

Les sources d'énergies en gaz et en pétrole de l'UE viennent principalement de la Russie et des pays qui bordent la mer Caspienne. La récente crise entre la Russie et l'Ukraine a mis en lumière la nécessité de sécuriser autant que faire se peut les approvisionnements en diversifiant les fournisseurs et les voies d'acheminements.
Le projet Nabucco s'inscrit dans ce contexte puisqu'il permet de transporter le gaz du Moyen-Orient et des côtes caspiennes vers l'Europe en passant par des routes alternatives et notamment la Turquie
La construction du pipeline Nabucco est un projet qui engage six entreprises dont la compagnie turque Botas.
Le gazoduc sera long de 3.300 kilomètres et d'une capacité maximale prévue de 30 milliards de mètres cube par an. Il traversera la Turquie (à partir de l'est du pays ou près du village d'Ahiboz aux environs d'Ankara), la Bulgarie, la Roumanie, la Hongrie pour aboutir au terminal gazier de Baumgarten an der March en Autriche. Sa mise en service est envisagée pour 2013.
Un projet encore à l'étude

Mais ce projet est actuellement en but à la recherche de financement et à une position consensuelle entre tous les acteurs.
Le coût de construction est pharaonique : près de 8 milliards d'euros. Or pour le rentabiliser, il faudrait qu'il soit alimenté par des quantités proches de la pleine capacité. Or les pays exportateurs de gaz qui utiliseraient ce « tuyau » n'ont fait aucune promesse d'engagement. La rentabilité de Nabucco ne semble donc pas assurée pour l'instant.
Toutefois, la faisabilité de Nabucco s'est accélérée suite au sommet européen effectué le 27 janvier 2009 à Budapest. Les participants (constructeurs et fournisseurs notamment) ont annoncé leur volonté commune de signer d'ici fin juin un accord intergouvernemental pour lancer la construction du gazoduc de même que la conclusion d'accords préliminaires avec les pays fournisseurs de gaz. Les banques elles, dont la BEI (Banque Européenne d'Investissement) et la BRED ont promis qu'elles seraient partie prenante dans le financement du projet. La contribution financière de l'UE, grande bénéficiaire du projet, à elle été officiellement requise.
La Turquie pourrait revoir sa position
Mais, outre la possible concurrence du projet russe South Stream, d'autres problèmes impliquant la Turquie sont intervenus depuis. Sur les 3.300 km de pipeline, une grande partie passera sur le territoire turc. Le gazoduc ne peut donc se faire sans la participation de la Turquie au projet. Or elle a montré récemment quelques signes d'énervement : d'une part, elle souhaiterait pouvoir bénéficier de prix plus avantageux que les autres compte tenu de sa proximité géographique avec la « bouche d'entrée » du gazoduc et d'autre part, elle semble vouloir faire peser dans la balance l'ouverture du chapitre Energie des discussions d'adhésion, chapitre qui n'a pas été ouvert en raison d'un véto de Chypre et de la Grèce. La France ne voit d'ailleurs aucun inconvénient à cette ouverture.
La présidence tchèque de l'UE qui multiplie actuellement les contacts avec les pays membres pour relancer les discussions sur ce chapitre de l'énergie pourrait contribuer à faire avancer le projet Nabucco.
Brigitte Benedetto (www.lepetitjournal.com Istanbul). Lundi 9 mars 2009.





























