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ADIEU ISTANBUL ! - "Qu’est-ce que vous regretterez le plus quand vous serez partis ?"

Écrit par Lepetitjournal Istanbul
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 20 novembre 2012

 

Le mois de juillet est souvent le mois des départs en vacances, mais aussi des départs définitifs vers d'autres contrées. Lepetitjournal.com d'Istanbul a voulu savoir ce que les Français "en partance" allaient regretter le plus une fois installés dans leur nouveau pays d'accueil ou bien tout simplement de retour en France. Six personnes, quatre femmes et deux hommes ont bien voulu partager leurs états d'âme, à l'heure de quitter définitivement Istanbul, et leurs réponses d'une grande sensibilité pour la plupart invitent ceux qui restent à retourner découvrir certaines sensations stambouliotes parfois oubliées

La tour Kiz Kulesi à Istanbul (Berkan Süren)

Qu'est ce qui va le plus vous manquer quand vous aurez quitté Istanbul ?

Monique Vallat quitte définitivement Istanbul cet été :

- Les promenades au bord du Bosphore et bien sûr le Bosphore lui même !!!!
- Le grand bazar et certains de ses commerçants très gentils et serviables
- Les amis rencontrés à Istanbul
- La gentillesse des Turcs !!!
- Le couturier et le cordonnier de mon quartier et en général tous les services qui facilitent la vie et qu'on ne trouve plus ou peu ou chers en France (lavage de voiture, livraison à domicile de repas, etc.)
- La surface de mon appartement ainsi que sa vue : toujours le Bosphore :-)
- et certaines spécialités culinaires : pide, döner, simit, excellents poissons grillés dans les restaurants et bien sûr le thé.

 

 

Anthony Ferrard, a quitté Istanbul il y a quelques jours, mais y reviendra très souvent? (photo personnelle)
- Observer depuis la Tour de Galata la ligne d'horizon transpercée par les fins minarets bleus et roses de Sultanahmet.
- Déguster une daurade au marché de poissons de Karaköy et boire un verre dans un gobelet enrobé de papier journal.
- Se rafraîchir dans la citerne de Yerebatan et s'amuser à regarder les carpes filer sous les pontons.
- Piquer une tête dans la piscine de l'île de Galatasaray et croiser les doigts pour que le tanker qui vient dans votre direction bénéficie des conseils avisés d'un remorqueur qui saura le guider jusqu'à la Mer noire.
- Boire un café turc chez son barbier, puis enchainer sur une partie de tavla que suivront les artisans du quartier, prolixes en conseils : "Tttttt.... Un Turc n'aurait pas joué ça ..."
- Entendre le vendeur de billets de loterie, coiffé de sa belle casquette blanche barrée d'un Milli Piyango" kip kirmizi",  vous souhaiter "Bonne chance" en français rue Nevizade, alors que vous entamez la même rengaine : "Dis, pour une fois, tu pourrais pas m'en donner un de gagnant ?". Et la réponse pleine d'optimisme du vendeur imperturbable :"Abi, c'est pour ce soir le gros lot".
- Connaître la météo du lendemain avant tout le monde en contemplant la Tour de Beyazit qui se pare de bleu, rouge, vert ou jaune à la tombée de la nuit.
- Taper la balle sur un terrain synthétique, clôturé par un grillage et bordant une autoroute.
- Remonter Istiklal un samedi soir à minuit et se dire qu'une nouvelle fois, tout Istanbul s'est donné rendez-vous à Taksim, mais pour fêter quoi ?
- Découvrir un lieu improbable au fin fond d'une ruelle guère engageante.

10 bonnes raisons de regretter déjà Istanbul et ses habitants ...

Virginie Lebeque quitte Istanbul fin juillet (photo personnelle)

- La magie du Bosphore, de jour comme de nuit
- l'atmosphère d'Istanbul
- les odeurs du marché aux épices
- les Turcs  : gentils, chaleureux, généreux, conviviaux ... sauf au volant peut être ; et leur sens de la solidarité (tout le monde accourt pour aider une personne qui se sent mal dans la rue par exemple).
- le goût du simit,
- mes amis, dont mes super voisines :)
-  le chant du muezzin,
- longer le Bosphore en voiture et apercevoir (parfois !) des dauphins
- le fait de se voir propose du "çay" à chaque fois qu'on achète quelque chose
- la beauté des sites historiques
- la culture du service (ne pas avoir à garer sa voiture mais simplement à donner les clés, ...)

 

Henri Hadjari-Chaila, comptable au Consulat de France, quitte Istanbul fin juillet pour rentrer en région parisienne (photo MD)

- La gentillesse et la bienveillance des Turcs
- Leur esprit de convivialité perdu malheureusement en France
- La beauté architecturale de la ville, il y a toujours un endroit à découvrir, une ruelle non explorée, un paysage inattendu
- Et la richesse de la vie culturelle stambouliote



Stephanie Lefebvre a quitté Istanbul le 30 juin pour retourner en France après 2 expatriations à Moscou et à Istanbul : (en famille, photo personnelle)
En arrivant à Istanbul, nous avons très vite pris nos marques. Nous avons trouvé la vie facile. Nous pensions trouver un climat agréable, mais même s'il ne fait pas froid comme en Russie, la pluie de novembre à mars, est le côté négatif d'Istanbul. Le côté positif, qui lui va nous manquer est la notion de service. Le fait de pouvoir appeler un plombier qui arrive le jour même et rapidement, se faire livrer Mac Do à domicile, refaire tailler des vêtements pour moins cher qu'en France... Toute cette notion de service que nous avons perdue en France.
Mais lorsqu'on vit dans un pays en tant qu'expatrié pour une société qui nous prend en charge, la vie est facile mais il est certain qu'une fois rentrés en France, beaucoup de choses vont nous manquer, le quotidien n'apparait pas de la même manière. L'exotisme de la ville, son joyeux désordre, l'appel à la prière, vont nous manquer, dans quelques mois...

Edwige Perriot quitte Istanbul où elle a passé presque 5 ans pour Casablanca (photo personnelle)
Les belles ballades (avec porte-bébé, poussette ou trottinette selon l'âge de mes enfants...) le long du Bosphore, avec ses bateaux de pêche et ses couleurs changeantes. Le resto de poisson grillé les pieds dans le sable au bord de l'eau, le café ultra simple et rustique en bord de mer où manger de délicieux gözleme avec un thé, les petites roulottes de maïs ou de simit qui font toujours saliver mes enfants, la gentillesse et la flexibilité des gens pour faire plaisir, les bons moments avec les amis, les taxis jaunes qui me semblent aujourd'hui "luxueux" (oui oui!!!), comparés aux petits taxis rouges de mon futur pays, la possibilité d'être totalement dépaysée en allant à Eminonü ou en Cappadoce, les vues magnifiques de la ville, la langue turque, bien que déroutante au début - fait aujourd'hui partie de notre quotidien jusqu'à remplacer certains mots dans une conversation en français -, et... le " Petit Journal.com " dont la parution a malheureusement cessé là où je vais !

Propos recueillis par Meriem Draman (www.lepetitjournal.com/istanbul) mercredi 11 juillet 2012

lepetitjournal.com istanbul
Publié le 11 juillet 2012, mis à jour le 20 novembre 2012
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