

L’état-major de l’armée turque a vivement démenti jeudi les rumeurs insistantes qui lui prêtaient, ces derniers jours, des tentations de coup d’État.

Par cette déclaration plutôt inhabituelle, l’état-major dément donc catégoriquement les accusations selon lesquelles des militaires proches de l’imam Fethullah Gülen – qui n’est pas nommé dans le communiqué – seraient tentés de renverser l’actuel gouvernement et le président Recep Tayyip Erdoğan.
L’armée précise qu’elle a entamé des procédures judiciaires contre les auteurs d’articles de presse et de commentaires colportant ces allégations. Elle affirme sa “fidélité à la démocratie” et dénonce des accusations “sans fondement” qui “affectent négativement le moral des soldats”.
A travers son histoire, l'armée turque s'est souvent arrogé le droit de renverser des gouvernements perçus comme une menace pour l'héritage de Mustafa Kemal Atatürk, le fondateur de la République laïque. Elle est ainsi responsable de trois coups d’État – en 1960, 1971 et 1980 – et a chassé du pouvoir un gouvernement pro-islamiste en 1997, dirigé par Necmettin Erbakan, le mentor politique de Recep Tayyip Erdoğan.
Depuis qu’une enquête anti-corruption a visé son pouvoir à l’hiver 2013, l’ancien Premier ministre et actuel président accuse l’imam Fethullah Gülen, exilé aux Etats-Unis, d’avoir mis sur pied une “structure parallèle” pour provoquer sa chute. Depuis plus de deux ans, d’innombrables policiers, juges, procureurs et militaires ont été mutés, mis à pied voire poursuivis pour appartenance présumée à ce que des enquêtes judiciaires qualifient “d’organisation terroriste”.
Istanbul (www.lepetitjournal.com/istanbul) vendredi 1er avril 2016































