

Comme chaque année, la Turquie célèbre la fête du travail en ce 1er mai. Mais cette année, comme l'année dernière, la journée s'annonce particulièrement tendue à Istanbul. La préfecture a maintenu l’interdiction de manifester sur la place Taksim et les syndicats ont maintenu leur intention de s’y rassembler… Tour d’horizon du dispositif prévu.

Un petit groupe sera autorisé à déposer des fleurs à 13 heures à Taksim, en mémoire des 36 morts du 1er mai 1977.
La place Taksim demeure interdite
Les trains du tunnel Marmaray entre Yenikapı et Üsküdar devraient fonctionner. Il en va de même pour le métrobus côté européen entre Beylikdüzü et Topkapı, et pour la ligne de métro entre les quartiers asiatiques de Kadıköy et Kartal.Les autobus de mer (deniz otobüsü) fonctionneront normalement.
Toutefois, les métrobus ne transporteront pas de passagers dans le sens Asie-Europe. Le funiculaire entre Kabataş et Taksim sera fermé. A partir de 6h du matin, la ligne de métro Yenikapı-Taksim-Hacıosman ne marquera pas l’arrêt aux stations Yenikapı-Şişhane-Taksim. Il ne fonctionnera pas non plus entre Taksim et Levent. Le tramway Bağcılar-Kabataş fonctionnera jusqu’à l’arrêt Topkapı mais ne transportera pas de passagers au-delà de cet arrêt.
La place Taksim, fermée l'an passé en raison de travaux, est fermée à nouveau cette année. Le bureau du préfet a indiqué l'existence de rapports confidentiels mettant en garde contre la menace "d'organisations terroristes illégales" qui pourraient user de violence contre les forces de polices. "Les forces de sécurité ont saisi deux Kalachnikovs au cours d'opérations récentes", a ajouté le préfet.
Face à cette interdiction, les syndicats turcs brandissent une décision de novembre 2012 de la Cour européenne des Droits de l'Homme (CEDH), selon laquelle l’interdiction de rassemblement à Taksim relèverait d’une violation de l'article 11 sur la liberté de rassemblement. Les responsables de DISK, de la Confédération des syndicats du secteur public, la Chambre turque des architectes et des ingénieurs et l'Association des médecins turcs ont donc réaffirmé qu'ils seraient "sur la place Taksim pour célébrer la fête du travail le 1er mai".
La cour constitutionnelle turque a par ailleurs rejeté le 30 avril, la demande de l'avocat de l'Association du barreau d'Ankara, Sedat Vural, qui estimait l'interdiction du gouvernement inconstitutionnelle, rapporte le quotidien Zaman France. Le quartier de Kadıköy est également interdit aux manifestations.
La police largement mobilisée
Le préfet d'Istanbul a déclaré hier matin que les transports publics allaient être réduits. La mesure concerne principalement les zones de ralliement des syndicats et des autres associations qui souhaitent se rendre place Taksim en dépit de l'interdiction. Les embarcadères d'Eminönü, Karaköy, Sirkeci et Beşiktaş seront donc fermés.
Pour l'occasion, la municipalité d'Istanbul a prévu un large dispositif de sécurité. Près de 40.000 policiers seront déployés. Ils devraient être environ 5.000 à Kadıköy. Pas moins de 50 véhicules anti-émeutes équipés de canons à eau (TOMA) et des blindés seront présents sur les routes menant à Taksim. Enfin, des barrières sont d'ores et déjà installées autour de la place Taksim.
Les restrictions ne concernent pas seulement Istanbul. À Ankara, les rassemblements seront interdits dans les rues principales, la place Kızılay incluse, rapporte le quotidien indépendant en ligne Bianet. En revanche, les places Sıhhiye et Tandoğan seront autorisées aux manifestations, a affirmé le bureau du préfet d'Ankara.
Julia Baron (http://www.lepetitjournal.com/istanbul) jeudi 1er mai 2014





























