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TAVLA OU BACKGAMMON – Le jeu s'organise en Turquie

Par Lepetitjournal Istanbul | Publié le 25/07/2013 à 22:04 | Mis à jour le 16/08/2013 à 11:51

Le tavla ? ou backgammon ? est de loin le jeu le plus populaire en Turquie. Pourtant, il n'existe pas encore de fédération turque de tavla et il a fallu attendre l'année 2008 pour assister à la naissance du premier club. Une situation surprenante qui semble être sur le point d'évoluer.

En Turquie, impossible d'y couper. Sur les terrasses des restaurants, dans les magasins de souvenirs ou dans les cafés de quartier, le tavla ? plus communément appelé backgammon en France ? est partout. Pourtant, aussi surprenant que cela puisse paraître, il n'en existait pas un seul club dans le pays avant 2008. Cette année-là, un groupe de mordus de ce jeu vieux de 5.000 ans décide de monter l'Istavder (L'Association sportive des joueurs de tavla d'Istanbul), le premier club de backgammon de Turquie. Depuis, sept autres clubs ont ouvert leurs portes et une fédération devrait être créée prochainement. "Tout est prêt. On attend juste le feu vert des autorités mais la Direction générale de la Jeunesse et des Sports y est opposée pour le moment. On pense malgré tout que ça devrait se faire dans les cinq ans", confie Ali Çetin Belene, l'un des meilleurs joueurs de Turquie, et organisateurs de tournois.

Pour ce trentenaire à la mémoire des chiffres époustouflante (il a pu nous donner le nombre de joueurs exact de toutes les compétitions auxquelles il a participé), le tavla doit sa popularité à sa simplicité."Pour jouer, il suffit d'un plateau, de deux joueurs et ça va très vite. En plus, ça reste un jeu de hasard donc tout le monde peut gagner". Un peu comme le poker finalement. Mais comme au poker, ce sont toujours les mêmes qui gagnent au bout du compte.

Les meilleurs joueurs s'entraînent entre cinq et six heures par jour

Car ce jeu si simple en apparence cache de nombreuses subtilités qu'il faut apprendre et répéter, inlassablement, si l'on veut jouer à haut niveau. "C'est comme une langue. Si on ne l'entretient pas, on finit par oublier les détails qui font la différence", témoigne Ali Çetin Belene. Aussi les meilleurs joueurs n'hésitent-ils pas à s'entraîner entre cinq et six heures par jour. Parmi ces stakhanovistes du jeu figure Fuat Erda?, le président de l'Istavder. Sur les murs du club, on retrouve de nombreuses photos du joueur en pleine action lors du tournoi de Chypre, en mai 2010, qu'il avait remporté après avoir retourné une situation plus que compromise dans la finale qui l'opposait à l'Allemand Jürgen Orlowski. Une victoire qui lui avait rapporté 1.000 euros. Une coquette somme, certes, mais qui reste très éloignée des 160.000 euros de dotation des prestigieux tournois de Cannes ou de Monaco.

Il n'existe pas de joueurs professionnels de backgammon en Turquie. "Nous n'avons pas le droit de récompenser le vainqueur du tournoi avec de l'argent. A la place, on offre des Ipod, des Ipad, ou des séjours à l'étranger", explique Ali Çetin Belene. Par ailleurs, en dépit de l'énorme popularité dont jouit le tavla au sein de la population turque, ils sont rarement plus d'une centaine à prendre part aux cinq ou six tournois qui sont organisés chaque année à travers le pays. Pour Ali Çetin Belene, l'explication est simple."Les gens sont intéressés mais beaucoup ne veulent pas nous rejoindre parce nous jouons à une version du backgammon légèrement différente de celle qui est pratiquée en Turquie." Une version où on utilise un "dé doubleur", et qui laisse moins de chance au hasard.

Jonathan Grimmer (http://www.lepetitjournal.com/Istanbul) vendredi 26 juillet 2013

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