

Le développement des échanges franco-turcs est le sujet de la semaine. Le forum d'affaires qui vient de s'achever a longuement évoqué l'objectif de porter de 10 à 15 milliards d'euros le volume des échanges commerciaux entre la France et la Turquie. L'un des instruments les plus efficaces de cette croisade est l'agence gouvernementale de soutien aux investissements étrangers en Turquie "Invest in Turkey". Dialogue avec Alpaslan Korkmaz, son président
Alpaslan Korkmaz, directeur d "Invest in Turkey", (de son vrai nom ISPAT) organisme directement rattaché au Premier ministre
Bien que la France soit toujours le second plus grand investisseur étranger en Turquie, les échanges ont un peu diminué ces dernières années en volume. Comment expliquez-vous cela ?
La raison fondamentale est que certaines déclarations en France ont un peu froissé les Turcs et par conséquent rendu la vie des entreprises françaises ici plus difficile. Mais c'est en passe d'être corrigé et l'agence Invest in Turkey a toujours essayé de contrer cela et de dire que la raison devait l'emporter sur les émotions.
La France et la Turquie se connaissent depuis cinq siècles, il y a une tradition de fraternité et de collaboration entre nos deux pays et ces opinions émotionnelles sont malheureusement très contreproductives. Depuis la visite de notre président et Premier ministre en France, cela c'est arrangé et sur le long terme cet épisode ne devrait pas entacher la relation entre nos deux pays. Mais cela a été un frein ces derniers temps c'est sûr !
Maintenant que le climat est apaisé, comment la Turquie peut-elle favoriser ce commerce croisé ?
D'abord permettez-moi de préciser que cet objectif de porter nos échanges à 15 milliards d'euros en 2012 est un objectif commun. Ce qui veut dire que de notre côté nous devons aussi agir. A ce titre, la Turquie doit faire son autocritique : il est certain qu'elle doit mieux se faire connaître en France. Invest in Turkey a commencé ce travail il y a un peu plus de trois ans et nous faisons régulièrement des campagnes de promotion en France à la fois auprès des investisseurs mais aussi auprès d'un public plus large. Nous sommes d'ailleurs heureux que les Français qui vivent ici et voient le pays de l'intérieur soient aussi les ambassadeurs de la Turquie !
Quels secteurs sont à même de contribuer efficacement à ce développement des échanges ?
L'industrie turque est aujourd'hui largement exportatrice et importe également beaucoup de technologies notamment de la France. C'est donc dans le secteur des produits à haute valeur ajouté que ce commerce peut s'accroître. Mais le secteur des énergies renouvelables, en plein expansion dans le monde, est également un facteur de croissance. Enfin, la France est également un pays important en matière agroalimentaire et peut très utilement collaborer avec la Turquie qui est en passe de rendre son agriculture beaucoup plus technique et plus efficace.
Comme l'a souligné Alpaslan Korkmaz dans son discours lors du lancement du Forum d'affaires organisé conjointement avec Ubifrance, "la Turquie est une source de croissance pour la France et l'Europe". A bon entendeur ...
Pour accéder au très complet site internet d'Invest in Turkey (11 langues disponibles !), cliquez ici !
Propos recueillis par Brigitte di Benedetto (www.lepetitjournal.com Istanbul). Jeudi 17 juin 2010































