

Les 26 mai et 9 juin prochains, les électeurs de la 8ème circonscription des Français de l'étranger (dont Turquie) seront appelés à choisir leur député à l’Assemblée nationale. Lepetitjournal.com d’Istanbul vous propose de faire connaissance chaque jour avec un candidat. Ce jeudi, Jonathan-Simon Sellem, candidat du Parti Libéral Démocrate (UDI).

Jonathan-Simon Sellem (photo personnelle) : Français, j'ai grandi et évolué dans la culture méditerranéenne. Je tire ma légitimité de la connaissance et de l'intérêt que je porte aux gens de cette région. Ils partagent tous des valeurs et des coutumes communes, qui sont aussi les miennes.
À ce jour, quel jugement général portez-vous sur le travail de l’actuelle législature ? Qu’en retenez-vous ?
Je suis très critique vis-à-vis du gouvernement Ayrault qui a mis un point d'honneur à choisir systématiquement la mauvaise voie dans quasiment tout ses choix, qu'ils soient économiques ou sociétaux.
Si vous êtes élu, quels sont les dossiers que vous comptez porter ou faire avancer en priorité ?
Comme je le disais, je suis pétri de culture méditerranéenne. Celle-ci implique des valeurs au premier rang desquelles on trouve le respect des anciens, ce qui me sensibilise particulièrement au problème des retraites et plus spécifiquement à la défense des droits des retraités expatriés ou binationaux. A l'opposé, le problème des jeunes, et plus spécifiquement des étudiants, est primordial. Je prendrai des initiatives sur l'épineux problème des équivalences de diplômes et de la valorisation des diplômes français dans les pays de la circonscription. Je serai attaché par exemple à faire établir un service civique obligatoire de 12 mois dont une partie pourrait se passer à l'étranger, ce qui viendrait renforcer les communautés françaises existantes. Sur le plan économique et financier, il est temps de sortir du laxisme qui régit le contrôle de l'aide financière internationale afin que nos compatriotes sachent ce qui est fait de leurs impôts. Fiscalement parlant, et puisque je suis un homme de médias, je me pose aussi souvent la question de la pertinence de la redevance audiovisuelle, surtout au regard de la qualité des émissions proposées par le service public.
Lors des dernières législatives, on a reproché aux candidats de la 8ème circonscription de donner plus d'importance aux Français d’Israël qu’à ceux des autres pays. Que souhaitez-vous dire aux Français de Turquie qui les concerne en particulier?
Israël et la Turquie partagent bien des caractéristiques communes, et les problèmes que les Français rencontrent en Israël en tant qu'expatriés sont souvent les mêmes que ceux que les expatriés en Turquie rencontrent dans leur vie quotidienne !
Je suis moi-même un expatrié, je connais donc ces problèmes sur le bout des doigts, en tant qu'expatrié, mais aussi en tant que père de famille et chef d'entreprise. Je me positionne au centre-droit, libre de toute investiture officielle, je n'ai à assumer ni les mensonges de Cahuzac, ni les bassesses de l'UMP. Mon parti est celui de mes électeurs.
Selon vous, quels doivent être les champs prioritaires des relations entre la France et la Turquie, passablement malmenées ces dernières années?
Les expatriés de Turquie et d'Israël ont une position semblable vis-à-vis de la France. Il est vrai que la question de l'entrée de la Turquie dans l'UE a fait débat, tout comme les relations privilégiées d'Israël avec cette dernière, et cela a certainement fragilisé la position de nos expatriés dans le pays. Les choses étant maintenant claires sur ce point, il faut se concentrer sur les problèmes concrets de la communauté française, les retraites comme je l'ai dit, mais aussi la double imposition et plus important encore, les modalités de retour en France. La Turquie est un grand pays qui a su accueillir nos ressortissants. Je me battrai pour que ceux-ci soient reconnus comme des Français à part entière qui ont des droits à faire valoir.
L'abstention aux dernières législatives a été particulièrement élevée, notamment dans les circonscriptions des Français de l’étranger. A votre avis, pourquoi ?
L'abstention est souvent endémique dans les circonscriptions lointaines, à cela est venue s'ajouter une double campagne présidentielle/législative parfois ressentie comme ennuyeuse et jouée d'avance. Je crains malheureusement que mes compatriotes ne se mobilisent pas davantage pour ce scrutin et il est de notre responsabilité, candidats, médias et pouvoirs publics, de sensibiliser les gens à cette échéance majeure dans la vie politique qu'est l’élection d'un député.
Ces élections ont lieu parce que le Conseil constitutionnel a invalidé l’élection de Daphna Poznanski en raison d’anomalies dans ses comptes de campagne. Que pensez-vous des règles sur le financement des campagnes législatives – en particulier de leur application aux candidats des Français de l’étranger ?
Le code électoral est le garant de la démocratie et protège les citoyens. Plusieurs candidats ont vu leurs comptes de campagne invalidés, ce qui est une infraction à ce code. Est-ce à dire qu'ils ont été malhonnêtes ? Je ne le crois pas, mais habitués des mécaniques politiques, ces candidats ont fait une campagne "française" au lieu de faire une campagne "pour les Français de l'étranger". De par mon profil, cette approche, je ne l'ai pas, et je ne perds jamais de vue ma mission qui sera de représenter des gens et non des appareils politiques. Je peux compter sur ce plan sur une équipe rodée aux campagnes, composée de techniciens intègres, expert comptable, juristes, qui veillent à la conformité de ma campagne aux règles du code électoral.
Suite à la polémique provoquée par “l’affaire Cahuzac”, seriez-vous prêt à déclarer votre patrimoine si vous êtes élu?
La démarche de transparence est utile, je regrette seulement qu'on l'impose par opportunisme et après un scandale. Pour ma part, issu d'une génération où avec Internet tout se sait, je ne suis absolument pas choqué par le besoin légitime de transparence que réclament les citoyens. Mon patrimoine se résume donc à une voiture d'occasion achetée il y a trois ans, d'une valeur de 7.000 euros. J'ai investi toutes mes économies dans ma société de média et ne dispose d'aucun portefeuille boursier. Mon infinie richesse est constituée de ma femme, de ma fille, et de mon bébé dont on attend l'arrivée d'une heure à l'autre. Elle est aussi constituée de l'affection des gens qui m'accompagnent dans cette aventure électorale et de la confiance que me témoignent les électeurs.
Propos recueillis par Anne Andlauer (http://lepetitjournal.com/istanbul.html) jeudi 16 mai 2013
|
En savoir plus sur ce candidat:
Indépendant |
|
Comment voter ? ![]() Le vote par voie électronique sera ouvert du mercredi 15 mai 2013 à 12 heures au mardi 21 mai à 12 heures (heures de Paris), pour le premier tour, et du mercredi 29 mai à 12 heures au mardi 4 juin à 12 heures (heures de Paris), pour le second tour. Chaque électeur sera informé individuellement, par courrier, des modalités de scrutin et pourra obtenir des informations sur le site du ministère des Affaires étrangères (votezaletranger.gouv.fr) et sur ceux des postes diplomatiques et consulaires concernés. Les Français inscrits sur les listes électorales consulaires pourront exprimer leur suffrage au moyen des mêmes modalités de vote qu’en 2012 : à l’urne, par procuration, par correspondance ou par Internet. |
Nos interviews des autres candidats à ce jour:
Athanase Contargyris, indépendant : “Le “tout austérité” doit être abandonné en Europe”
Nathalie Mimoun, indépendante : “La fiscalité des Français de l’étranger est menacée”
Cyril Benjamin Castro, indépendant : “Notre circonscription est en crise(s)”




























