de personnes de rendre visite à leurs proches et de passer du temps en famille. Lepetitjournal.com d'Istanbul a passé cette journée avec l'une d'elles et vous propose, le temps d'une lecture, de revivre cette journée en leur compagnie.
La famille Çetinkaya n'est pas pratiquante, ils ne se sont donc pas rendus à la prière du matin. Il est neuf heures lorsque cette journée commence. La première visite sera du côté maternel, pour le traditionnel kahvalt? (petit-déjeuner), dans un district reculé d'Istanbul. Depuis quelques jours, la ville, délaissée par de nombreux vacanciers, jouit d'une certaine tranquillité. Une chance pour les Stambouliotes restés dans la mégalopole : les routes sont calmes en ce début de bayram, le trajet ne sera pas trop long.
Photos SHH
Ils sont arrivés. Bien entendu il faut retirer ses chaussures avant d'entrer. À l'intérieur, la tante, l'oncle et la grand-mère accueillent le reste de la famille. Après de chaleureuses embrassades ? et le baiser respectueux sur la main de la grand-mère-, tout le monde prend place autour de la table. Le temps n'était pas clément en ce début de journée, mais le soleil est finalement revenu.
La farandole des plats peut commencer. En quelques minutes, la nappe blanche se transforme en une mosaïque de saveurs. Tout est là : assiettes de fromages, börek, dolma, salades, fruits secs, confitures... Et bien sûr le thé, abondamment servi. L'appétit va bon train, surtout pour ceux qui ont suivi le jeûne pendant un mois. Une fois les assiettes vides, les convives continuent de siroter leur çay. Soudain, la grand-mère apporte le güllaç, dessert traditionnel préparé uniquement durant le ramadan.
La famille plaisante, discute, échange... Au milieu d'un éclat de rire, la sonnette retentit. Un nouvel invité?? Non, ce sont des enfants venus demander quelques friandises, comme le veut la tradition. À peine le temps d'avaler un café turc ? en pensant à s'arrêter avant le fond ? et il faut déjà repartir.
Saisir le "vivre ensemble"
La digestion se fera en route. La famille est nombreuse et cet après-midi, le père, la mère et le fils passeront le reste de la journée dans la résidence d'été de la tante à Büyükçekmece, où la grand-mère paternelle les attend. Dans les rues, les enfants sont partout, cette journée de fête se ressent même d'un regard rapide à travers la vitre de la voiture.
À peine arrivée, la famille est accueillie par une nouvelle tasse de café turc. Des accolades, des sourires, et cette phrase, "iyi bayramlar", que l'on entend sur toutes les lèvres. Aujourd'hui ? même pour les familles non pratiquantes ? la solidarité, la famille, la tolérance et la paix sont célébrées.
Il est à peine 15 heures dans la famille Çetinkaya, et pourtant tout le monde se réunit à nouveau autour d'une table. Petit en-cas avant le gros dîner de ce soir. Au menu, salade de pommes de terre, börek, cuisiné différemment cette fois, et gâteau au chocolat.
Le reste de l'après-midi se passera calmement, quand certains discutent sur le canapé, d'autres commencent à s'affairer en cuisine. Tout le monde met la main à la pâte entre deux tasses de thé, prenant toujours garde à ne jamais laisser grand-mère seule. Au fil des heures, de nombreuses personnes viennent rendre visite à la famille? : des voisins, des amis, d'autres membres de la famille...
Les jeunes qui ne se sont pas vus depuis longtemps sont maintenant réunis sur la terrasse. La mère et la tante préparent le balcon, les nappes blanches ont refait leur apparition. Les köfte sont prêts, il est bientôt l'heure d'allumer le barbecue.
Quand la nuit arrive...
Les bougies remplacent les rayons du soleil. En quelques minutes, tout le monde s'active et la table est dressée. En plus de toute la famille, des amis sont également présents. Il faudra attendre encore un peu avant de déguster les plats qui ont été préparés. Mais ils seront bientôt là, et ceux qui ont partagé cette journée continueront de partager mets copieux et histoires drôles.
Le feu où cuisent lentement les pièces de viande s'ajoute à la chaleur du soir. Les couleurs sont de retour?; le blanc du tzatziki, le vert des dolma, le rouge des tomates... On écoute de la musique turque, on chante, on sourit. Pour ceux qui boivent de l'alcool, il est temps de trinquer autour d'un verre de rak?. Demain, ils se retrouveront encore, chez un autre membre de la famille. Grand-mère est là elle aussi, et son sourire maternel surplombe l'assemblée.
Ségolène Houdaille-Hoc (www.lepetitjournal.com/istanbul) mercredi 6 juillet 2016
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