

Après le premier tour des élections municipales en France dimanche dernier, c’est au tour des citoyens turcs de voter pour leurs maires et conseils municipaux le 30 mars prochain. Ces élections interviennent dans un climat politique tendu. À cette occasion, lepetitjournal.com d’Istanbul s’est demandé quels efforts les partis politiques turcs avaient fournis pour représenter les minorités, notamment religieuses et ethniques, dans le choix de leurs candidats.
En Turquie, ce sont les partis politiques qui choisissent les candidats au poste de maire, sans rapport nécessaire avec leur ville d’origine, parmi les postulants qui en font la demande. Ces derniers doivent payer des frais, qui se situent par exemple entre 400 et 7.500 TL (environ entre 133 et 2.500 euros au cours actuel) pour l’AKP (Parti de la justice et du développement). Ils varient de 1.000 à 9.000 TL (entre 333 et 3.000 euros) pour le CHP (Parti républicain du peuple), et entre 2.000 et 10.000 TL (entre 666 et 3.333 euros) pour le BDP (Parti de la paix et de la démocratie). Les frais de candidature pour le MHP (Parti d’action nationaliste) sont déterminés par les branches locales du parti.
La parité reste un défi en politique
La représentation des femmes en politique reste faible en Turquie. Le quotidien Today’s Zaman a compilé les pourcentages de candidates présentées par les partis politiques aux élections municipales du 30 mars et les chiffres sont éloquents. Seulement 1,23% des candidats présentés par l’AKP, parti au pouvoir, sont des femmes, contre 4% pour le CHP, principal parti d’opposition, et 1,12% pour le MHP. Seul, le BDP a réussi le pari avec 44,5% de candidates.
Canan Güllü, présidente de la Fédération des associations de femmes turques (TKDF), note que malgré la mise en place de quotas dans certains partis, le nombre de femmes candidates reste "insuffisant". "Cette année, il y a eu une augmentation dans les demandes de candidatures, mais peu de femmes ont été choisies", a-t-elle déploré, selon Today’s Zaman. Seulement deux femmes sont en lice pour des mairies de métropoles : Fatma Şahin, candidate AKP à la mairie de Gaziantep, et Gülten Kışanak, qui représente le BDP à Diyarbakır.
Le nouveau parti de gauche HDP (Parti démocratique du peuple) fait également figure d’exception puisqu’il présente notamment une liste de 12 femmes pour le conseil municipal des îles des Princes à Istanbul.
Quelle vitrine pour les minorités kurdes et arméniennes ?

Dans le district de Bakırköy à Istanbul, où réside une importante communauté arménienne, la plupart des partis politiques choisissent de présenter des candidats d’origine arménienne. Ainsi, le CHP présente deux candidats arméniens, Arev Cebeci et Margarit Dikme. Il en est de même pour l’AKP, représenté par Levon Noray Ozant, Antranik Sirinoglu, et Antranik Diktas, ou pour la candidate HDP Nivart Bakircioglu.
Plus surprenant, le MHP, parti ultra-nationaliste, présente sur sa liste deux candidats arméniens, Nerses Yeremyan et Elmas Giragos.
De rares candidats LGBT
Les candidats issus du milieu LGBT (Lesbienne, Gay, Bi et Transsexuel) se font très rares en Turquie. D’après le site Bianet, seuls sept candidats sont liés à cette communauté. Le CHP présente trois candidats pour des conseils municipaux : Çelik Özdemir à Beyoğlu, Sedef Çakmak à Beşiktaş et Boysan Yakar à Şişli, trois districts stambouliotes. Les autres candidats se présentent sous l’étiquette HDP : Asya Elmas à Kadıköy, Ebru Kırancı à Beyoğlu, Niler Albayrak à Avcılar et Şevval Kılıç à Şişli.
Sarah Baqué (www.lepetitjournal.com/istanbul) mercredi 26 mars 2014































