Édition internationale

CELA N’ARRIVE PAS QU’AUX AUTRES – Quatre victimes d’un cambriolage à Istanbul témoignent

Écrit par Lepetitjournal Istanbul
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 18 mars 2014

Istanbul est une mégapole de 15 millions d'habitants et comme dans toutes les grandes villes, les cambriolages sont une réalité. Lepetitjournal.com a demandé à quatre victimes de ces vols de partager leur expérience. Ces témoignages constituent la première partie d'une série de deux articles consacrée aux cambriolages à Istanbul. Dans le second, nous vous proposerons des informations utiles au cas où une telle mésaventure devait vous arriver.

Demet, journaliste à Istanbul, habite à Balmumcu, Be?ikta?. Elle a été cambriolée il y a deux ans.

Marie, étudiante Erasmus, habite à Beyo?lu, près de Tarlaba??. Elle a été cambriolée le jour du nouvel an, cette année.

Clara, étudiante Erasmus, habite à Harbiye. Elle a été cambriolée en octobre.

Jeanne (prénom d'emprunt) habitait près de Taksim. Elle a été cambriolée cette année.

Johnny Grim/Flickr/CC

Lepetitjournal.com : Dans quelles circonstances avez-vous découvert le cambriolage ?

Demet : Je me suis aperçue du cambriolage en arrivant chez moi, les verrous étaient forcés et lorsque je suis entrée dans l'appartement, j'ai vu un grand tas de tout et n'importe quoi. Tout était par terre, tous mes vêtements, manteaux, écharpes, chaussures, verres? Tout. Les cambrioleurs ont pris à peu près tous les objets de valeur, mes bijoux et tout mon matériel électronique. Au total, cela représentait environ 40.000 TL (à peu près 13.000euros au cours actuel). Ils ont même pris les boissons de valeur! Ils ont pris le Johnnie Walker Blue Label mais pas le Johnnie Walker Black Label qui est cinq fois moins cher !

Marie : C'était le soir du 31 décembre. Nous avons dîné à la maison avec des amis et nous sommes sortis. Mais j'avais oublié mon téléphone donc je suis retournée à l'appartement quelques heures plus tard. Je vois alors cinq ou six policiers dans mon hall d'entrée. Ils me demandent s'il s'agit de mon appartement. Je réponds que oui, c'est bien mon appartement. Ils ont mon ordinateur portable sous le bras et me font comprendre que j'ai été cambriolée. Les voisins avaient surpris les voleurs et ont appelé la police.

Clara : Je revenais de l'université et en essayant d'ouvrir la porte, j'ai senti quelque chose de bizarre. Je l'ai poussée un peu et j'ai remarqué qu'elle avait été forcée. La serrure était totalement brisée. Les voleurs ont pris l'argent qu'ils ont trouvé, trois ordinateurs portables, les appareils photos et les bijoux.

Jeanne : Nous étions à la maison quand ils sont arrivés. J'avais une amie française avez moi à ce moment-là. Nous nous sommes couchées tard le soir et n'avons pas verrouillé la porte d'entrée. J'ai été réveillée vers 7h30 par le cambrioleur qui était dans la maison. Il y était entré deux fois. Le voleur a pris de l'argent, un téléphone portable et des bijoux.

Qu'avez-vous fait après avoir découvert le cambriolage ?

Demet : J'ai appelé la police immédiatement et un ami qui est à l'école de police pour m'aider. Il a demandé aux policiers de m'assister au mieux. Je me suis retrouvée avec des dizaines de policiers de différents services dans mon appartement. Ils n'avaient pas l'air de bien s'entendre entre eux. La police a appelé un serrurier pour changer les verrous. Après, le groupe qui collectait les preuves a demandé les anciens verrous, jetés entre-temps, et le serrurier m'a demandé une somme importante. La police a pris environ 70 pièces à conviction dans mon appartement pour avoir des indices à propos des voleurs. J'ai fait une déposition au commissariat mais la police n'a rien trouvé et ne m'a même pas informée de ses résultats. Donc je suggère plutôt à toutes les victimes de cambriolage d'appeler une femme de ménage pour nettoyer l'appartement ! La police ne fait rien de plus que de rendre votre maison plus sale et plus désordonnée.

Marie : Rien n'avait été volé mais j'ai du suivre les policiers au commissariat pour ma déposition. Ils n'ont pas accepté que mon amie m'accompagne. Au total, je suis resté 4h au poste. Une fois la déposition faite, ils m'ont raccompagnée chez moi et m'ont rendu mon ordinateur. Les policiers ont été très gentils avec moi. Ils me montraient les photos de leurs villes natales, famille ou de vacances. Mais ils m'ont favorisé par rapport aux autres personnes présentes au commissariat, et qui avaient sûrement plus besoin d'eux que moi, car je suis une étudiante étrangère.

Clara : J'ai appelé mes deux colocataires turques et nous sommes allées à la police. Ils sont venus dans notre appartement pour prendre les empreintes digitales. Mes deux colocataires se sont occupées de tout (comme elles sont turques) et ont parlé avec la police. La police a regardé les enregistrements des caméras dans ma rue et nous avons dû faire une déposition au commissariat. Mais je ne sais pas s'ils ont attrapé qui que ce soit.

Jeanne : Je suis allée voir ma voisine pour contacter la police car je ne connaissais pas le numéro. Celle-ci est arrivée et a vérifié les caméras de surveillance de l'hôtel à côté de chez moi. Nous y avons vu le voleur entrer deux fois dans l'immeuble. Mon amie et moi avons été au commissariat de Taksim pour faire la déposition mais nous ne nous comprenions rien. Nous avons donc cherché un interprète. Au commissariat de Taksim, la police était nulle, ils ne nous croyaient pas ou s'en fichaient totalement. Nous sommes alors allées au Consulat de France mais ils ne nous ont pas aidé non plus à trouver un interprète. Finalement, nous avons trouvé une interprète via des connaissances. Nous sommes restées des heures au commissariat pour la déposition sans avoir aucun résultat au final. De 7h30 à 16h, nous avons fait des allers-retours entre le commissariat, chez nous et le Consulat.

Avez-vous effectué des changements dans votre appartement après le cambriolage ?

Demet : J'ai ensuite installé une alarme dans mon appartement.

Marie : Oui, ma colocataire et moi avons changé la porte d'entrée et le type de serrure de la grille en métal car ils ont réessayé de forcer la porte trois semaines après le nouvel an. A partir de ce moment-là, nous avons contacté les propriétaires pour prendre des mesures par rapport à la porte d'entrée.

Clara : Nous avons réparé la porte et remplacé le verrou par un autre avec un double verrouillage.

Jeanne : Après ça, j'ai cherché un autre appartement pendant un mois et demi car l'événement m'a traumatisée. J'habite aujourd'hui dans un autre quartier.

Propos recueillis par Nathanaël Scalbert (www.lepetitjournal.com/istanbul) mercredi 19 mars 2014

lepetitjournal.com istanbul
Publié le 18 mars 2014, mis à jour le 18 mars 2014
Commentaires

Votre email ne sera jamais publié sur le site.

Flash infos