Édition internationale

BANDE DE GAZA - “Israël surpasse Hitler dans la barbarie” selon Erdoğan

Écrit par Lepetitjournal Istanbul
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 8 février 2018

Le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdoğan, a déclaré samedi 19 juillet lors d'un discours devant ses sympathisants à Ordu, sur les bords de la mer Noire, que les Israéliens “n'ont pas de conscience, pas d'honneur, pas de fierté. Et ceux qui condamnent Hitler jour et nuit surpassent Hitler en barbarie”.

Le Premier ministre, et candidat à l'élection présidentielle du 10 août prochain, a également reproché aux Etats-Unis de soutenir les opérations “disproportionnées” menées par l'Etat hébreu, ainsi que le silence des Etats musulmans de la région: “L'Occident, l'Amérique et la plupart des Etats musulmans restent silencieux, Ekmeleddin İhsanoğlu tarde aussi à réagir" a t-il ajouté, en référence au candidat commun à l'élection présidentielle des deux principaux partis d'opposition : le Parti républicain du peuple (CHP), et du Parti d’action nationaliste (MHP).


Le Premier ministre turc avec le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, la semaine dernière (photo officielle)

Un enjeu de campagne en Turquie

À l'approche des élections présidentielles, la question palestinienne est devenue un enjeu de campagne en Turquie. Ekmeleddin İhsanoğlu s'est pour le moment contenté de retweeter un message posté par le ministre des Finances, Mehmet Şimşek : “Si les oppresseurs ont les moyens de l'oppression, les oppressés ont Dieu avec eux.”

À la tête du CHP, Kemal Kılıçdaroğlu a quant à lui attaqué le gouvernement lors d'une visite à Izmir: “Si vous voulez réellement régler le problème palestinien, vous feriez mieux de fermer la base militaire de l'OTAN à Kürecik, Malatya” a t-il rétorqué, dénonçant la politique du gouvernement AKP, et notamment les radars installés dans le sud de la Turquie.

Le candidat du Parti démocratique des peuples (HDP), Selahattin Demirtaş, a lui aussi réagi lors d'une visite à Paris ce week-end en déclarant: “Nous sommes du côté des Palestiniens”. Selahattin Demirtaş a aussi fustigé la “double politique” du gouvernement Erdoğan qui, d'une part, condamne les opérations israéliennes, et d'autre part “permet à Israël de passer des contrats militaires, comme la base de radars et d'autres bases militaires en Turquie”.

Le ministère turc des Affaires étrangères a répondu dimanche soir dans un communiqué aux accusations concernant la base radar de l'OTAN située à Kürecik: "Le système de défense aérien de l'OTAN, auquel appartient le radar de Kürecik, a été installé dans le cadre de notre sécurité nationale pour protéger les droits, les territoires et les forces des pays alliés. (...) Il est impossible pour ce système de protéger un pays non membre de l'OTAN. Israël, comme chacun sait, n'est pas membre de l'OTAN", précisait entre autres le communiqué.

Dégradation des relations diplomatiques entre les deux pays

La réponse israélienne aux critiques turques ne s'est pas fait attendre: le Premier ministre Benjamin Netanyahu a qualifié les propos du Premier ministre Erdoğan “d'antisémites”, dans le quotidien israélien Hareetz daté du dimanche 20 juillet. Dans une conversation téléphonique avec le secrétaire d'Etat américain John Kerry, Benjamin Netanyahu a déclaré que les propos du Premier ministre turc concouraient à “profaner la mémoire de l'holocauste”.

L'Etat israélien a conseillé à ses ressortissants de ne pas se rendre en Turquie à cause de “l'état d'esprit” qui régnait dans le pays. Dans la nuit de jeudi à vendredi, les représentations diplomatiques israéliennes d'Istanbul et d'Ankara ont été attaquées par des manifestants. Le ministre israélien des Affaires étrangères a estimé que la police turque avait failli dans sa mission de protection des envoyés diplomatiques et de leurs familles. Une partie d'entre eux ont été rappelés en Israël.

Les relations entre les deux Etats ne cessent de se dégrader depuis plusieurs années, en particulier depuis l'épisode de la flottille de gaza, le 31 mai 2010, qui avait coûté la vie à neuf ressortissants turcs partis apporter de l'aide humanitaire dans la bande de Gaza. Ces derniers jours, Recep Tayyip Erdoğan a déclaré à plusieurs reprises que les relations ne s'amélioreraient pas tant qu'il serait au pouvoir en Turquie.

Sidonie Hadoux (www.lepetitjournal.com/istanbul) lundi 21 juillet 2014

lepetitjournal.com istanbul
Publié le 20 juillet 2014, mis à jour le 8 février 2018
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