

Si début mai s'annonce pour certains comme un nouveau printemps à Istanbul, pour d'autres, c'est le signe que la fin de l'expatriation approche à grands pas. Outre la tristesse ou la joie de quitter Istanbul vers d'autres cieux, il y a toute l'organisation du déménagement à préparer. Nous avons voulu savoir comment certaines familles envisageaient ce grand évènement, dans la sérénité ou bien dans l'angoisse, et avons interviewé trois familles françaises à Istanbul. Voici leurs témoignages. Pour les aider à faire leur choix de sociétés de déménagement, deux d'entre elles, Istanbul Ekspres et Bergen ont choisi de communiquer au même moment sur lepetitjournal.com d'Istanbul
Famille Béranger, ? Eric, Marie-Emmanuelle et leurs quatre enfants quittent Istanbul fin juin pour Paris. Marie-Emmanuelle, bien organisée est peu stressée par ce futur déménagement.
Combien de temps avez-vous vécu à Istanbul ? Dans quel cadre êtes-vous venus ? Où partez-vous maintenant ? Quelles sont les raisons de votre départ ?
Marie-Emmanuelle Béranger (photo ci-dessous MD) : Je suis venue à Istanbul pour une durée annoncée de 3 ans et finalement y resterai un peu moins de 2 ans (en fait 2 années scolaires). Nous sommes venus dans le cadre du travail de mon mari qui a participé à la fusion/intégration de 2 banques (Fortis -TEB).
La mission s'achèvera plus tôt que prévu et nous repartons donc, a priori à Paris, mais nous n'avons aucune certitude.
(photo istanbul ekspres)
Si vous avez déjà fait des déménagements dans le passé, comment s'étaient-ils passés ? Avez-vous rencontré des difficultés particulières ?
J'ai peu déménagé dans le passé, mais l'organisation matérielle du transfert des meubles ne m'inquiète pas, j'y vois l'occasion de faire un grand tri. J'ai, jusqu'à présent, toujours eu affaire à des sociétés sérieuses, n'ai pas eu à déplorer de casse (seulement quelques pertes ou vols, mais finalement très peu). J'envisage donc les choses avec sérénité, mais probablement, le déménagement étant pris en charge par la société de mon mari, je bénéficie de bonnes conditions. Par exemple lors de mon aménagement à Istanbul, 2 ou 3 jours après l'arrivée des meubles, un ouvrier est venu accrocher les cadres, suspensions électriques? l'installation a donc été très rapide.

Pour votre déménagement actuel, comment vous organisez-vous ?
Pour le déménagement futur, je n'ai encore rien organisé, cela me semble beaucoup trop tôt. En revanche je compte faire appel à la société avec laquelle nous sommes arrivés dont j'ai été très contente. Lorsque nous sommes arrivés, la société de mon mari avait demandé 2 devis que j'avais fait faire, mais que je n'ai pas vus. J'ai dit quelle société me convenait le mieux, et elle a été choisie. En revanche, je n'ai pas su le cout du déménagement.
Nous sommes arrivés avec un peu plus de 80 m3 et repartirons surement avec un volume supérieur.
Partez vous heureuse de quitter Istanbul ou avec beaucoup de regret ?
Si j'ai trouvé l'arrivée à Istanbul difficile, je regrette de partir aussi rapidement car j'ai l'impression d'une aventure écourtée. La vie ici est très agréable, et nous repartirons avec beaucoup de beaux souvenirs, mais une longue liste de projets (notamment de voyages) que nous n'avons pas eu le temps de faire?
Ceci dit, je prépare mon retour en France depuis octobre avec la recherche d'écoles, d'un appartement et le lancement de travaux. Après quelques difficultés et énervements initiaux, j' ai aujourd'hui l'impression que même si nous ne le désirions pas ce retour s'annonce bien? Il me reste encore 3 mois à Istanbul et l'arrivée à Paris semblant bien préparée, je compte profiter au maximum de ce dernier printemps stambouliote.
Famille Bassens - Muriel et Michel quittent Istanbul à la fin du mois d'avril pour Londres. Tous les deux ne sont pas du tout inquiets par ce " petit " déménagement
Combien de temps avez-vous vécu à Istanbul ? Dans quel cadre êtes-vous venus ? Où partez-vous maintenant ? Quelles sont les raisons de votre départ ?
Muriel Bassens (avec son mari, photo ci-dessous MD) : Nous sommes arrivés à Istanbul il y a 8 ans. Mon mari travaillait pour une société américaine Dow Corning qui fabrique du silicone, et il l'a développée en Turquie en engageant notamment des ingénieurs turcs. Son contrat s'est terminé, et il vient d'être engagé à nouveau par une société américaine, toujours dans le silicone. Il est chargé de développer cette compagnie en Europe et au Moyen-Orient ; nous partons donc pour Londres au moins pour une année, et peut-être reviendrons nous de nouveau à Istanbul. Pour ma part, je n'ai jamais travaillé lors des expatriations. Je m'occupais de mes enfants, qui sont grands maintenant.

Pour les différents déménagements que nous avons effectués par le passé (7 au total), cela s'est toujours passé de la même manière donc nous sommes si l'on peut dire bien préparés. Nous faisons venir chez nous plusieurs sociétés de déménagement qui nous proposent chacune un devis et nous choisissons la plus intéressante rapport qualité-prix. Nous n'avons aucune anecdote particulière, car nos déménagements se sont toujours très bien passés.
Pour votre déménagement actuel, comment vous organisez-vous ?
Notre inquiétude principale actuellement est de savoir si notre maison que nous faisons construire à Assos, dans la région d'Izmir sera prête à la fin du mois d'avril, pour accueillir tous nos meubles et objets que nous n'emmenons pas à Londres. Car oui, nous ne déménageons pas vraiment au sens habituel puisque nous laissons une grande partie de nos biens ici en Turquie dans notre future résidence secondaire. A l'heure actuelle, nous n'avons encore contacté aucune société de déménagement. La tension commence à monter, mais on se laisse encore quelques jours. C'est un petit déménagement que nous allons faire, d'Istanbul vers Assos. Nous ne sommes pas inquiets, nous comptons trouver une société de déménagement grâce à votre journal, et aussi par le bouche à oreille.
Partez vous heureuse de quitter Istanbul ou avec beaucoup de regret ?
Nous ne sommes pas très malheureux car nous savons que nous allons revenir très souvent en Turquie puis que nous avons fait construire une maison à Assos, où nous comptons passer au moins six mois par an. Nous envisageons également d'acheter un petit pied à terre à Istanbul dans le quartier de Galata que nous adorons, mon mari et moi. Nous quittons Istanbul, mais notre histoire avec la Turquie ne s'arrête pas puisque nous avons fait construire une maison à Assos pour nos vieux jours.
Famille Boerkmann ? Frédéric, Hélène et leur fille Esther quittent Istanbul fin juin pour le département de la Dordogne. Monsieur est très serein, Madame beaucoup plus stressée.
Combien de temps avez-vous vécu à Istanbul ? Dans quel cadre êtes-vous venus ? Où partez-vous maintenant ? Quelles sont les raisons de votre départ ?
Nous sommes venus à Istanbul il y a six ans, dans le cadre professionnel en tant qu'enseignants détachés du ministère des Affaires étrangères. Auparavant nous avions passé déjà six ans à l'étranger, à Sofia en Bulgarie. Nous rentrons en France car nous sommes en fin de contrat. Je suis professeur de Lettres et mon mari et professeur de Sc. Physiques au lycée Pierre Loti.
Si vous avez déjà fait des déménagements dans le passé, comment s'étaient-ils passés? Avez-vous rencontré des difficultés particulières ?
En général, nos déplacements se sont bien passés, sauf le dernier entre Sofia et Istanbul, où il y a eu un gros problème : notre vieux piano est tombé de la remorque où il était censé être transporté. La société de déménagement a essayé de nous le cacher (elle avait tenté de camoufler l'accident) mais je m'en suis vite rendu compte. Notre assurance nous a permis d'être dédommagé à hauteur de 300 euros, mais cela n'était pas suffisant pour acheter un autre piano.

Nous commençons juste à nous renseigner sur les sociétés de déménagement, nous avons trois mois devant nous et nous sommes assez confiants. La seule chose qui me préoccupe, c'est la gestion des formalités douanières, nous n'avons pas beaucoup d'informations et nous sommes pieds et poings liés envers le prestataire, et ce n'est pas très évident. Nous savons comment les choses se passent en Turquie au bout de six ans, pour régler les formalités administratives, il faut passer par un traducteur assermenté, aller voir un notaire. Nous ramenons beaucoup d'affaires personnelles (livres, vêtements, tapis, bibelots), notre piano, mais peu de meubles, et pas d'électroménager. Nous estimons à plus ou moins 30 m3 de meubles à déménager.
Partez vous heureuse de quitter Istanbul ou avec beaucoup de regret ?
Frédéric (avec sa femme, photo ci-contre MD) : Je suis content de rentrer en France me ressourcer, j'ai passé 12 ans à l'étranger. C'était mon rêve à 20 ans de voyager, je l'ai vécu ! Maintenant il faut que je me trouve d'autres rêves?Pour moi, rentrer en France, c'est une nouvelle aventure.
Hélène : Je suis profondément triste de quitter la Turquie, je n'en ai aucune envie. C'est vraiment un arrachement ! J'adore Istanbul ! Déjà à Sofia, nous étions venus 5 fois en vacances dans cette ville. J'ai des conditions de vie et de travail exceptionnelles, je travaille à 5 minutes de chez moi, c'est un luxe que je n'aurais plus en France. Repartir en France, la nouvelle aventure dont parle mon mari, je ne la vois pas trop?
Propos recueillis par Meriem Draman (www.lepetitjournal.com/istanbul) lundi 2 avril 2012
Rediffusé le mardi 1er mai 2012









































